De gauche à droite : Véronique Pujéat ; Reine Lépinay ; Thierry Devimeux ; Pierre Jouvet ; Marie Pierre Monier
à l’invitation du préfet Thierry Devimeux, Marie Pierre Mouton, présidente du Conseil départemental et Reine Lépinay, co-présidente d’Elles aussi, la remise des trophées s’est tenue le 18 avril 2025 dans les salons de la Préfecture de Valence.
Le 18 avril 2025, Reine Lépinay co-Présidente d’Elles aussi, Thierry Devimeux Préfet du département, Véronique Pugéat, vice-présidente, représentant Marie Pierre Mouton, Présidente du Conseil départemental, ont ouvert la cérémonie de La Marianne de la Parité des EPCI de la Drôme.
Dans la tradition de la remise de la Marianne de la parité des EPCI, deux tables rondes se sont succédées l’une donnant la voix des territoires sur le sujet de la sous-représentation des femmes dans les conseils communautaires et leurs exécutifs et l’autre donnant la voix législative avec des perspectives de débats parlementaires à venir sur le fonctionnement des EPCI.
La première table ronde – La voix des territoires
Alain Matheron, président de la CC du Pays de Diois, premier prix de La Marianne de la Parité des EPCI. Il a montré le rôle essentiel de la volonté politique pour attirer les femmes vers un engagement politique local. Pour lui, pas de difficulté à intégrer des femmes dans l’exécutif. Parmi les vice-présidentes, trois occupent une délégation non stéréotypée (Energie, Budget, Economie). Le choix politique a été de donner la première vice-présidence à une femme. Il est convaincu que la nouvelle loi imposant un scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants ne posera pas de problème pour trouver des femmes ; celles-ci sont dans les territoires avec un engagement associatif très important.
Le deuxième prix a été décerné à la CC Drôme Sud Provence dont Jean-Michel Catelinois est Président. Le troisième prix à la CC Porte de Dromardèche, son Président Florent Brunet représenté par Marie Christine Prot, Vice-présidente, le quatrième prix à la CA de Montélimar, son Président Julien Cornillet représenté par Marie Christine Magnanon Conseillère déléguée à la démocratie locale, 1ère Adjointe déléguée à l’environnement, au développement durable de la ville.
Ces trois dernières intercommunalités ont expliqué mener des politiques publiques d’égalité et présenter chaque année au moment du débat d’orientation budgétaire le rapport de situation d’égalité femmes/hommes comme la loi le leur impose (l’article 61 de la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes) et prescrit aux collectivités territoriales et aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants de réaliser ce rapport malgré l’absence de vice-présidence dédiée à l’égalité.
Reine Lépinay a rappelé qu’Elles aussi et le Haut Conseil à l’Égalité recommandent de prévoir une obligation législative pour le vote du rapport sur la situation en matière d’égalité pour les collectivités à partir de 10 000 habitants et de dédier une délégation à l’égalité femmes/hommes dans les communes et les intercommunalités. Une telle délégation permettra un travail cohérent et horizontal entre les différentes commissions municipales et/ou communautaires.
Fabienne Simian, Présidente de la CC Dieulefit Bourdeaux, est intervenue sur son expérience de femme élue et sur les freins à lever du côté des femmes mais aussi des hommes pour plus de femmes dans la vie publique locale. Ici les politiques publiques d’égalité peuvent être des outils pour faciliter l’engagement politique local féminin (prise en charge de la garde des enfants par exemple). Puis Christelle Ruysschaert, Vice-Présidente de la CC Baronnies Drôme provençale, a présenté sa délégation non stéréotypée (Scot – PLUi –Transition écologique – Transport).
Enfin Aurélien Ferlay, Président de l’Association des maires Ruraux de la Drôme, s’est félicité de la loi du 7 avril 2025 sur le scrutin de liste paritaire pour les communes de moins de 1 000 habitants et s’est dit prêt à aider Elles aussi à organiser des rencontres avec les dites communes afin de favoriser la réalisation de listes paritaires. Sur 362 communes, 251 ont moins de 1 000 habitants soit presque 70% dans la Drôme. Ces communes seront intéressées par un guide de la candidate d’Elles aussi et des rencontres pour aider à la mobilisation des femmes pour les prochaines élections.
Même si certains élus ont des craintes de ne pouvoir obtenir une liste complète, ce n’est pas la parité qui pourrait en être la cause mais plutôt « une complexité normative, une surcharge administrative et une érosion de leur capacité d’action réelle » comme le démontre la dernière enquête du CIVIPOF d’Éric Kerrouche et de Martial Foucault d’avril 2025. Les élections municipales de 2026 sont une opportunité pour les femmes à s’engager dans la vie publique locale, faire entendre leur voix et apporter des solutions aux demandes des femmes longtemps ignorées dans les assemblées exécutives majoritairement masculines.
La deuxième table ronde- La voix législative
Marie Pierre Monier, Sénatrice, Vice-Présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité, et Monsieur Pierre JOUVET, Député européen de la Drôme, co-présidents du jury de La Marianne de la Parité des EPCI de la Drôme, ont animé le débat autour de la nécessité de légiférer pour aller plus rapidement vers une démocratie paritaire.
Reine Lépinay a rappelé que l’outil législatif est parfois fort utile pour lever certains obstacles. Notre République a ignoré la citoyenneté des femmes jusqu’en 1944, ce qui a freiné leur entrée dans les institutions politiques. Le poids de l’histoire pèse encore sur l’engagement politique des femmes malgré des progrès incontestables réalisés depuis la réforme constitutionnelle de 1999 qui a ouvert la voie à de nombreuses lois sur la Parité.
L’argument de l’incompétence des femmes trop souvent encore entendu pour réfuter le principe de parité ne fait pas progresser la juste reconnaissance de leur valeur dans notre société C’est une analyse plus approfondie de la persistance des facteurs de leur sous-représentation dans les instances politiques qui peut apporter des solutions. Ces facteurs sont multiples :
– l’autocensure de la part des femmes en lien avec des inégalités dans le partage des tâches domestiques, des inégalités économiques qui deviennent encore plus contraignantes en zone rurale. Ne parle-t-on pas de la triple journée des femmes élues ?
– des entrées dans la vie politique plus tardives combinées à des démissions plus fréquentes en lien avec la charge de travail et aussi parfois le sexisme politique ;
– la cooptation masculine ;
– une moindre connaissance par les femmes des rouages politiques ;
Après un rappel des débats au Sénat sur le sujet, Marie Pierre Monier a défendu la loi comme un moyen efficace pour faire progresser la parité dans les institutions locales et s’est réjouie d’une nouvelle loi paritaire pour les communes de moins de 1 000 habitants qui permettra une gestion locale plus efficiente et respectueuse d’un principe d’égalité entre les femmes et les hommes.
Pierre Jouvet a évoqué le rôle de l’Europe sur le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes et a invité les hommes à s’engager auprès des femmes pour construire une société paritaire plus juste et équitable entre les femmes et les hommes. Pour lui, leur devoir est d’être au rendez-vous de l’histoire aux côtés des femmes engagées.
En résumé :
Moyennes en France : femmes présidentes : 11%, femmes conseillères : 35,8%, femmes parmi les VP : 25,6%
Moyennes dans la Drôme : femmes présidentes : 10% ; femmes conseillères : 37,6% ; femmes dans l’exécutif (P+VP) : 35,34% ; femmes parmi les VP : 37,7% (voir graphique ci-dessous)
On note une plus forte participation en moyenne des femmes à la prise de décision (Vice-présidentes) dans la Drôme que dans les EPCI de France (écart de 12 pts). Et aussi plus de femmes conseillères (écart de plus de 2 pts)

Reine Lépinay, co-présidente d’Elles aussi, responsable de l’antenne ARA
La représentation des femmes dans les conseils et exécutifs des EPCI de la Drôme
