En moyenne les femmes représentent 35 % des élus communautaires dont environ 28 % siègent dans les exécutifs intercommunaux. 25 ans après l’application des premières lois pour la parité femmes-hommes en politique, le compte n’y est pas !
Les intercommunalités mutualisent les principales compétences antérieurement dévolues aux communes, infrastructures de transports des habitants, voieries, assainissement… mais aussi urbanisme, équipements scolaires, culturels et sportifs… enfin tout ce qui permet une vie quotidienne à tout un chacun et chacune.
Jusqu’à présent, ces compétences ont été décidées et gérées majoritairement par des hommes répondant ainsi à leurs propres aspirations et priorités, privilégiant naturellement certains domaines, circulation automobile, sports collectifs majoritairement masculins… plus que d’autres comme les modes de garde de la petite enfance, la prise en charge des personnes âgées ou les transports collectifs le plus souvent utilisés ou assumés par les femmes. Ce tableau peut paraître caricatural mais il est pourtant une réalité commune, alors que tous les pans de la vie locale impactent la vie quotidienne des hommes et des femmes mais différemment.
Depuis les années 2000, grâce aux lois sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électifs, les conseils locaux se sont vu imposer la stricte parité des candidats et candidates et donc des élu·es. C’est vrai pour les Conseils régionaux et municipaux (élections à la proportionnelle stricte ou relative) et les départements avec les binômes cantonaux. Mais les Conseils intercommunaux issus des conseils municipaux ne peuvent être représentés à parité que s’ils comptent au moins deux représentants au sein du Conseil communautaire. Ce qui n’est pas toujours le cas notamment pour les petites communes qui n’ont qu’un seul représentant. Celui-ci étant généralement le maire, les femmes, ne représentant en moyenne que 20% de ceux-ci, en sont par l’usage exclues. Pourtant les textes n’imposent pas que le maire soit celui qui siège, un ou une autre élu·e peut le faire.
Siéger dans un conseil ou un exécutif local à parité n’est pas une coquetterie, c’est respecter la représentation citoyenne dans son ensemble. D’où l’importance de la nouvelle loi qui impose désormais la parité dans les communes de moins de 1000 habitants. Il faudra tout de même que plus de femmes soient têtes de listes lors des prochaines élections municipales pour être maires et représentantes de leur commune au Conseil communautaire et dans son exécutif, sauf si certains maires renoncent d’emblée à siéger au profit de leur deuxième de liste pour faire entrer une femme !
Des conseils et exécutifs paritaires seraient une chance pour les territoires de voir se développer d’autres politiques locales favorisant l’égalité Femmes-Hommes dans les territoires.
Brigitte Périllié
Association Femmes élues de l’Isère
Membre du bureau d’Elles aussi