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Elles aussi au colloque de 2 GAP à l’Hôtel de Lassay à Paris 7 ème

« Femmes en politique : l’irrésistible ascension ? »

 

À la veille des élections municipales, responsables publiques, professionnelles des médias, chercheuses, étudiantes et membres de réseaux engagés se sont réunis autour d’un enjeu central : la place des femmes en politique. Le 16 février 2026 Le colloque « Femmes en politique : l’irrésistible ascension ? » a permis de présenter un état des lieux de la représentation des femmes en politique et la nécessité d’agir ensemble avec force et conviction pour une égalité de représentation dans nos institutions, le rôle des médias étant fondamental pour donner aux femmes politiques plus de « visibilité, de reconnaissance et de légitimité ».

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale a ouvert ce colloque en insistant sur la volonté des hommes et des femmes politiques au-delà des élections de nommer des femmes à des postes de décision dans le cadre de leurs responsabilités.

La première table ronde : « Le vécu des femmes en politique et dans les médias » a révélé les freins à l’accès au pouvoir, le sexisme, l’organisation des partis, les contraintes et traitements médiatiques avec Agnès Pannier-Runacher (ancienne ministre, députée du Pas de Calais), Dominique Vérien (sénatrice de l’Yonne, présidente de la Délégation aux droits des femmes du Sénat), Claire Cabanel, (maire de Chemilly- Allier, Vice-présidente de Moulins Communauté), et Marie José Vaillant (maire de Chablis- Yonne).

La deuxième table ronde : «  Changer les règles du jeu » a mis en évidence les logiques de partis et l’accès au pouvoir réel, les conditions d’exercice du mandat et le statut de l’élu, et le rôle des médias dans la légitimité politique avec Laurence Rossignol, ancienne ministre, sénatrice du Val de Marne et Vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes du Sénat, Didier Le Gac, député du Finistère, rapporteur de la loi sur le statut de l’élu local, Martin Ajdari, président de l’ARCOM et Reine Lépinay, co-présidente du réseau Elles aussi.

Nathalie Pilhes, présidente de 2 GAP a rappelé que la parité est indissociable de la démocratie et a appelé le 21 avril 1944 comme une date fondatrice de notre démocratie, le fait que « les quotas lèvent les angles morts des politiques publiques », la nécessité d’observer, nommer et chiffrer pour pouvoir agir et une alerte face au backlash international contre les femmes.

 

Brigitte Gresy a retracé l’histoire de la parité par une intervention puissante en évoquant le constat d’une « féminisation sans captation du pouvoir », le maintien d’un leadership partisan majoritairement masculin, et l’exposition persistante des élues aux violences sexistes.

 

 

 

Intervention de Reine Lépinay co-présidente d’Elles aussi à la 2ème table ronde

Reine Lépinay a salué le courage et la détermination de trois femmes Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, Françoise Gatel, ministre déléguée chargée de la ruralité et Delphine Lingmann, rapporteure de la loi du 29 avril 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité. Cette loi est un incontestable progrès démocratique et dit aux femmes toute leur légitimité à l’engagement municipal dans les communes de moins de 1 000 habitants qui représentent 71% des communes françaises. Elle ouvre aux femmes des mandats de conseillères municipales, d’adjointes et pour certaines de conseillères communautaires. Elle permettra aussi plus de candidatures de maires dans l’avenir et ainsi plus de modèles féminins dans la gestion politique locale. Cependant cette loi ne pourra totalement déverrouiller le système électoral. Nous verrons encore la persistance des cloisons et plafonds de verre avec inévitablement quelques percées dans des fonctions non stéréotypées (finances, urbanisme, travaux…) et des fonctions de maires, présidence et vice-présidence d’intercommunalités.

Cette loi est une étape et participe à l’évolution des mentalités et doit être complétée par une loi paritaire destinée aux intercommunalités.

Reine Lépinay a présenté le « Guide de la candidate » élaboré par le collectif Elles aussi, guide pratique destiné à sensibiliser les femmes à l’engagement municipal. Ce guide est diffusé avec le partenariat de l’AMF, l’AMRF, et Intercommunalités de France. Il est un outil pour accompagner la loi et dit aux femmes qu’elles ont non seulement le droit de s’engager dans la gestion municipale et communautaire mais aussi un devoir de le faire pour améliorer l’efficience des politiques publiques et donner des réponses aux demandes de services publics exprimées par les citoyennes parfois encore trop négligées par des assemblées majoritairement masculines.

Reine Lépinay a évoqué des pistes pour l’inclusion des femmes aux postes de responsabilité.

Les politiques publiques d’égalité encore insuffisantes ont un rôle à jouer pour lever les freins à l’engagement politique féminin en s’appuyant sur des budgets genrés et le principe d’éga-conditionnalité lors du vote de subventions ou d’appels d’offre auprès des entreprises.

La déconstruction des stéréotypes et la lutte sans relâche contre le sexisme doivent donner aux femmes comme aux hommes la légitimité dans leurs choix d’engagement politique, économique, social, sportif, culturel.

L’éducation de toutes et tous sur le principe d’égalité femmes/hommes et l’engagement professionnel doivent permettre aux femmes d’acquérir plus d’autonomie et de liberté.

En deux mots : L’éducation et la loi

L’éducation à tous les niveaux, enfants, parents et professionnels dans les écoles, centres de formation, centre de loisirs, milieux professionnels… Dans tous les lieux de socialisation.

Les lois pour ouvrir aux femmes des possibilités d’inclusion mais des lois applicables et un contrôle du respect de ces lois. Des lois paritaires pour toutes les assemblées élues (intercommunalités, Sénat, Assemblée nationale)

Et pourquoi pas inscrire la parité dans la constitution !

 

A la suite de ces tables rondes 2 GAP propose des mesures auxquelles Elles aussi souscrit pleinement

1.Renforcer la place des femmes dans les fonctions exécutives
➡️ Instaurer une obligation de parité
dans l’accès aux fonctions exécutives locales et nationales, via des mécanismes d’alternance ou de tickets paritaires dans toutes les institutions dotées d’un exécutif : Assemblée nationale, Sénat, conseils régionaux et départementaux, EPCI, communes.
➡️ Conditionner une part du financement public des partis :
– à la proportion de femmes dans les exécutifs,
– aux fonctions stratégiques qu’elles exercent effectivement.
➡️ Rendre publiques des données aujourd’hui inexistantes ou peu visibles :
– le taux d’investitures gagnables par genre dans les circonscriptions clés,
– la répartition femmes/hommes dans les postes et instances décisionnelles internes aux partis, notamment les commissions d’investiture.

2.Aménager la vie politique des élu·es au niveau national et local
➡️ Adapter l’organisation du travail politique
, notamment en limitant les réunions tardives ou nocturnes.
➡️ Mettre en place un soutien logistique et familial pour les élu·es (crèches sur site, remboursement de services de garde).
➡️ Protéger contre le harcèlement et la violence politique :
– cellule de signalement avec accompagnement juridique et psychologique,
– sensibilisation obligatoire aux VSS dans les partis et assemblées,
– lutte renforcée contre le cyberharcèlement et les deepfakes.


3.Poursuivre la régulation des médias sur la prise de parole des femmes

➡️ Étendre les indicateurs de l’ARCOM :
– mesure genrée du temps de parole politique,
– décompte des interruptions de parole,
– analyse de la nature des sujets confiés aux femmes et aux hommes,
– qualification du statut de la parole (experte, décisionnaire, contradictrice, témoin).
➡️ Intégrer dans les cahiers des charges des médias publics et les conventions des services audiovisuels des obligations mesurables et sanctionnables :
– respect des indicateurs de répartition genrée,
– politique éditoriale active contre les discriminations sexistes,
– formations obligatoires aux biais cognitifs et aux stéréotypes de genre.

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