- le 5 octobre à Lyon (antenne Auvergne-Rhône-Alpes), lire L’invitation
- le 28 septembre à Issenheim (Femmes d’Alasace), lire L’invitation
- le 21 septembre à Raismes (antenne Hauts de France), lire L’invitation,

- le 19 septembre à Orléans, conférence de presse avec témoignages d’élues (antenne Loiret/Centre Val de Loire),

- le 5 septembre à Cherbourg-Octeville (Femmes ét élues de la Manche), lire l’invitation
L’ATELIER ECHANGE du jeudi 5 septembre à la Mairie déléguée de Cherbourg-Octeville
Citoyennes aujourd’hui, Maires demain !
Coorganisé par Sonia Krimi, Députée de la Manche, membre de la délégation des droits des femmes et Huguette Legros, Présidente de l’association Femmes et élues de la Manche, vice-présidente du réseau national Elles aussi.
Compte-rendu
Une cinquantaine de personnes étaient présentes à l’ATELIER ECHANGES (à noter une présence masculine de 24%).
Sonia Krimi et Huguette Legros ont souhaité que le débat se présente comme une formation ouverte et basée sur le vécu de chacune et chacun par un échange sympathique à partir des différentes expériences.
C’était aussi une invitation à inciter les femmes à se présenter quelque soit leur orientation politique.
Pour Huguette Legros, « Etre élue est un vrai bonheur, mais cela a été difficile ».
Ce moment privilégié a été une occasion pour les participants :
- de faire part de leurs difficultés liées à leur mandat (freins)
- d’évoquer les points forts et la richesse de cette expérience (motivations) ü de travailler sur les qualités requises pour réussir
- de poser des questions
- de bénéficier de conseils des organisatrices et des citoyennes ayant déjà une expérience d’un ou plusieurs mandats.
Les freins :
- Idées reçues
Il est difficile de se battre contre les idées reçues par rapport au fait d’être UNE élue. Il faut montrer son envie et avoir l’envie de percer.
- La peur de ne pas avoir la compétence
C’est un problème culturel de se poser la question de la compétence des femmes – Problème typiquement féminin, les hommes ne se posent pas cette question.
Il n’y a pas de crainte à avoir car le niveau des hommes n’est pas toujours à la hauteur.
Quelqu’un qui ne connaît pas doit dire « Je ne connais pas ».
Pour être efficace, il faut prendre du temps pour s’informer.
Sonia Krimi rassure en précisant qu’il y a la possibilité d’être accompagnée par la formation.
Il existe un budget dans les communes pour la formation.
- Peur de prendre la parole
Huguette Legros précise que prendre la parole, ça s’apprend.
Il faut s’appuyer sur la connaissance de ses dossiers.
- Beaucoup de temps passé
Il n’existe pas de statut de l’élu. Son activité peut prendre beaucoup de temps sur sa vie personnelle (40 à 50 h) et la perte de revenus liée à l’abandon de son poste de travail peut engendrer des difficultés financières.
Sur ce point Huguette Legros précise que l’arrivée massive des femmes donnera une autre vision. Il faut évoluer et inventer d’autres façons d’être élue et changer la façon d’exercer son mandat. Si le travail des femmes à la maison est aujourd’hui à 70%, pourquoi ne pas passer à 50% ? Les jeunes générations évoluent et les hommes participent davantage aux travaux de la maison.
Il semblerait important de venir d’un milieu professionnel pour avoir une meilleur maîtrise du temps. La femme multitâche va à l’essentiel, ne perd pas de temps. Attention toutefois à ne pas décourager quelqu’un qui n’a pas de vie professionnelle. Des exemples prouvent que des mères au foyer ont bien réussi leur mandat d’élue.
Les élus qui ont une activité professionnelle bénéficient d’un nombre d’heures (en fonction du nombre d’habitants) que le patron ne peut pas refuser pour exercer leur mandat.
Il faut privilégier la qualité du temps passé et non pas la quantité.
Sonia Krimi propose de s’organiser autrement en faisant moins de réunions tardives.
Huguette Legros précise que certains élus aiment être surbookés (cela donne de l’importance) alors que l’important est de gérer bien ses dossiers. Il faut que l’entrée des femmes en politique change cela.
- Parité non respectée
Sonia Krimi dit avoir connu la solitude dans des réunions où il y avait une majorité d’hommes.
La parité est une condition nécessaire mais pas suffisante. Les femmes ont tendance à aller vers des domaines qui semblent leur revenir plus facilement (santé, éducation …)
Il est nécessaire que la loi permette de garantir la parité notamment pour les remplacements.
Aujourd’hui les assemblées paritaires à l’élection ne le sont parfois plus après des démissions.
La parité peut être de la discrimination positive : elle permet l’intégration des femmes en politique mais elle peut être de la discrimination négative quand on fait le choix de garder quelqu’un de moins compétent pour respecter le quota.
La politique c’est les femmes AVEC les hommes et non contre.
Huguette Legros précise que la politique n’est pas une arène. Il ne doit pas y avoir d’affrontements entre les uns et les autres. Il n’y a pas à se battre, on discute, on confronte ses idées. Dans la vie politique on n’a pas besoin d’être agressif.
Le droit de vote pour les femmes n’est pas si ancien que cela donc nous pouvons penser que nous allons progresser dans ce domaine.
Les points forts et les motivations :
- Enrichissement personnel : « J’ai appris des milliers de choses ».
- Contribution à l’enrichissement des autres.
- Envie de s’investir.
- Volonté de rendre service à ses concitoyens.
- L’engagement pour une cause.
- Une élue précise qu’elle est passionnée et ravie de travailler avec une équipe qui construit sa ville.
Les conseils :
- Pour être efficace, il faut prendre du temps pour s’informer.
- Etre organisée ; meilleure maîtrise quand on est organisée.
- Utiliser les formations pour Booster ses compétences mais ne pas oublier que la vie politique s’apprend avant tout sur le terrain.
- Etre curieuse et passionnée.
- Se mettre au niveau des autres.
- Toujours informer sur ce que l’on fait afin d’éviter les critiques et faire en sorte que les gens sachent ce que l’on fait.
- Il faut de l’estime pour soi et non pas de l’égo. Ne pas s’insulter sur les réseaux (ce qui dégoûte les gens de la politique).
- Il faut aimer les gens.
- Avoir envie de s’engager pour les autres.
- Aimer le travail en équipe.
- Savoir dire NON.
- Imposer son tempo. Garder un temps pour soi. Se protéger (pour ne pas devenir une machine politique).
- Ne pas perdre le sens de savoir « pourquoi je suis là ».
- L’importance n’est pas d’être présent partout, dans les médias, mais de l’être dans ses travaux.
- Il n’est pas obligé de faire partie d’un parti politique pour s’investir dans la vie politique.
Les questions :
- Comment fait-on pour entrer en politique. Où est la porte d’entrée ?
- Il faut être inscrit sur les listes électorales.
- Aller voir la tête de liste suivant son orientation politique. ü S’informer sur les règles de candidature. ü S’intéresser au fonctionnement de la vie municipale, de la ville, de la région (en lisant les bulletins municipaux, en assistant aux réunions du conseil municipal …).
- S’informer sur les dossiers importants et connaître les codes
La plupart des élues présentes sont passées d’abord par le milieu associatif.
Elles ont souvent été appelées par les maires et se sont formées pendant leur mandat au fil du temps. Le fonctionnement de la vie municipale s’apprend sur le terrain.
Une élue suggère plus d’ouverture et propose de trouver la bonne porte pour ne pas attendre qu’on vienne nous chercher.
- Quel déclic pour dire : « Je vais y aller » ?
Prendre un temps de réflexion. Faire preuve de beaucoup de motivation Avoir de l’énergie.
S’investir auprès des équipes. Oser faire le premier pas parce que c’est épanouissant.
Au vu des expériences, le temps de réflexion avant de s’engager peut prendre plusieurs mois.
- Y a-t-il un âge limite pour se présenter ?
Il n’y a pas d’âge pour se présenter pourvu qu’il y ait l’énergie et la motivation.
Quels financements pour se présenter ?
Le problème du financement ne se pose pas dans les petites communes.
Pour les villes, se rapprocher des têtes de listes. Les financements sont encadrés.
Témoignages :
L’élue d’une petite commune près de Cherbourg fait part de son expérience. Partie du monde associatif puis bénévole au CCAS elle est entrée au conseil municipal.
L’enthousiasme, l’énergie et la passion l’ont conduite à un premier mandat de maire. Elle a vaincu ses peurs (du manque de temps, de ne pas pouvoir y arriver) et semble décidée à repartir pour un nouveau mandat.
Elle incite d’autres citoyennes à suivre le même chemin en précisant qu’il va falloir de plus en plus de femmes à ces postes, qu’il ne faut jamais dire « Je ne vais pas y arriver » et souligne que dans son équipe les femmes ont travaillé plus que les hommes, étaient plus investies et plus sérieuses.
Une citoyenne s’est inscrite à ce débat pour faire part de son expérience professionnelle dans le monde du bâtiment où confrontée à des discriminations, elle a du se battre pour se faire une place en tant que femme. Elle fait part de ses doutes sur l’engagement des femmes en politique.
Sonia Krimi pense que forte de cette expérience, elle devrait s’engager en politique.
