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Élections sénatoriales de septembre 2026 – Les femmes ont-elles atteint le plafond de verre au Parlement ?

Une sénatrice en moins après les élections de septembre 2026 qui renouvelaient par moitié les membres du Sénat pour atteindre 38,5% de sénatrices*. Cela après un nouveau recul des députées à 36 % lors des élections législatives anticipées de 2024. Il est donc légitime de s’interroger sur les modes de scrutin pour ces élections parlementaires qui ne permettent pas de s’approcher de la parité.

Cependant si nous comparons les élections de 2026 à celles de 2020 qui concernaient les mêmes circonscriptions, on constate un réel progrès tant au niveau des candidates comme des élues pour cette série 2.

Un autre progrès est à noter dans la place des sénatrices dans les instances de décision qui viennent d’être renouvelées.

Plus de candidates et plus d’élues par rapport à 2020 pour la série 2

Le progrès notable par rapport à 2020 est le nombre de femmes têtes de liste pour les 30 circonscriptions à scrutin proportionnel augmentant donc leurs chances d’être élues. Un progrès également, mais moindre, l’augmentation du nombre de femmes candidates au scrutin majoritaire dans les 34 départements ayant un ou deux sièges à pourvoir.

 

 Au niveau des élues, on constate que le scrutin majoritaire leur a été particulièrement défavorable car il n’y a qu’une élue en plus par rapport à 2020 pour davantage de candidates, soit 17 sénatrices pour 59 sièges à pourvoir, tandis que 51 femmes ont été élues au scrutin proportionnel pour 119 sièges à pourvoir, un progrès de 6 points.

 

 Il est aussi à noter que proportionnellement, plus de sénatrices sortantes se sont représentées par rapport aux sénateurs sortants se représentant. On peut donc considérer qu’elles ont davantage bénéficié de la prime au sortant.

Malheureusement encore et comme à chaque élection sénatoriale, certains hommes se sont portés têtes de liste dans la même circonscription alors qu’ils appartiennent au même groupe politique, ceci pour ne pas se trouver en troisième position sur une liste, ce qui diminuerait leur chance d’être élus, une manœuvre de contournement des règles de la parité pour le scrutin de liste. Cela a été le cas par exemple dans le département du Rhône où sur 10 listes, toutes menées par des hommes, trois hommes têtes de liste ont été élus pour se retrouver dans le groupe Les Républicains du Sénat.  

Plus de femmes à des postes de pouvoir dans le bureau et dans les commissions par rapport au renouvellement de 2023

Il n’y a toujours pas de femme présidente du Sénat, mais nous constatons tout de même la volonté d’instaurer la parité au niveau de la gouvernance.  Ainsi ont été élues quatre vice-présidentes sur huit, sept sénatrices secrétaires pour 14 postes et une questeure pour trois postes.
Notons également qu’il y quatre présidentes pour les neuf groupes politiques.

Quant aux huit commissions permanentes, le résultat est mitigé : seulement deux femmes présidentes, l’une aux affaires économiques et l’autre aux lois, mais plus de femmes vice-présidentes, soit 38,3% (une parité miroir !)  au lieu de 27,4% en 2023 et,  comme pour compenser, moins de femmes secrétaires soit 43,2% au lieu de 52,9%.

Les femmes sont au total 39,2% à être présentes dans les commissions, un progrès de deux points. Là où elles sont les plus nombreuses c’est à la Commission des Lois (49%) aux affaires sociales (57%, en net recul aux 74,5% de 2023), à la culture, éducation et sports (53%), C’est aux finances (26,5%) et aux affaires étrangères qu’elles sont les moins nombreuses (26,5%) mais en progrès de six points par rapport à 2023.
On peut donc constater un mouvement de rééquilibrage entre les commissions attirant généralement plus les femmes et celles attirant plus les hommes.

Nos recommandations pour les prochains scrutins

Avec cette stagnation du nombre de sénatrices encore loin de la parité, même si elles ont une réelle influence, le constat est qu’ il serait temps de changer le mode de scrutin qui montre une nouvelle fois ses limites : un scrutin majoritaire restant défavorable aux femmes, car moins connues sur leur territoire quand elles ne sont pas sortantes et un scrutin proportionnel dans de trop petites circonscriptions qui favorise surtout les têtes de liste et les sortant·es sans compter sur des contournements de la parité par certains  hommes têtes de liste. Rappelons que pour ces élections de la série 2, seules sept circonscriptions sur 64 élisent cinq ou plus de sénateurs et sénatrices.

Nous renouvelons nos recommandations :
De plus grandes circonscriptions regroupant plusieurs départements avec donc plus de candidat·es par liste et de réelles sanctions pour les têtes de liste qui détournent l’esprit du scrutin de liste paritaire avec alternance de sexe.

* Ce pourcentage peut évoluer en raison de l’application de la loi sur le non-cumul des mandats des parlementaires, de ministres restant en poste ou de choix personnels.

Armelle Danet, membre du bureau

 

 

 

 

 

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