C’était une rencontre organisée par Elles aussi autour du thème :
« Parité politique : Promesse de transformation sociétale »
Elle eut lieu à l’Assemblée nationale, rue de l’Université, Salon Mars 3, à l’invitation de Florence Morlighem, Députée du Nord, que remercions chaleureusement.
Dans un des lieux solennels de la République et de notre démocratie, dans le cadre des contraintes sanitaires, ce fut après une longue période de travaux par courriers et visioconférences, une rencontre, chaleureuse, conviviale, citoyenne, riche d’échanges, de bilans, de projets.

Après un déjeuner convivial, se sont tenues une Assemblée générale extraordinaire puis l’Assemblée générale ordinaire statutaire de 2021[1] d’Elles aussi suivies d’une table ronde : « Parité politique : Promesse de transformation sociétale ».
Dans ce lieu symbolique de la citoyenneté républicaine, nous avons parlé de celle des femmes, avec ses progrès. Ils s’inscrivent dans la suite du mouvement paritaire, et des actions (études, enquêtes, sensibilisations diverses au niveau local et national auprès des institutions et de la société civile) de diverses structures dont Elles aussi fait partie. La table ronde voulait faire apparaître la contribution des femmes dans la gouvernance à l’échelle locale, avec référence à deux enquêtes de Elles aussi menées en 2020 dans le cadre de stages d’étudiantes en Sciences politiques ayant sollicité Elles aussi, et avec les témoignages de trois élues (maire, conseillère municipale et métropolitaine, conseillère départementale) . Les diverses contraintes législatives successives imposées ces deux dernières décennies pour vaincre les vieilles habitudes inégalitaires et patriarcales ont permis des progrès indéniables, mais subsiste l’impérieuse nécessité d’avancées supplémentaires pour aller vers la modernité d’une démocratie paritaire aboutie. Elles aussi s’inscrit dans ce mouvement vers parité et égalité partout, pour toutes les femmes.

Assemblée générale extraordinaire d’Elles aussi
Etaient représentées les associations fondatrices (Acf, AFD, FR/UFCS, Femmes d’Alsace), les associations partenaires (AFEI, AFEL et FEM), les antennes et les amies d’Elles aussi.
- Vote des nouveaux statuts
Nouveauté introduite : En 2020, Elles aussi s’ouvre à des adhésions (adhésions dans les antennes locales et adhésions individuelles auprès du bureau national) de femmes et d’hommes démocrates et défendant les valeurs d’Elles aussi. Les a adhésions individuelles sont validées par le CA. Vote pour à l’unanimité
- Vote de la charte actualisée (nouveauté : adhésions de femmes et d’hommes)
Vote pour à l’unanimité
- Vote du règlement des antennes actualisé, à l’unanimité

Assemblée générale ordinaire statutaire 2021
1/Le rapport d’activités 2020 est adopté à l’unanimité
2/ Le rapport financier est voté à l’unanimité
Un résultat positif plus important que d’habitude s’explique par les confinements qui ont ralenti la réalisation de projets. Ces réalisations sont reportées en 2021.
3/Rapport moral et projets
-Il y eut des progrès certes en 2020, mais bien limités, dans la fonction de maires, et dans les EPCI.
-L’étude quantitative et aussi qualitative de la présence des femmes dans la démocratie locale démarrée en 2020 se poursuit en 2021
-Réflexion en cours sur les outils de communication
5/ élection du nouveau CA
Elu pour trois ans, il contient des membres représentants les associations fondatrices et partenaires, les antennes (4 membres) et les adhésions individuelles (un membre).

Puis suivit une table ronde « Parité politique : Promesse de transformation sociétale
Introduction par Anne Marie Marmier
Cette table ronde, est une présentation vivante du travail d’Elles aussi entrepris à partir de la campagne des municipales : « Démocratie locale avec les femmes ». Elle s’inscrit dans la continuité de ce travail : inciter les femmes à prendre responsabilités et pouvoir localement, en lien avec l’actualité élective, relayer et faire circuler leur parole.
Sans cesser de surveiller les chiffres et (ce que font aussi très bien le HCE et le BIS de la DGCL), et de répéter à chaque élection « légers progrès ou blocage, le compte n’y est pas » nous avons porté effort et attention sur le plan qualitatif : donner de la visibilité à ce que font les élues, à ce qu’elles apportent de neuf ou projettent d’apporter à la démocratie locale.
Comme on l’a vu dans le rapport d’activités, ce projet s’est articulé avec des demandes étudiantes de stages pour se transformer en recueils de témoignages et encadrement de jeunes étudiantes en sciences politiques qui ont réalisé des interviews.
Il nous plaît de lire dans ces témoignages le balbutiement d’un nouveau modèle, celui d’une démocratie locale, ouverte à l’altérité, paritaire, partenaire. A EA de soutenir et faire vivre ce mouvement. La parole à nos invitées…
Table ronde « Parité politique : Promesse de transformation sociétale »
Animation par Reine Lépinay
Merci à nos invitées de participer à cette table ronde
Les invitées
Martine SIMON, maire d’Englos (606 hbts) avec un conseil de 15 élus dont 7 femmes, mais aucune adjointe, a remplacé Henri LETURGIE maire lors du précédent mandat. Elle a laissé son siège de déléguée à la Métropole Européenne de Lille (M.E.L.) à Jacques PASTOUR.
Bernadette GUERY, élue depuis 2008 à Blagnac, (21 560 hbts) en Haute Garonne, Conseillère municipale déléguée à l’action sociale métropolitaine, et Conseillère déléguée à la métropole de Toulouse.
Christiane AGARRAT, maire de Brindas (6500 hbts) en 2008, et en 2014, conseillère municipale d’opposition et VicePrésidente de la Communauté de communes des Vallons du Lyonnais, élue en 2015 conseillère départementale et Vice-Présidente (LR) du Conseil départemental du Rhône, rapporteure générale du budget, chargée des transports et des relations avec la Métropole de Lyon. Elle n’a pu repartir sur les élections départementales de 2021.
Margot JANKOWSKY, étudiante en master 2, des métiers de l’expertise du travail et des associations. Son sujet de stage « La gouvernance avec les femmes en 2021 ». Son Stage est en cours avec l’association Elles aussi auprès de l’antenne Hauts de France. Elle est soutenue par Martine Simon et Véronique Genelle Vice –présidente d’Elles aussi. Les thèmes abordés
- L’engagement politique
Comprendre l’engagement politique des femmes et leur parcours d’élues entravé par de multiples contraintes familiales, professionnelles et autres. Saisir comment les femmes ont pu intégrer une assemblée politique locale et quelles étapes ont été nécessaires avant de prendre des responsabilités dans les exécutifs locaux (municipaux, intercommunaux, départementaux) tout en observant la posture des partis politiques sur l’exigence de parité dans la plupart des élections locales
- Le vécu de campagne
Comprendre le vécu de campagne des femmes lors des élections municipales et départementales et leur ressenti quant à leur légitimité politique dans leurs fonctions. Mesurer l’évolution des mentalités avec l’application des lois paritaires et l’attitude des medias en particulier pour les binômes départementaux.
- L’ambiance de travail
Mesurer les conséquences du sexisme endémique, inconscient, parfois sournois ou menaçant sur l’avancée des projets portés par les femmes élues, et leurs réponses quand cette situation se présente.
- L’exercice du pouvoir
Par l’exercice du pouvoir les femmes élues peuvent-elles faire évoluer les méthodes de travail et les choix en matière de politiques publiques ? Sont-ils différents de ceux des élus hommes ? La prise en considération de la condition des femmes et de leurs besoins ou attentes est-elle différente par une femme Maire, conseillère municipale déléguée, conseillère métropolitaine ou encore Vice-Présidente de conseil départemental ? La composition et le fonctionnement des binômes sont parfois difficiles : Misogynie, trahison. Comment l’apport des binômes départementaux dans la démocratie locale est-il perçu ? L’évolution des rapports de force avec la parité dans les exécutifs, influence-t-elle les modes de désignation et constitution des binômes ?
L’entrée des femmes dans les conseils départementaux peut-elle faire évoluer les mentalités ?
Echange avec les invitées
Au fil des témoignages, il apparait que les femmes élues ont dû mettre en place une organisation de vie afin de dépasser les freins familiaux et professionnels.
Leur parcours n’est pas toujours linéaire, même si on note un passage par la fonction de simple conseillère avant de prendre des responsabilités municipales, intercommunales ou départementales.
Le cumul de mandat de maire et de conseiller ou Vice-président.e d’intercommunalité, il n’est pas incontournable. On peut être maire et pas automatiquement conseillère métropolitaine ou communautaire. Les échanges sont possibles entre élu.es et la conférence des maires joue un rôle indéniable. C’est l’expérience de Martine Simon.
Il est possible d’imposer des exigences au moment de la constitution de la liste et de la campagne, puis dans le mandat, avec constance et détermination (par exemple sur le traitement de l’égalité femmes-hommes de façon transversale dans un conseil).
La volonté et la détermination permettent l’avancée des dossiers même si parfois cela se révèle difficile. « Il faut avoir le courage d’exprimer nos volontés ».
Les femmes ont la réputation d’être persévérantes et consciencieuses. Ce qui peut parfois faire ombrage à un binôme masculin quand un travail en profondeur est totalement reconnu légitime auprès de la population. Leur légitimité en ressort renforcée. Mais les conséquences peuvent être lourdes quand elles conduisent à une éviction autoritaire non justifiée pour une nouvelle candidature et un second mandat. Preuve que les inégalités, les hiérarchies et les vieilles habitudes du patriarcat du monde politique ont encore parfois du mal à disparaître dans les mentalités.
Dans l’exercice du pouvoir, les femmes recherchent des méthodes de travail transversales et privilégient le travail des dossiers à la représentation, ce qui peut être lors d’une élection un handicap en termes de notoriété et de visibilité auprès des administrés.
Quant au sexisme il est inégalement perçu et reste lié à la personnalité des élus masculins et n’est pas ressenti dans les échanges avec les services administratifs qui respectent la fonction de l’élue.
En conclusion de ce moment d’échange, Margot Jankowsky et Martine Simon ont expliqué comment s’est établi le dialogue entre-elles et présenté les apports mutuels d’une élue et d’une stagiaire sur la gouvernance des femmes. L’étude menée dans les Hauts de France au cours du stage porte sur le rôle des femmes dans la gouvernance locale, sur un état des lieux de la parité et sur une comparaison de la situation entre la France et la Belgique. Pour Martine Simon, les échanges entre génération sont très constructifs ; et il est important qu’une jeune femme étudie cette problématique, et que les femmes se sentent légitimes et aient confiance.

[1] Voir sur le site www.ellesaussi.org une version plus détaillée des assemblées générales