Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Contre toutes les formes de violence et de mise au silence…. faisons la parité !

Novembre 2019, dans l’Allier et à ST Etienne, Elles aussi participe aux manifestations contre les violences faites aux femmes

Un point de vue et des actes

Qu’il y ait une guerre contre les femmes, cela parait indéniable au regard des violences qu’elles subissent et qui les freinent dans leur élan pour exister librement. De remarques déplacées ou humiliantes à l’agression sexuelle ou au viol jusqu’au meurtre, ces violences sont majoritairement le fait d’hommes proches ou partenaires.

Dans la foulée du mouvement anti-autoritaire de 1968, le Mouvement des femmes a pointé l’ennemi principal, le système patriarcal et son oppression millénaire qui se maintient par le contrôle jusqu’à l’appropriation des corps des plus faibles et dominés, dont en premières lignes les femmes et les enfants -filles et garçons. Le patriarcat pesant au niveau des contraintes réelles, l’est aussi symboliquement : monisme mâle, système androcentré où le masculin représente l’espèce humaine, où l’élite dirigeante masculine maitrise tous les pouvoirs (le savoir, le capital, les armes et l’Etat).

Sortir de la terrible répression du silence et de la négation

C’est par la parole, l’analyse et l’écoute que des femmes, dans les années 1970, ont commencé collectivement à planter les premiers traits d’une transformation, en brisant le silence sur leur oppression sexuelle et en démontrant que ce qu’elles vivaient dans le couple, la famille, l’intime, était politique et relevait d’une structure de pouvoir à transformer.

Depuis cinquante ans, en France, des avancées considérables ont été réalisées pour supprimer les subordinations et les discriminations les plus flagrantes ; en témoignent, par exemple, les lois sur l’IVG et l’affirmation du principe de parité, en politique d’abord, étendu ensuite aux responsabilités économiques et sociales.

Le principe de parité

Notre République universelle arc-boutée sur un principe d’égalité censé subordonner et transcender toutes les différences, n’a pas explicitement reconnu le principe de parité dans la lettre de la
Constitution, ce qui a renforcé les résistances et fait le lit des contournements qui ont suivi ….
Les Fondatrices d’Elles aussi pour la parité dans les instances élues, ont eu une ambition plus large et conforme à la signification profonde du mot :ne pas réduire la parité politique à une participation égale en nombre à un pouvoir masculin inchangé, mais en faire le levier d’une critique et d’un accomplissement, qui sans dissolution ou réduction de l’un ou l’autre, donne ses chances à un véritable partenariat des deux sexes, pour sortir de la clôture du patriarcat.

#METOO

Le mouvement actuel montre que malgré les droits acquis, les violences sexuelles désormais identifiées et chiffrées n’ont pas cessé. Le mouvement a essaimé au fil des révélations médiatisées en #Metooinceste et #Sciencesporcs. La vague sans fin des témoignages d’agressions sexuelles se réfracte dans tous les milieux de structure patriarcale dont la famille. Partout l’omerta pour protéger les puissants est secouée par les paroles des victimes : l’Armée, l’Eglise, la Culture, le monde politique, le sport, l’Université, les lieux de formation des élites économiques et politiques ou militaires

Être élue : oser affirmer ce que l’on veut, faire valoir ce que l’on sait et ce que l’on est, ni plus ni moins.

Mais, quelque inabouties que soient les lois dites « de la parité », nous sommes sortis d’une société uniquement dirigée par des hommes. Des femmes élues ou agissantes en associations, solidaires les unes des autres, donnent à penser, organisent, coordonnent, réparent, chacune à leur place, dans leur périmètre de pouvoir-faire.

Ébranler le patriarcat-deux exemples proches du réseau Elles aussi

En Isère : Pouvoir et responsabilité d’une Maire
Elue en 2020, la Maire de Nyogarey, psychologue de profession, intègre dans les projets de la commune la lutte contre les violences intrafamiliales et l’ «éducation bienveillante à l’école». L’Association des Femmes élues de l’Isère -AFEI- a recueilli son témoignage.

Voir la vidéo : https://afei38.fr/les-femmes-en-politique
Dans les Hauts de France : En finir avec le silence
Quatre femmes de l’Association catholique des femmes (ACF), dont la responsable de l’antenne, donnent dans un petit livre* une réflexion sur la pédophilie dans l’Eglise et dans la société, suivie d’un guide à l’intention des victimes et de leurs proches.

Sont d’abord rappelés l’étendue des abus sexuels dans l’Eglise, et face à ce scandale le processus de transparence mis en place par l’Institution. Le livre trouve sa place dans cette ouverture et l’ACF cofondatrice d’Elles aussi veut y faire entendre sa voix.
La forme est celle d’une conversation entre quatre femmes liées par une solidarité d’engagement. Dans cette proximité, avec des mots simples et de l’émotion se dit pour chacune en quoi cette question de la pédophilie la touche de près, en quoi la parole et l’échange transforment profondément la conscience de soi et les relations entre les sexes. Très vite le propos se déplace sur l’aspect systémique du phénomène et pointe, non sans révolte, la structure de l’Eglise qui exclut les femmes, autant dans la doctrine que dans le rituel. Elles dénoncent le cléricalisme, et le pouvoir attaché à la fonction du clerc-homme, considéré comme absolu parce que lié à une fonction sacrée, pouvoir pouvant aller jusqu’à l’emprise. Elles associent à l’exclusion des femmes (exemples à la clé !), l’exercice d’une foi déconnectée de la réalité sociale qui l’entoure. Sans que la question soit clairement argumentée, on peut se demander si l’inclusion des femmes dans l’Eglise, faisant effet de principe de réalité, aurait pu éviter ces passages à l’acte destructeurs, produits d’une omnipotence masculine dévoyée.

* Bernadette Bellouin, Jacqueline Dupont, Rose-Marie Mailler, Véronique Genelle, En finir avec le silence Pédocriminalité, ACF-Bayard Service, Paris, 2020

Partager l'article :
Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest