{"id":2777,"date":"2005-05-29T14:44:00","date_gmt":"2005-05-29T12:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/elles129186.webdb78.lwspanel.com\/?p=2777"},"modified":"2025-02-17T16:13:26","modified_gmt":"2025-02-17T15:13:26","slug":"actes-du-colloque-la-parite-2001-2004-bilan-et-perspectives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ellesaussi.org\/?p=2777","title":{"rendered":"Actes du Colloque &#8211; La parit\u00e9 : 2001-2004 &#8211; Bilan et perspectives"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2777\" class=\"elementor elementor-2777\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4545415 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"4545415\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b70fb02 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"b70fb02\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p><em><strong>Sous le Haut Patronage de Madame Nicole Ameline <\/strong><\/em><br \/><em><strong>Ministre de la Parit\u00e9 et de l\u2019Egalit\u00e9 Professionnelle <\/strong><\/em><br \/><br \/><em><strong>S\u00c9NAT <\/strong><\/em><br \/><em><strong>29 MAI 2005<\/strong><\/em><\/p><p><br \/><br \/><strong>INTRODUCTION<\/strong><br \/>Par Christine Villeneuve, <br \/>Pr\u00e9sidente d\u2019Elles aussi <br \/><br \/>Je suis heureuse de vous accueillir pour ce colloque dont l\u2019objectif est de dresser un premier bilan de l\u2019application de la loi du 6 juin 2000 afin que nous r\u00e9fl\u00e9chissions ensemble aux perspectives que nous pourrions d\u00e9velopper pour progresser vers une d\u00e9mocratie r\u00e9ellement paritaire. <br \/>Je vous remercie de vous \u00eatre d\u00e9plac\u00e9es parfois de loin, alors que nous sommes \u00e0 la veille d\u2019un scrutin important. Je pr\u00e9cise que la date en avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e bien avant de conna\u00eetre celle du r\u00e9f\u00e9rendum. <br \/>Je remercie toute l\u2019\u00e9quipe d&rsquo;Elles aussi et en particulier Jeanne Ridel, notre ancienne Pr\u00e9sidente, d\u2019avoir organis\u00e9 ce colloque qui a lieu sous le haut-patronage de Nicole Ameline, Ministre de la parit\u00e9 et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle, et gr\u00e2ce \u00e0 son soutien. <br \/><br \/>Nous disposons aujourd\u2019hui d\u2019une Constitution qui consacre un objectif de parit\u00e9, et de nouvelles lois qui tentent d\u2019en ouvrir la voie. C\u2019est un progr\u00e8s consid\u00e9rable. Certes, il reste beaucoup \u00e0 faire, de nouvelles \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales nous attendent, et nous allons en parler tout au long de cette journ\u00e9e, mais auparavant, je voudrais rendre hommage ici, \u00e0 celles qui ont port\u00e9 avec tant de courage et de d\u00e9termination ce combat pour la parit\u00e9, depuis tant d\u2019ann\u00e9es. <br \/>Je voudrais remercier Claudette Apprill qui nous fait l\u2019honneur d\u2019\u00eatre avec nous aujourd\u2019hui, et qui a fait \u00e9merger au sein du Conseil de l\u2019Europe le concept de parit\u00e9. Elle aura s\u00fbrement l\u2019occasion de nous en parler. <br \/>Je pense aussi aux fondatrices d&rsquo; Elles aussi qui ont eu, en 1992, cette id\u00e9e fructueuse de constituer un r\u00e9seau pluraliste de femmes engag\u00e9es dans la vie politique et associative, pour donner plus de force \u00e0 leur engagement pour la parit\u00e9 : Jacqueline Brisse alors Pr\u00e9sidente de l\u2019ACGF, Muguette Dini, aujourd\u2019hui s\u00e9natrice du Rh\u00f4ne, et qui interviendra dans une des tables-rondes de la matin\u00e9e, pour la F\u00e9d\u00e9ration des Associations des Conseill\u00e8res Municipales et Femmes \u00e9lues (FACM, aujourd\u2019hui dissoute), Liliane Gall premi\u00e8re femme \u00e9lue conseill\u00e8re r\u00e9gionale en 1992 sur une liste de femmes \u00ab Femmes d\u2019Alsace \u00bb, Denise Fuchs, Pr\u00e9sidente de Grain de sel \u2013 rencontres, Nicole Dromard, dont je salue la m\u00e9moire, alors Pr\u00e9sidente de l\u2019UFCS, et bien s\u00fbr, Antoinette Fouque, Pr\u00e9sidente de l\u2019Alliance des Femmes pour la D\u00e9mocratie, co-fondatrice du M.L.F ; elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re femme \u00e9lue au Parlement europ\u00e9en en 1994 pour son engagement en faveur des femmes, o\u00f9 elle n\u2019a cess\u00e9 de porter, au sein de la commission des droits des femmes dont elle a \u00e9t\u00e9 vice-pr\u00e9sidente, une politique en faveur des femmes et pour la parit\u00e9. <br \/><br \/>Nous devons mesurer le chemin parcouru car, aujourd\u2019hui, la parit\u00e9 est un des enjeux majeurs du d\u00e9bat d\u00e9mocratique et de la modernisation de la vie politique. <br \/><br \/>L\u2019objectif d\u2019Elles aussi, d\u00e8s sa naissance, f\u00fbt d\u2019inciter les femmes, dans toute la France, y compris dans les campagnes les plus isol\u00e9es, \u00e0 se pr\u00e9senter aux \u00e9lections locales et en m\u00eame temps, de r\u00e9fl\u00e9chir aux r\u00e9formes institutionnelles n\u00e9cessaires pour faire progresser la parit\u00e9. <br \/>Un travail de terrain important a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 avec, de 1993 \u00e0 2001, de tr\u00e8s nombreux forums sur le th\u00e8me \u00ab Conseill\u00e8res municipales : pourquoi pas ? \u00bb (71 forums au total sur la p\u00e9riode en deux s\u00e9ries). <br \/>De ces forums, sont n\u00e9es une quinzaine d\u2019antennes locales ; elles ont fait un travail formidable. Aujourd\u2019hui, il a commenc\u00e9 \u00e0 porter ses fruits, puisque parmi nos invit\u00e9es \u00e9lues, beaucoup ont particip\u00e9 \u00e0 nos actions. <br \/>Des liens ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 nou\u00e9s avec des femmes d\u2019autres pays europ\u00e9ens (Espagne, Portugal, Danemark Norv\u00e8ge, Italie\u2026) r\u00e9fl\u00e9chissant aux m\u00eames questions ; certaines d\u2019entre elles sont l\u00e0 aujourd\u2019hui avec nous, et elles t\u00e9moigneront des avanc\u00e9es en faveur de la parit\u00e9 dans leur propre pays au cours de la table-ronde de cet apr\u00e8s-midi. <br \/>Merci \u00e0 Fatima Cavaco, Teresa Muela Tudela, Maria Anna Fanelli et Randi Theil Nielsen de leur pr\u00e9sence aujourd\u2019hui. <br \/><br \/>Parall\u00e8lement, Elles aussi a men\u00e9, avec d\u2019autres, des actions en vue de faire modifier la Constitution fran\u00e7aise pour que la parit\u00e9 y soit inscrite. Si nous n\u2019avons pas obtenu l\u2019inscription du mot \u00ab parit\u00e9 \u00bb dans ce texte fondamental, au moins avons-nous obtenu, avec la r\u00e9vision du 28 juin 1999, qu\u2019un objectif de parit\u00e9 soit consacr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans notre syst\u00e8me juridique avec la notion \u00ab d\u2019\u00e9gal acc\u00e8s \u00bb des femmes et des hommes aux \u00ab mandats et fonctions \u00bb. Par ailleurs, la Constitution stipule que \u00ab la loi favorise les conditions dans lesquelles est organis\u00e9 l\u2019\u00e9gal acc\u00e8s\u2026 \u00bb. Nous aurions souhait\u00e9 un terme plus fort, \u00ab La loi garantit \u00bb ce qui impliquait \u00e9videmment une obligation de r\u00e9sultat, au-del\u00e0 de la parit\u00e9 des candidatures, et c\u2019est sans doute une des prochaines \u00e9tapes. <br \/>La loi du 6 juin 2000 est une premi\u00e8re application directe de cette r\u00e9forme constitutionnelle. <br \/><br \/>Alors, cinq ans apr\u00e8s, o\u00f9 en sommes-nous ? Le constat est, comme vous le savez, nuanc\u00e9. <br \/>Pour lancer les d\u00e9bats de ce matin, je vais dresser un rapide \u00ab \u00e9tat des lieux \u00bb de la progression du nombre de femmes \u00e9lues en France depuis cinq ans, en me fondant sur le dernier rapport de l\u2019Observatoire de la Parit\u00e9 de mars 2005. <br \/>Il est clair que la o\u00f9 la loi s\u2019applique strictement (r\u00e9gionales, europ\u00e9ennes, municipales pour les communes de plus de 3500 habitants, et s\u00e9natoriales en partie), la part des femmes dans les instances \u00e9lues a fait un bond en avant, mais l\u00e0 o\u00f9 elle permet des \u00e9chappatoires (l\u00e9gislatives) ou alors l\u00e0 o\u00f9 elle ne s\u2019applique pas (cantonales), la situation a peu progress\u00e9. Le mode de scrutin, de liste ou uninominal, proportionnel ou majoritaire, a \u00e9videmment une incidence. <br \/>Sans rentrer dans tous les d\u00e9tails, quelques chiffres cependant. <br \/><br \/>&#8211; LA OU LA LOI S\u2019APPLIQUE : <br \/><br \/>Les \u00e9lections r\u00e9gionales o\u00f9 le mode de scrutin de liste est largement proportionnel : elles ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es en 2004 par une forte progression de la part des femmes \u00e9lues qui est pass\u00e9e \u00e0 47,6% (contre 27,5% en 1998), gr\u00e2ce \u00e0 une alternance homme-femme stricte. <br \/>En revanche, il y a eu tr\u00e8s peu de femmes t\u00eates de liste (1\/28 au PS, 2\/25 \u00e0 l\u2019UMP, 5\/19 \u00e0 l\u2019UDF, 12\/24 pour les listes LO\/LCR qui ont \u00e9t\u00e9 les seules \u00e0 respecter l\u2019esprit de la loi) et une seule Pr\u00e9sidente de r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue; cependant, la part des femmes dans les ex\u00e9cutifs a \u00e9galement progress\u00e9 passant de 20% \u00e0 37,3%. <br \/><br \/>Les \u00e9lections municipales o\u00f9 la loi ne s\u2019applique qu\u2019aux communes de plus de 3500 habitants : l\u00e0 encore, elles ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es en 2001 par une forte progression globale, toutes communes confondues, de la part des femmes \u00e9lues qui passe \u00e0 33% (contre 21,7% en 1995) mais elles sont en r\u00e9alit\u00e9 47,4% dans les communes de plus de 3500 habitants (25,7% en 1995) et 30% dans les communes non concern\u00e9es par la loi (21% en 1995). <br \/>On peut donc dire que la loi a eu un effet d\u2019entra\u00eenement sur les petites communes qui progressent \u00e9galement mais dans une moindre mesure. <br \/>Malheureusement, on ne compte que 10,9% de femmes maires (7,5% en 1995) et seulement 6,7% dans les communes de plus de 3500 habitants, la proportion de femmes maires \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9e dans les petites communes (11,2%). <br \/>Concernant l\u2019intercommunalit\u00e9, sur pr\u00e8s de 2500 communaut\u00e9s (d\u2019agglom\u00e9rations, de communes, urbaines), on ne compte que 136 Pr\u00e9sidentes (soit 5,5%). Mais les femmes sont tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans les directions administratives : 55% des communaut\u00e9s sont dirig\u00e9es par des femmes mais l\u00e0 aussi il faut nuancer ; si 70% des communaut\u00e9s de \u2013 de 5000 habitants sont dirig\u00e9es par des femmes, elles sont \u2013 de 4% pour celles d\u00e9passant 100 000 habitants car dans ce cas la direction administrative rev\u00eat un caract\u00e8re plus politique. <br \/>Il y a donc une distorsion importante entre le nombre de femmes \u00e9lues et leur place dans les ex\u00e9cutifs locaux. <br \/><br \/>Les \u00e9lections s\u00e9natoriales avec un mandat ramen\u00e9 \u00e0 six ans, un renouvellement par moiti\u00e9 tous les trois ans et un suffrage indirect. Le cas est mitig\u00e9. Le S\u00e9nat compte aujourd\u2019hui plus de femmes qu\u2019\u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, 23%. <br \/>La loi du 10 juillet 2000 avait introduit un scrutin proportionnel avec une obligation de parit\u00e9 dans les d\u00e9partements disposant de trois si\u00e8ges et plus, les autres demeurant sous le scrutin majoritaire sans obligation de parit\u00e9. <br \/>Lors du renouvellement de 2001, les effets de la loi ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positifs dans les d\u00e9partements concern\u00e9s: 22 s\u00e9natrices ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues contre 5 sortantes soit 27%, contre 7,1% dans les d\u00e9partements non concern\u00e9s ce qui donnait une moyenne de 21,6% de femmes \u00e9lues au S\u00e9nat. Mais en 2003, sous la pression de s\u00e9nateurs dans un combat d\u2019arri\u00e8re-garde, le scrutin majoritaire sans obligation de parit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9tabli dans les d\u00e9partements \u00e9lisant trois s\u00e9nateurs, le scrutin proportionnel avec obligation de parit\u00e9 ne concernant plus que les d\u00e9partements \u00e9lisant quatre s\u00e9nateurs ou plus (plus de la moiti\u00e9 des d\u00e9partements). <br \/>N\u00e9anmoins, le nombre de s\u00e9natrices \u00e9lues a augment\u00e9: 24,2% dont 34,9% dans les d\u00e9partements concern\u00e9s (contre 4,4% dans les autres). <br \/><br \/>L\u2019Observatoire de la parit\u00e9 estime \u00e0 cinq le nombre de si\u00e8ges suppl\u00e9mentaires qui seraient revenus \u00e0 des femmes si la loi n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. <br \/><br \/>Les \u00e9lections europ\u00e9ennes o\u00f9, depuis 2004, le scrutin de liste proportionnel s\u2019applique dans le cadre de huit grandes circonscriptions (\u00ab Euror\u00e9gions \u00bb), et o\u00f9 la loi a pr\u00e9vu une parit\u00e9 stricte comme aux r\u00e9gionales. <br \/>C\u2019est au Parlement europ\u00e9en que les fran\u00e7aises sont historiquement les plus nombreuses. D\u00e8s 1979, date \u00e0 laquelle le P.E. a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu au suffrage universel, elles \u00e9taient 22,2% et Simone Veil en a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re Pr\u00e9sidente. <br \/>La culture de la parit\u00e9 y a toujours \u00e9t\u00e9 plus d\u00e9velopp\u00e9e qu\u2019ailleurs \u2013 on y reviendra sans doute cet apr\u00e8s-midi &#8211; et depuis 1994, les fran\u00e7aises sont plus de 30% des parlementaires fran\u00e7ais, 40,2% en 1999 alors que la r\u00e9forme constitutionnelle n\u2019\u00e9tait pas encore vot\u00e9e, et 43,6% depuis les derni\u00e8res \u00e9lections. La France est donc en t\u00eate derri\u00e8re la Su\u00e8de et les Pays-Bas. <br \/><br \/>-LA OU LA LOI PERMET DES ECHAPPATOIRES : <br \/><br \/>Il s\u2019agit des \u00e9lections l\u00e9gislatives qui se d\u00e9roulent au scrutin uninominal majoritaire. <br \/>Les \u00e9lections de 2002 n\u2019ont port\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale que 12,2% de femmes (contre 10,9% en 1997), ce qui place la France, par rapport aux autres pays europ\u00e9ens, \u00e0 la 19\u00e8me place. On sait que les partis politiques, notamment les grands, ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pay\u00e9 des p\u00e9nalit\u00e9s financi\u00e8res plut\u00f4t que de pr\u00e9senter 50% de candidates. Globalement, ils n\u2019en n\u2019ont pr\u00e9sent\u00e9 que 38,8%. Cette analyse est \u00e0 nuancer selon les partis, la droite \u00e9tant plus r\u00e9fractaire que la gauche sur ce point. <br \/>A titre d\u2019exemple, l\u2019UMP a pay\u00e9 4, 2 millions d\u2019euros (d\u00e9ficit de 175 candidates), le PS, 1,6 million d\u2019euros (d\u00e9ficit de 82 femmes), l\u2019UDF, 665 000 euros (d\u00e9ficit de 68 femmes). <br \/><br \/>-LA OU LA LOI NE S\u2019APPLIQUE PAS : <br \/><br \/>C\u2019est le cas des cantonales qui ne sont pas concern\u00e9es par la loi. <br \/>Je rappelle que les conseillers g\u00e9n\u00e9raux sont \u00e9lus pour six ans, avec un renouvellement par moiti\u00e9 tous les trois ans au scrutin majoritaire \u00e0 deux tours. Au dernier renouvellement de 2004, aucune femme n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue dans 18 d\u00e9partements et seulement 10,9% dans les autres ce qui porte globalement le nombre de conseill\u00e8res g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 10,4% (au lieu de 9,2% pr\u00e9c\u00e9demment). Il n\u2019y a enfin que 6 d\u00e9partements o\u00f9 elles sont plus de 20%, et 2 o\u00f9 elles sont plus de 30% (Hauts-de-Seine et Finist\u00e8re). <br \/><br \/>Apr\u00e8s ce bref panorama qui montre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que sans contrainte, l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des femmes a peu de chance d\u2019avancer dans ce pays, je vais passer la parole \u00e0 Marie-Claude Boileau qui va nous exposer les r\u00e9sultats de l\u2019enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e par Elles aussi en 2004, \u00e0 partir d\u2019un questionnaire envoy\u00e9 \u00e0 2700 femmes \u00e9lues. <br \/>Ensuite, au cours d\u2019une premi\u00e8re table-ronde, des \u00e9lues municipales au parcours et aux fonctions diverses, nous feront part de leur exp\u00e9rience et de leurs attentes, puis nous passerons \u00e0 une seconde table-ronde, r\u00e9unissant Muguette Dini, S\u00e9natrice du Rh\u00f4ne, Monique Marchal, conseill\u00e8re r\u00e9gionale d\u2019Alsace et Corinne Ferret, conseill\u00e8re r\u00e9gionale de Basse-Normandie. <br \/>L\u2019apr\u00e8s-midi sera consacr\u00e9 \u00e0 une table-ronde europ\u00e9enne o\u00f9 nos amies venues du Portugal, d\u2019Espagne, d\u2019Italie et du Danemark, nous feront part des \u00e9volutions de leur propre pays, et l\u2019on verra, qu\u2019au-del\u00e0 d\u2019une ligne de partage entre le Nord \u2013 consid\u00e9r\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement comme plus avanc\u00e9 sur cette question &#8211; et le Sud \u2013 apparemment moins avanc\u00e9, la question est plus complexe qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. <br \/><br \/><strong>ANALYSE DES R\u00c9SULTATS DE L\u2019ENQU\u00caTE R\u00c9ALIS\u00c9E PAR ELLES AUSSI EN 2004<\/strong><br \/>Par Marie-Claude Boileau <br \/>Membre du bureau national d\u2019Elles aussi <br \/><br \/><br \/>Bonjour, <br \/>Je m&rsquo;appelle Marie-Claude Boileau. Je suis membre du bureau d&rsquo;Elles aussi en qualit\u00e9 de secr\u00e9taire adjointe. Je suis \u00e9galement membre de l&rsquo;Union F\u00e9minine Civique et Sociale, et je suis d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de l&rsquo;\u00e9quipe locale de l&rsquo;UFCS de Caen. <br \/><br \/>Je vais vous parler de l&rsquo;enqu\u00eate que nous avons effectu\u00e9e \u00e0 Elles aussi aupr\u00e8s d&rsquo;\u00e9lues municipales l&rsquo;an dernier. Je voudrais associer aux remerciements les antennes locales qui ont \u00e9t\u00e9 les ma\u00eetres d&rsquo;\u0153uvre de cette enqu\u00eate et en particulier, Anne-Marie Brieux qui a \u00e9t\u00e9 responsable de ces enqu\u00eates, et Bernadette Thorez. Elles m&rsquo;ont aid\u00e9e au d\u00e9pouillement. <br \/><br \/>Un peu de m\u00e9thodologie en premier lieu, pour que vous compreniez bien. <br \/>Ce sont nous-m\u00eames, les membres du conseil d&rsquo;administration, qui avons fait les <br \/>questionnaires et qui les avons transmis aux antennes locales ; celles-ci les ont diffus\u00e9s \u00e0 leur convenance ; elles ont s\u00e9lectionn\u00e9 les personnes destinataires du questionnaire. <br \/>Elles ont recueilli les r\u00e9ponses, elles ont fait un premier d\u00e9pouillement \u00e0 partir d&rsquo;une grille que nous leur avons fournie. <br \/>Elles en ont tir\u00e9 une premi\u00e8re synth\u00e8se qu&rsquo;elles nous ont adress\u00e9e au bureau national et c&rsquo;est donc moi-m\u00eame, Bernadette, et Anne-Marie, qui avons eu l&rsquo;honneur de faire une ultime synth\u00e8se et ensuite l&rsquo;analyse. <br \/><br \/>Cette m\u00e9thodologie m&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 vous faire deux remarques pr\u00e9liminaires. <br \/>Sans d\u00e9valoriser le travail que nous avons toutes fait, il faut quand m\u00eame comprendre les limites de cette enqu\u00eate, dans la mesure o\u00f9 elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre par un institut de sondage et que, notamment au niveau du d\u00e9pouillement, nous ne disposions pas de logiciels professionnels ce qui nous a peut-\u00eatre g\u00ean\u00e9es pour faire certains recoupements qui auraient \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressants. <br \/>N\u00e9anmoins je ne veux pas nous d\u00e9valoriser ; cela a \u00e9t\u00e9 un gros travail, parfois fastidieux mais int\u00e9ressant, et surtout tr\u00e8s informatif, aussi bien au niveau local, pour savoir ce que ressentent les \u00e9lues &#8211; et je sais qu&rsquo;encore actuellement, il y a des antennes qui exploitent les r\u00e9sultats &#8211; et au niveau national aussi, puisqu&rsquo;ils vont nous donner quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion pour nos travaux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. <br \/>C&rsquo;est une enqu\u00eate d&rsquo;opinion contrairement aux statistiques nationales dont parlait Christine Villeneuve. Ce qui est int\u00e9ressant l\u00e0, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a les deux volets. <br \/>C&rsquo;est pourquoi je tiens \u00e0 remercier chaleureusement les personnes qui y ont contribu\u00e9 et \u00e0 pr\u00e9senter nos plates excuses pour les petites d\u00e9faillances techniques qui ont pu se produire au d\u00e9pouillement. <br \/><br \/>Vous avez, sur les panneaux \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la salle, les principaux r\u00e9sultats de cette enqu\u00eate visualis\u00e9s sous forme de graphiques . <br \/>Vous avez dans vos dossiers un r\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;analyse tout en sachant que les antennes locales les ont re\u00e7us dans leur int\u00e9gralit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne dernier . <br \/><br \/>Sur un total de 2043 questionnaires qui ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9s, 186 r\u00e9ponses ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9es, ce qui fait un taux de r\u00e9ponses relativement correct. <br \/>Ce qui est int\u00e9ressant, c&rsquo;est que les r\u00e9ponses nous sont parvenues de toute la France, ce qui donne une certaine valeur \u00e0 notre \u00e9chantillon. <br \/>D&rsquo;autre part, les femmes qui ont r\u00e9pondu \u00e9taient \u00e0 60 % des nouvelles \u00e9lues, c&rsquo;est \u00e0 dire tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment celles qui nous int\u00e9ressent plus particuli\u00e8rement aujourd&rsquo;hui. <br \/>Il faut noter qu&rsquo;un peu plus de la moiti\u00e9 d&rsquo;entre elles venaient du milieu rural ou semi rural, c&rsquo;est \u00e0 dire des communes o\u00f9 la loi sur la parit\u00e9 ne s&rsquo;appliquait pas de mani\u00e8re obligatoire, et on a donc l\u00e0, en partie, la d\u00e9monstration et la confirmation de ce que disait Christine de l&rsquo;effet d&rsquo;entra\u00eenement qu&rsquo;a pu avoir la loi sur la parit\u00e9 qui a permis un renouvellement certain et une f\u00e9minisation incontestable des Conseils municipaux. <br \/><br \/><br \/>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur le fond de l&rsquo;enqu\u00eate, dans leur tr\u00e8s grosse majorit\u00e9, les personnes qui nous ont r\u00e9pondu nous ont dit \u00e0 80 %, que la loi sur la parit\u00e9 n&rsquo;a pas eu d&rsquo;influence sur leur d\u00e9cision d&rsquo;\u00eatre candidate. <br \/>C&rsquo;est important, mais cela appelle deux observations : elles ont sans doute voulu dire qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas fait acte de candidature d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, en raison de l&rsquo;application de la loi sur la parit\u00e9, mais bien davantage, parce qu&rsquo;elles avaient l&rsquo;intention de faire aboutir des projets ; et de cela nous ne pouvons que nous r\u00e9jouir. <br \/>En tant que membre de l\u2019UFCS, j&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 des formations de candidates municipales et c&rsquo;est vrai que lorsqu&rsquo;on discutait avec elles, on leur disait souvent : \u00ab C&rsquo;est dommage de se pr\u00e9senter soit contre quelqu&rsquo;un, soit contre quelque chose, soit sans avoir un projet. Ce qui est important c&rsquo;est d&rsquo;avoir un projet d&rsquo;avenir pour votre commune \u00bb. <br \/>Donc on est tout \u00e0 fait dans cette probl\u00e9matique. <br \/>N\u00e9anmoins, et on en parlera aujourd&rsquo;hui, il y a fort \u00e0 parier que sans la loi sur la parit\u00e9, beaucoup d&rsquo;entre elles n&rsquo;auraient pas pu se pr\u00e9senter. On est bien toutes d&rsquo;accord l\u00e0 dessus. M\u00eame dans les communes o\u00f9 la loi ne s&rsquo;appliquait pas. <br \/>Il y a eu une pression de l&rsquo;opinion qui a fait que les t\u00eates de liste, souvent masculines, n&rsquo;ont quand m\u00eame pas os\u00e9 pr\u00e9senter des listes enti\u00e8rement masculines. <br \/>La confirmation de cette analyse est faite dans la r\u00e9ponse \u00e0 la question de l&rsquo;enqu\u00eate \u00ab Avez vous \u00e9t\u00e9 candidate \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9lections ? \u00bb Que constatons-nous ? <br \/>M\u00eame si, et pour cause &#8211; puisqu&rsquo;on a vu que plus de 50 % de ces femmes sont toutes nouvelles en politique &#8211; elles ont \u00e9t\u00e9 peu nombreuses a \u00eatre candidates \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9lections, lorsqu&rsquo;elles l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9, elles ont \u00e9t\u00e9 plus nombreuses \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 candidates aux \u00e9lections r\u00e9gionales. Cela para\u00eet logique, puisqu&rsquo;aux r\u00e9gionales il y avait plus de postes \u00e0 pourvoir par d\u00e9finition, et que la loi sur la parit\u00e9 s&rsquo;appliquait, ce qui a facilit\u00e9 les candidatures, et enfin, il est sans doute plus <br \/>facile et plus efficace pour une femme relativement novice (et pour un homme aussi <br \/>d&rsquo;ailleurs), de s&rsquo;int\u00e9grer dans une liste que de se pr\u00e9senter seule, et d&rsquo;appr\u00e9cier le soutien d&rsquo;une \u00e9quipe et d&rsquo;un parti politique, puisque contrairement aux \u00e9lections municipales, pour les r\u00e9gionales, l&rsquo;investiture d&rsquo;une liste par un parti politique est quasiment la r\u00e8gle. <br \/><br \/>Justement nous y voil\u00e0, l&rsquo;appartenance \u00e0 un parti politique ! <br \/>Cela sera l&rsquo;objet de ma troisi\u00e8me remarque. <br \/>Apparemment l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 un parti politique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 le premier r\u00e9flexe des \u00e9lues municipales, nouvelles ou non. Elles se sont d&rsquo;abord beaucoup plus impliqu\u00e9es dans la vie associative \u00e0 une grosse majorit\u00e9, 61,3 %. En tant que responsables d&rsquo;associations nous avons toujours su que les associations \u00e9taient le premier pas vers la vie politique. <br \/>Souvent, lorsque l\u2019on est responsable dans une association, on se rend compte que pour faire aboutir ses projets, il faut rentrer dans le s\u00e9rail politique et l\u2019on nous a souvent dit \u00ab On est au Conseil municipal, on est adjointe, et on se rend compte que \u00e7a n&rsquo;est pas suffisant, qu&rsquo;il faut passer l&rsquo;\u00e9tape suivante, s&rsquo;engager encore plus, soit vers le Conseil g\u00e9n\u00e9ral, soit vers le Conseil r\u00e9gional \u00bb. <br \/>Nous avions d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 &#8211; pour celles qui \u00e9taient l\u00e0 au pr\u00e9c\u00e9dent colloque pour le dixi\u00e8me anniversaire d\u2019Elles aussi &#8211; cette r\u00e9ticence des femmes \u00e0 aller dans un parti politique. <br \/>Certaines l&rsquo;avaient regrett\u00e9. <br \/>Cette attitude est-elle un frein \u00e0 la progression et \u00e0 la place des femmes en politique ? La progression dans les cursus politiques, collectivement, l&rsquo;avanc\u00e9e de certains projets ne n\u00e9cessitent-elles pas une int\u00e9gration dans un parti ? Nous en rediscuterons encore aujourd&rsquo;hui. A noter quand m\u00eame, pour mettre un b\u00e9mol \u00e0 cette r\u00e9flexion, 50 % des r\u00e9ponses \u00e9manaient de femmes \u00e9lues dans des communes de moins de 3500 habitants, ceci pouvant expliquer cela. <br \/>C&rsquo;est vrai qu&rsquo;en milieu rural, on s&rsquo;engage moins dans un parti politique. Mais dans ce cas, et c&rsquo;est une question que je pose, les partis politiques n&rsquo;ont-ils pas eux aussi une r\u00e9flexion \u00e0 faire, une mise en cause quant \u00e0 leur implantation ? Est-ce qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 attirer plus de femmes dans ces communes-l\u00e0, et \u00e0 aller chercher les femmes l\u00e0 o\u00f9 elles sont ? <br \/>On les entend souvent se plaindre et dire \u00ab Des femmes, on en voudrait bien mais on n&rsquo;en trouve pas ! \u00bb. Ce que je mets un peu en doute. <br \/><br \/>Quatri\u00e8me et derni\u00e8re remarque : vous verrez sur les panneaux que nous avons mis en valeur, les motifs de satisfaction que connaissent les femmes dans le cadre de leur mandat ainsi que leurs difficult\u00e9s. <br \/>En ce qui concerne les motifs de satisfaction, sont largement pl\u00e9biscit\u00e9s le sentiment d&rsquo;am\u00e9liorer la vie des citoyens de sa commune et la mise \u00e0 disposition de ses comp\u00e9tences, ce qui est la m\u00eame chose mais c\u2019est un peu plus personnel. <br \/>Pour la mise \u00e0 disposition de ses comp\u00e9tences au service de ses concitoyens, bravo ! On en attendait pas moins, on sait combien les femmes sont g\u00e9n\u00e9reuses ! C&rsquo;est tr\u00e8s bien ! <br \/><br \/>Mais comme je suis perspicace, je me dis \u00ab Est-ce que par hasard elles n&rsquo;oseraient pas tout simplement savourer le plaisir qu&rsquo;elles \u00e9prouvent pour elles-m\u00eames \u00e0 r\u00e9ussir dans un projet ou l&rsquo;envie de faire une carri\u00e8re ? \u00bb. Et je ne vois pas en quoi on n&rsquo;oserait pas le dire. <br \/>Est-ce que par hasard, on ne serait pas encore un peu dans les vieux sch\u00e9mas ? Et est-ce qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas, aussi l\u00e0, une interrogation, un reste de la d\u00e9valorisation de la politique en g\u00e9n\u00e9ral ? Est-ce que \u00e7a ne passe pas par une revalorisation, \u00e9voqu\u00e9e par Christine, de l&rsquo;image de la politique ? <br \/>En revanche, en t\u00eate de leurs difficult\u00e9s, elles citent la difficult\u00e9 de tout concilier : le travail, la famille, l&rsquo;engagement\u2026 et ce qui en est une composante, les horaires de r\u00e9union mal adapt\u00e9s. Ce souci de vouloir tout r\u00e9ussir &#8211; t\u00e2che oh combien difficile ! &#8211; source de culpabilit\u00e9, est bien f\u00e9minin parce que nous l&rsquo;avons rencontr\u00e9 lors de la formation de candidates. <br \/>Quand on en a discut\u00e9 avec les hommes, m\u00eame s&rsquo;il y en a qui ont ce m\u00eame souci, ils sont beaucoup moins nombreux. <br \/>C&rsquo;est tr\u00e8s important parce qu&rsquo;on touche l\u00e0, \u00e0 l&rsquo;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et je dirais m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise o\u00f9 le taux d&rsquo;activit\u00e9 professionnelle f\u00e9minine est le plus \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;Europe ; 81 % des femmes entre 25 et 49 ans sont en activit\u00e9 professionnelle et ce chiffre a augment\u00e9 de 30 % en vingt ans. <br \/>On touche au temps des villes, \u00e0 la gestion du temps, au partage des t\u00e2ches dans la vie familiale\u2026. Nous avons de quoi discuter et particuli\u00e8rement avec les femmes europ\u00e9ennes. <br \/><br \/>Pour conclure, ce qui m&rsquo;a sembl\u00e9 tout \u00e0 fait positif et cela m&rsquo;a bien fait plaisir, c&rsquo;est que dans l&rsquo;ensemble, les femmes se plaignent beaucoup moins de ne pas \u00eatre reconnues comme des \u00e9lues \u00e0 part enti\u00e8re. Cela veut dire qu&rsquo;elles r\u00e9ussissent pour la plupart \u00e0 s&rsquo;affirmer dans l&rsquo;exercice de leur mandat et dans leur fonction d&rsquo;\u00e9lue. <br \/>Nous allons v\u00e9rifier tout cela aujourd&rsquo;hui, nous essaierons de nous projeter dans l&rsquo;avenir pour r\u00e9pondre aux attentes de toutes ces femmes qui ont fait le choix tr\u00e8s courageux de se mettre au service de leurs concitoyens. <br \/>Je voudrais encore remercier les antennes qui ont contribu\u00e9 \u00e0 ce travail. <br \/>Je voudrais vous dire que parfois, j&rsquo;ai l&rsquo;impression, en faisant mon expos\u00e9, d&rsquo;enfoncer des portes ouvertes, parce qu&rsquo;on sait qu&rsquo;en faisant des enqu\u00eates, on v\u00e9rifie la plupart du temps des choses que l&rsquo;on sait d\u00e9j\u00e0\u2026 Il fallait n\u00e9anmoins le faire. <br \/>Nous verrons au travers des tables rondes si le sentiment des \u00e9lues est partag\u00e9. <br \/>Je vous remercie de votre attention. <br \/>Christine Villeneuve <br \/>Pour compl\u00e9ter les propos de Marie-Claude Boileau, et avant de passer \u00e0 la premi\u00e8re table ronde, je voulais dire qu&rsquo;en France, non seulement les femmes ont un taux d&rsquo;activit\u00e9 professionnelle tr\u00e8s important, mais elles ont \u00e9galement un taux de f\u00e9condit\u00e9 qui est l&rsquo;un des plus importants d&rsquo;Europe, ce qui veut dire que les femmes r\u00e9ussissent bien \u00e0 concilier les diff\u00e9rents aspects de leur vie \u2013 en tout cas mieux qu\u2019ailleurs &#8211; ; on a sans doute d\u00e9velopp\u00e9 en France un mod\u00e8le f\u00e9ministe un peu diff\u00e9rent qui permet justement cette conciliation, en tout cas, un mod\u00e8le qui n\u2019emp\u00eache pas les femmes de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, et m\u00eame si ce n &lsquo;est pas suffisant, nous avons un syst\u00e8me social qui les aide. <br \/><br \/>Je voudrais juste, sur la question de ce qu&rsquo;on sait mais qu&rsquo;on a toujours int\u00e9r\u00eat \u00e0 entendre, \u00e9voquer un sondage r\u00e9alis\u00e9 par BVA en mars 2005 ; il montre qu&rsquo;en effet, le monde politique a une image n\u00e9gative mais que pour la transformer, cela passe par l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes ; les fran\u00e7ais font davantage confiance aux associations de droits des femmes \u00e0 46% pour y arriver, aux femmes politiques elles-m\u00eames \u00e0 38%, plut\u00f4t qu&rsquo;aux partis politiques qui ne sont qu&rsquo;\u00e0 18 %, et aux m\u00e9dias \u00e0 25%. <br \/>Les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes \u00e0 faire confiance aux associations f\u00e9ministes, elles sont 52% contre 40% d&rsquo;hommes ; elles sont aussi plus nombreuses \u00e0 faire moins confiance aux partis, 15 % contre 22 % pour les hommes. <br \/>Enfin et surtout, et c&rsquo;est cela qui est int\u00e9ressant pour la question de l&rsquo;avenir et des g\u00e9n\u00e9rations futures, c&rsquo;est que, quand on pose la question \u00ab quelle est votre inclinaison \u00e0 voir votre enfant entrer en politique ? \u00bb, alors qu&rsquo;ils en ont une image n\u00e9gative, la r\u00e9ponse positive est de 14 points sup\u00e9rieurs quand l&rsquo;enfant en question est une fille ; cela veut dire qu&rsquo;il y a en France aujourd&rsquo;hui, culturellement, un d\u00e9sir de parit\u00e9 et la conscience que la modernisation et la transformation de l&rsquo;image des politiques passent par la parit\u00e9.<\/p><p><br \/><br \/><strong>TABLE-RONDE AVEC DES \u00c9LUES MUNICIPALES<\/strong><br \/>Christine Coimbault, Maire de Saint-Georges-sur-Eure (Eure), mod\u00e9ratrice, <br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux, adjointe au Maire de Questembert (Morbihan) <br \/>Reine Mataix, Maire-adjointe \u00e0 Ecully (Rh\u00f4ne) <br \/>Sophie Raiti\u00e8re, Conseill\u00e8re municipale \u00e0 La Chevroli\u00e8re (Loire-Atlantique) <br \/>Fran\u00e7oise Ramond, Maire d\u2019Epernon, <br \/>Pr\u00e9sidente de la communaut\u00e9 de communes du Val-Drouette (Eure-et-Loire) <br \/><br \/>Christine Coimbault <br \/>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous. <br \/>Aujourd&rsquo;hui nous sommes l\u00e0 pour faire le bilan des parcours de nos mandats. <br \/>Je me pr\u00e9sente ; je suis Christine Coimbault, Maire de Saint-Georges-sur-Eure, commune de 2500 habitants qui n&rsquo;est dons pas touch\u00e9e par la loi sur la parit\u00e9, et premi\u00e8re vice-pr\u00e9sidente d&rsquo;une communaut\u00e9 de communes o\u00f9 un tiers des vice-pr\u00e9sidentes sont des femmes. <br \/><br \/>Reine Mataix <br \/>Je suis Maire adjointe, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urbanisme d&rsquo;une commune de 19 000 habitants. <br \/><br \/>Sophie Raiti\u00e8re <br \/>Je suis conseill\u00e8re municipale depuis 2001 dans une municipalit\u00e9 de moins de 5000 habitants et de plus de 3500, dans une communaut\u00e9 urbaine de Nantes, dans l&rsquo;Ouest. <br \/><br \/>Marie Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>Je suis adjointe au Maire de Questembert, une commune de 6500 habitants dans le Morbihan. <br \/>Je suis \u00e9lue depuis 1989, conseill\u00e8re municipale jusqu&rsquo;en 1995, et adjointe depuis 1995. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Je suis Maire d&rsquo;Epernon en Eure-et-Loire, 5500 habitants, commune concern\u00e9e par la parit\u00e9. Je suis \u00e9galement Pr\u00e9sidente de la communaut\u00e9 de communes du Val-Drouette, 11 000 <br \/>habitants. <br \/><br \/>Premi\u00e8re Question : comment \u00eates-vous, chacune, arriv\u00e9es en politique ? Par quel milieu ? <br \/>Milieu associatif ? Est-ce des choix familiaux ? <br \/><br \/>Sophie Raiti\u00e8re <br \/>J&rsquo;avais un int\u00e9r\u00eat depuis assez longtemps, puisque cela doit remonter \u00e0 mes premi\u00e8res ann\u00e9es universitaires, un d\u00e9sir d\u2019investissement pour quelque chose qui me rendrait un peu plus actrice dans la vie quotidienne et dans la vie politique. J&rsquo;ai eu ensuite l&rsquo;occasion de vivre dans un pays o\u00f9 le r\u00e9gime politique \u00e9tait quelque peu totalitaire, o\u00f9 le droit \u00e0 la parole n&rsquo;existait pas, et o\u00f9 la place de la femme \u00e9tait peu ou pas existante, et surtout elle n\u2019\u00e9tait pas l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme. <br \/>Je crois que toutes ces choses, mises bout \u00e0 bout \u00e0 un moment, me sont apparues comme \u00e9tant \u00e9videntes, comme une maturit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eats et d&rsquo;investissements, tout en sachant que venant de d\u00e9m\u00e9nager dans cette proche p\u00e9riph\u00e9rie de Nantes, je n&rsquo;avais pas de r\u00e9seau, et les associations dans lesquelles je pouvais m&rsquo;\u00eatre engag\u00e9e jusque-l\u00e0, n&rsquo;\u00e9taient plus locales. Je me sentais quelque peu isol\u00e9e. <br \/><br \/>J&rsquo;ai eu la chance de rencontrer dans ma commune des femmes qui organisaient un forum sur <br \/>la parit\u00e9. J\u2019ai pu y assister. <br \/>Il y avait des tables rondes au cours de cette journ\u00e9e. Je suis all\u00e9e me pr\u00e9senter pour dire que j&rsquo;\u00e9tais int\u00e9ress\u00e9e, que je pourrai faire partie d&rsquo;un r\u00e9seau, que j&rsquo;\u00e9tais disponible si on avait besoin de moi pour \u00eatre secr\u00e9taire ou pour distribuer des papiers\u2026 rentrer par la petite porte parce que, on a toujours l&rsquo;impression qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de comp\u00e9tences et que lorsqu\u2019on n&rsquo;est pas connue\u2026 la chose politique est tellement \u00e9loign\u00e9e !!! <br \/>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s rapidement accueillie dans une liste qui essayait de briguer la mairie de La Chevroli\u00e8re, et je crois que sans cette loi sur la parit\u00e9 et sans ce forum, je n&rsquo;aurais jamais os\u00e9 faire la d\u00e9marche de me pr\u00e9senter et de me dire que moi aussi, je pouvais avoir les comp\u00e9tences pour \u00eatre plus actrice dans la vie quotidienne de ma commune. <br \/><br \/>Je suis dans une liste d&rsquo;opposition, non majoritaire au Conseil municipal. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est int\u00e9ressant parce que cela me permet de faire mes armes. Quand on est novice et quand on arrive dans une municipalit\u00e9, il y a tellement de choses \u00e0 savoir, \u00e0 conna\u00eetre de fa\u00e7on explicite et implicite. Il y a toujours ce qu&rsquo;on voit et ce qu&rsquo;on comprend, et ce qu&rsquo;il faut appr\u00e9hender en \u00e9tant dans une commune, la petite et la grande histoire\u2026 <br \/>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, notre action de groupe sur le terrain est limit\u00e9e, puisque nous n\u2019avons aucun pouvoir de d\u00e9cision. Et ma pr\u00e9sence en tant que femme n\u2019ajoute pas de pouvoir \u00e0 ce groupe ! Nous n\u2019avons qu\u2019un r\u00f4le consultatif et encore ! Quand on l\u00e8ve la main, en g\u00e9n\u00e9ral ce n\u2019est jamais pris en compte en totalit\u00e9. <br \/><br \/>On voit bien actuellement \u00e0 mi-mandat, la difficult\u00e9 d&#8217;emmener d&rsquo;autres femmes dans cette aventure. Une \u00e9ch\u00e9ance approche, il va falloir se mobiliser. <br \/>L\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;habite, il y a un historique de milieu rural, et les femmes jeunes sont occup\u00e9es \u00e0 la fois par leur travail et par leurs enfants. Il faut les persuader qu&rsquo;elles peuvent entrer dans la vie locale et dans la vie politique, pas par la petite porte, elles ont toutes leur place \u00e0 prendre. <br \/><br \/>J&rsquo;appartiens \u00e0 une liste o\u00f9 les hommes ont laiss\u00e9 de la place, mais il faut la prendre. <br \/>Ils laissent la place parce qu&rsquo;ils y sont oblig\u00e9s, mais il faut quand m\u00eame s\u2019affirmer et d\u00e9montrer qu&rsquo;on n&rsquo;est pas l\u00e0 uniquement pour s\u2019occuper de l&rsquo;action sociale et des personnes \u00e2g\u00e9es, mais qu&rsquo;on peut participer \u00e0 d&rsquo;autres commissions : les appels d&rsquo;offres, la voirie\u2026; ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est une femme, qu&rsquo;on doit s&rsquo;occuper obligatoirement et uniquement de \u00ab la petite enfance et des personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb. <br \/>Ma situation est particuli\u00e8re parce que je suis dans l&rsquo;opposition et que je n&rsquo;ai pas la possibilit\u00e9 de mettre en \u0153uvre toute l&rsquo;action que j\u2019aimerais bien pouvoir r\u00e9aliser. <br \/><br \/>Reine Mataix <br \/>Moi, je pense que cela vient de tr\u00e8s loin, de mon \u00e9ducation. <br \/>Aujourd&rsquo;hui, on parle beaucoup d&rsquo;abstention et moi, j&rsquo;avais des parents qui n&rsquo;\u00e9taient pas sp\u00e9cialement impliqu\u00e9s dans des partis politiques mais qui ne manquaient pas un jour de vote, pour toutes les \u00e9lections. Il y avait ce devoir citoyen qu&rsquo;on m&rsquo;a appris tr\u00e8s t\u00f4t. <br \/>J&rsquo;ai fait des \u00e9tudes d&rsquo;\u00e9conomie qui n&rsquo;ont fait que conforter mon engagement soci\u00e9tal. <br \/>Ensuite je me suis engag\u00e9e dans les associations ; je me dis que quitte \u00e0 \u00eatre l\u00e0, c&rsquo;est peut-\u00eatre bien d&rsquo;\u00eatre utile, et donc de s&rsquo;engager et de voir ce que l&rsquo;on peut faire. On fait parfois de toutes petites choses, mais c&rsquo;est toujours cela d&rsquo;acquis. <br \/>Mon engagement associatif est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s ancien. Quand j&rsquo;\u00e9tais jeune \u00e9tudiante, j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 un r\u00f4le pour mobiliser tout le monde parce que je trouvais qu&rsquo;il y avait des choses qui n&rsquo;allaient pas et qu&rsquo;il fallait les changer, \u00e7a vient de tr\u00e8s loin. <br \/>Comment suis-je concr\u00e8tement entr\u00e9e en politique ? <br \/>Tout simplement parce que j&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9sidente d&rsquo;association, et un homme politique du Rh\u00f4ne qui s&rsquo;appelle Andr\u00e9 Soulier, est venu me chercher en 1992, parce qu&rsquo;il y avait un peu de r\u00e9bellion et il avait d\u00e9cid\u00e9 de faire une liste dissidente de son parti. Je l&rsquo;ai suivi parce qu&rsquo;il me paraissait convaincu et convainquant et \u00e0 partir de l\u00e0, je suis entr\u00e9e v\u00e9ritablement en politique. <br \/>J&rsquo;ai pris une carte et depuis je suis toujours dans un parti politique. <br \/><br \/>Pour ce qui concerne l&rsquo;\u00e9lection de 2001, bien entendu j&rsquo;\u00e9tais sensibilis\u00e9e au mouvement des femmes, j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 des forums. <br \/>Il faut dire aussi qu&rsquo;\u00e9tant dans le Rh\u00f4ne, j&rsquo;ai quand m\u00eame des mod\u00e8les ; je pense \u00e0 Muguette Dini qui est ici pr\u00e9sente et cela aussi aide. Il faut vraiment le dire. Nina Afanassieff a jou\u00e9 aussi un grand r\u00f4le. Elles m&rsquo;ont confort\u00e9e dans mes choix et dans mes engagements. <br \/>En 2001, j&rsquo;ai men\u00e9 une liste aux c\u00f4t\u00e9s du maire actuel. Nous nous sommes battus parce que nous \u00e9tions dans un combat politique tr\u00e8s dur et tr\u00e8s serr\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait un combat droite\/droite. Ce sont des combats difficiles \u00e0 gagner. Ce fut une premi\u00e8re exp\u00e9rience o\u00f9 v\u00e9ritablement j&rsquo;ai \u0153uvr\u00e9. Il fallait travailler jour et nuit dans cette campagne, et nous avons mis deux ans pour r\u00e9aliser un plan de campagne tout \u00e0 fait organis\u00e9, structur\u00e9. <br \/>Nous n\u2019avions qu&rsquo;une seule et unique volont\u00e9 : faire partir le maire en place puisqu&rsquo;il ne nous convenait pas sur les engagements qu&rsquo;il avait pris. J&rsquo;ai appris ce qu&rsquo;\u00e9tait v\u00e9ritablement construire une campagne pour gagner une \u00e9lection. <br \/>Ensuite, j&rsquo;ai d\u00fb me battre parce que je suis une femme et que, quand on fait en politique des unions avec d&rsquo;autres tendances pour rassembler dit-on &#8211; parce que c&rsquo;est comme cela qu&rsquo;on gagne en politique, en rassemblant &#8211; et bien, de temps en temps, il faut savoir faire des concessions, et savoir laisser sa place. J&rsquo;ai laiss\u00e9 la place de premi\u00e8re adjointe, mais j&rsquo;ai revendiqu\u00e9 la place de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urbanisme ; c&rsquo;\u00e9tait cela ou rien du tout. <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>Je ne vais pas \u00eatre tr\u00e8s originale, mais cela est d\u00fb \u00e0 mon \u00e9ducation \u00e9galement. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;\u00eatre n\u00e9e dans une famille o\u00f9 il y avait sept filles avant moi et un gar\u00e7on. C&rsquo;\u00e9tait loin d&rsquo;\u00eatre la parit\u00e9 ! J&rsquo;avais des s\u0153urs tr\u00e8s engag\u00e9es. <br \/>Je pense que cela doit \u00eatre particulier \u00e0 la Bretagne, il y avait une association tr\u00e8s influente et tr\u00e8s forte qui a r\u00e9volutionn\u00e9 notre monde agricole, la J.A.C., la Jeunesse Agricole Catholique, o\u00f9 vraiment on \u00e9tait engag\u00e9 pour transformer notre monde agricole. <br \/>Les gens \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n&rsquo;avaient pas beaucoup d&rsquo;\u00e9ducation, ils n&rsquo;avaient pas un niveau intellectuel \u00e9lev\u00e9, des dipl\u00f4mes. L\u2019association proposait des stages de culture g\u00e9n\u00e9rale, des formations, des r\u00e9unions. C&rsquo;\u00e9tait ph\u00e9nom\u00e9nal. <br \/><br \/>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 baign\u00e9e d\u00e8s l&rsquo;enfance dans ce milieu puisque j&rsquo;avais mes s\u0153urs et mon fr\u00e8re engag\u00e9s l\u00e0. Toute jeune, j&rsquo;ai vu autour de moi l&rsquo;engagement, vouloir faire changer le monde l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on \u00e9tait, vouloir le faire \u00e9voluer. J&rsquo;ai repris le flambeau. Mon premier engagement a \u00e9t\u00e9 dans les associations catholiques. Pour moi, cela a \u00e9t\u00e9 un tremplin. La vie associative est un tremplin. On commence souvent par l\u00e0 pour se lancer dans la vie politique. L\u00e0, cela coulait de source, tout cet engagement pour vouloir changer le monde, le rendre meilleur, plus juste vers la politique. <br \/><br \/>En 1989 j&rsquo;ai rejoint une liste \u00e0 Questembert. C&rsquo;\u00e9tait mon premier appel en politique. J&rsquo;ai dit oui tout de suite. J&rsquo;avais envie de m&rsquo;impliquer un petit peu plus dans la vie de mes concitoyens et concitoyennes. Faire en sorte que la vie soit meilleure l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais. <br \/>Comme Sophie Raiti\u00e8re, je me suis retrouv\u00e9e dans l&rsquo;opposition et je sais que ce n&rsquo;est pas un r\u00f4le tr\u00e8s int\u00e9ressant parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de possibilit\u00e9 de d\u00e9cision. L\u00e0, les relations n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s agr\u00e9ables, comme tous ceux qui sont dans l&rsquo;opposition le constatent. <br \/>Sont arriv\u00e9es les \u00e9lections de 1995, et en m\u00eame temps la r\u00e9alisation de tous les forums d&rsquo;Elles aussi. C&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai fait la connaissance d&rsquo;Elles aussi. <br \/><br \/>Comme dans mon engagement dans la vie associative, on a besoin de se retrouver avec d&rsquo;autres parce que seule, on ne peut pas grand chose, on a besoin de travailler avec d&rsquo;autres pour faire changer les choses. <br \/><br \/>J&rsquo;ai naturellement gliss\u00e9 vers l&rsquo;engagement dans un parti politique, parce que l\u00e0 aussi, sans appartenance \u00e0 un parti politique, j&rsquo;avais l&rsquo;impression de rester sur le bord du chemin ; tous les autres se retrouvaient, avaient un projet ensemble, avaient des d\u00e9cisions communes qui partaient de la base et qu&rsquo;ils faisaient remonter au niveau national, r\u00e9gional. <br \/>Donc, tout de suite, j&rsquo;ai adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 un parti politique avec imm\u00e9diatement des r\u00e9flexions, entreautres celles de mon mari : \u00ab Tu ne vas plus \u00eatre libre \u00bb, \u00ab Tu as le fil \u00e0 la patte \u00bb alors que non, pas du tout. Nous, les femmes, nous avons une place \u00e0 tenir dans les partis politiques. L\u00e0 aussi, on peut faire \u00e9voluer les choses, changer les choses. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Je vais r\u00e9pondre \u00e0 la question \u00ab comment suis-je devenue Maire ? Qu&rsquo;est-ce qui m&rsquo;a incit\u00e9e \u00e0 m&rsquo;engager dans cette voie ? <br \/>Je dirais trois raisons : <br \/>La premi\u00e8re, et l\u00e0 je vous rejoins tout \u00e0 fait, j&rsquo;ai eu un grand-p\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 maire pendant trente ou quarante ans dans le Jura, et je crois qu&rsquo;il y a un atavisme, et, il y a le fait qu&rsquo;on est baign\u00e9, berc\u00e9 par cette responsabilit\u00e9. <br \/>Ma grand-m\u00e8re le disait &#8211; heureusement \u00e7a n&rsquo;existe plus maintenant &#8211; mais les administr\u00e9s d\u00e9barquaient chez lui tout le temps. Heureusement que cela s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9. <br \/><br \/>La deuxi\u00e8me raison, mon implication dans le mouvement de la parit\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, pratiquement \u00e0 la fondation d&rsquo;Elles aussi en 1992 et le fait que Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Action Catholique G\u00e9n\u00e9rale F\u00e9minine, nous faisions partie des fondatrices de ce mouvement. <br \/>Le mouvement de la parit\u00e9 \u00e9tait bien enracin\u00e9 dans la r\u00e9flexion de l&rsquo;ACGF depuis je ne sais combien de d\u00e9cennies, pratiquement depuis sa fondation en 1901. <br \/>Cette implication dans un mouvement de femmes qui r\u00e9fl\u00e9chit depuis tr\u00e8s longtemps \u00e0 la place des femmes en politique, entre autres (le mouvement Action catholique G\u00e9n\u00e9rale F\u00e9minine n&rsquo;a pas fait que cela), cela permet de m\u00fbrir des d\u00e9cisions. <br \/><br \/>La troisi\u00e8me raison est qu&rsquo;en 1994, le mouvement Elles aussi a d\u00e9cid\u00e9 de faire des forums \u00ab\u00a0Pourquoi pas conseill\u00e8res municipales ?\u00a0\u00bb <br \/>Je n\u2019\u00e9tais rien du tout, j&rsquo;ignorais tout, \u00e0 la limite je vais vous dire, je travaillais \u00e0 Paris \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, quand on entendait les gens parler de la politique dans le train, on avait plut\u00f4t envie de fuir que d&rsquo;entrer dans les Conseils municipaux. <br \/>Il faut s&rsquo;accrocher quand on entend ce qu&rsquo;on entend dans le train sur la politique ! <br \/>Mais pouss\u00e9e par les \u00e9lues qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Elles aussi, je me suis dit qu\u2019il fallait bien que nous fassions nous aussi un forum en Eure-et-Loire. <br \/><br \/>Pour faire ce forum, parce qu&rsquo;on d\u00e9marrait de z\u00e9ro, je suis all\u00e9e voir le maire en place \u00e0 Epernon, qui \u00e9tait en plus conseiller g\u00e9n\u00e9ral, et j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 lui demander de l&rsquo;argent pour nous aider \u00e0 monter ce forum. <br \/>Avec ce type de d\u00e9marche, on entre en contact avec des \u00e9lus et on se rend compte petit \u00e0 petit que c&rsquo;est fort int\u00e9ressant et qu&rsquo;il y a un challenge \u00e0 relever et un risque \u00e0 prendre. <br \/>Voil\u00e0 pourquoi j&rsquo;en suis l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;en suis. <br \/>Le bilan de cette activit\u00e9 depuis 1995, je le ferai apr\u00e8s. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond, justement puisque vous \u00eates maire, qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 votre difficult\u00e9 \u00e0 constituer une liste paritaire? <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Je n&rsquo;ai pas eu de difficult\u00e9s. Je n&rsquo;en ai pas eu dans le sens o\u00f9 une liste se pr\u00e9pare longtemps \u00e0 l&rsquo;avance, et dans la mesure o\u00f9 le maire pr\u00e9c\u00e9dent ne se repr\u00e9sentait pas, il a facilit\u00e9 toutes les d\u00e9marches pour qu&rsquo;il y ait une liste paritaire. <br \/>D&rsquo;autre part, \u00e9tant \u00e0 Elles aussi, pr\u00e9sidente sur le plan national d&rsquo;une association qui se bat pour la parit\u00e9, les hommes et les femmes qui sont venus avec moi sur la liste connaissaient l&rsquo;enjeu et ont jou\u00e9 le jeu. <br \/>Ce que je peux dire \u00e9galement, c&rsquo;est qu&rsquo;une liste paritaire demande un ex\u00e9cutif paritaire. Il faut \u00eatre logique jusqu&rsquo;au bout. <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux, comment vit-on son passage de conseill\u00e8re d&rsquo;opposition \u00e0 votre poste aujourd&rsquo;hui ? <br \/><br \/>Marie Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue gr\u00e2ce \u00e0 la parit\u00e9 puisque la loi sur la parit\u00e9 n&rsquo;existait pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Je dois dire, au grand dam de certaines qui ne vont sans doute pas comprendre pourquoi je r\u00e9agissais comme cela, je n&rsquo;\u00e9tais pas pour la parit\u00e9, je trouvais \u00e7a humiliant pour les femmes d&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9es de passer par des quotas et par une loi. <br \/>Je me disais: \u00ab Il faut que les femmes le veuillent et y aillent, et bon sang, on n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;une loi pour cela ! \u00bb. <br \/>Et apr\u00e8s je me suis dit qu&rsquo;heureusement qu&rsquo;il y a eu la loi sur la parit\u00e9 ! Parce que cela fait prendre conscience aux femmes qu&rsquo;elles peuvent s&rsquo;engager en politique. <br \/>J&rsquo;ai bien vu qu&rsquo;en 1989 lorsque j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 des femmes de venir avec nous sur cette liste, certaines disaient: \u00ab Moi? Demande \u00e0 mon mari, moi, je n&rsquo;en suis pas capable! \u00bb.Toujours le m\u00eame refrain : \u00ab Je ne suis pas capable \u00bb, \u00ab Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;instruction \u00bb, \u00ab Je n&rsquo;ai pas le temps \u00bb. <br \/>Alors que les hommes ne se posent jamais cette question, ils sont toujours capables. <br \/>Donc beaucoup de femmes n&rsquo;ont pas voulu franchir ce pas en 1989. <br \/>J&rsquo;y suis retourn\u00e9e en 1995, et l\u00e0, des femmes ont dit oui. <br \/>En 2001, cela a \u00e9t\u00e9 encore plus \u00e9vident, les femmes \u00e9taient plus volontaires, parce que la loi \u00e9tait pass\u00e9e par l\u00e0. Parce que, \u00e0 force de dire que nous sommes capables nous aussi\u2026, il faut que nous soyons l\u00e0. On repr\u00e9sente la moiti\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9, la moiti\u00e9 des citoyens. <br \/>En 2001 cela a \u00e9t\u00e9 relativement facile. <br \/><br \/>En 1989, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;\u00e9lue sur la liste d\u2019opposition, cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile \u00e0 vivre, une premi\u00e8re exp\u00e9rience difficile \u00e0 assumer pour notre \u00e9quipe. Nous avions pr\u00e9par\u00e9 les \u00e9lections ensemble. Nous avions pr\u00e9par\u00e9 un projet qui est tomb\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau en quelque sorte. <br \/>Six ans de frustration, puis sont arriv\u00e9es les \u00e9lections de 1995 avec notre \u00e9lection, et la proposition de poste de premi\u00e8re adjointe au Maire de Questembert, charg\u00e9e des finances et du personnel. Quand on a discut\u00e9 des finances, j&rsquo;ai pass\u00e9 plusieurs nuits blanches parce que je trouvais ce travail \u00e9norme, j&rsquo;ai toujours d\u00e9test\u00e9 les chiffres\u2026c&rsquo;est paradoxal. <br \/>Je travaillais au Tr\u00e9sor public, cela paraissait couler de source et personne ne voulait de ce poste. Je l&rsquo;ai donc pris. <br \/>Il y a huit adjoints et nous ne sommes que deux femmes, c&rsquo;est dommage, les femmes ont accept\u00e9 d&rsquo;\u00eatre conseill\u00e8res municipales mais n&rsquo;ont pas voulu franchir le pas. <br \/><br \/>Pour quelles raisons ? <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>La peur de prendre cette responsabilit\u00e9. On accepte d&rsquo;\u00eatre conseill\u00e8re municipale, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un pas pour certaines, mais aller jusqu&rsquo;\u00e0 la responsabilit\u00e9 d&rsquo;adjointe ! <br \/>Nous avons m\u00eame propos\u00e9 des pr\u00e9sidences de l&rsquo;O.M.C. (Office Municipal de la Culture) ou de l&rsquo;O.M.S. (Office Municipal des Sports), il y avait une femme tr\u00e8s engag\u00e9e dans la vie sportive, elle n\u2019a pas accept\u00e9 d\u2019en prendre la responsabilit\u00e9. <br \/>La peur, l&rsquo;appr\u00e9hension, le manque de confiance en soi. <br \/><br \/>Reine Mataix, dans votre municipalit\u00e9 comment \u00eates-vous per\u00e7ue en tant que femme revendiquant l&rsquo;urbanisme ? <br \/><br \/>Reine Mataix <br \/>Pour parler un tout petit peu de la liste, cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 trop difficile de trouver des femmes, ce qui a \u00e9t\u00e9 plus difficile ensuite, ce fut la distribution des postes et des d\u00e9l\u00e9gations d&rsquo;adjoints. J&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 des r\u00e9unions stup\u00e9fiantes o\u00f9 les femmes \u00e9taient \u00ab trop ci, trop \u00e7a&#8230; \u00bb, cela n&rsquo;allait jamais. <br \/>Nous avions toujours quelque chose qui ne convenait pas et comme j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 pour n\u00e9gocier la place des femmes, tr\u00e8s vite tout le monde a bien compris quelle \u00e9tait la position que je d\u00e9fendais pour les femmes. On a construit un ex\u00e9cutif \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9 : sur les neuf adjoints il y a quatre femmes. Je voulais simplement dire que, lorsque l&rsquo;on a d\u00fb n\u00e9gocier au second tour, lorsqu&rsquo;il a fallu sacrifier quelqu&rsquo;un, je vous laisse deviner qui ? <br \/>C&rsquo;est \u00e9tonnant comme ces messieurs ne voulaient pas laisser la place ! On a sacrifi\u00e9 une femme. Cela reste un peu sur le c\u0153ur quand m\u00eame ! <br \/><br \/>Dans la fonction que j&rsquo;exerce, au d\u00e9but on a \u00e9t\u00e9 \u00e9tonn\u00e9. On est venu me demander : \u00ab Cela fait quoi d&rsquo;\u00eatre adjointe \u00e0 l&rsquo;urbanisme ? \u00bb. \u00ab Je vous rassure, cela ne fait rien d&rsquo;exceptionnel, si ce n&rsquo;est que c&rsquo;est une d\u00e9l\u00e9gation tr\u00e8s int\u00e9ressante \u00bb. Quand j&rsquo;ai vu cette d\u00e9l\u00e9gation, j&rsquo;ai tr\u00e8s vite compris que cela allait \u00eatre quand m\u00eame du boulot. Mais comme j&rsquo;aime bien les challenges, finalement je me suis dit: \u00ab Ces messieurs, je vais leur montrer que cela va se passer encore mieux avec une femme qu&rsquo;avec un homme \u00bb. <br \/>J&rsquo;ai d\u00e9couvert cette d\u00e9l\u00e9gation un mercredi apr\u00e8s-midi. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 prise en charge par les services d&rsquo;urbanisme d\u00e8s 13h30, j&rsquo;ai demand\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 19h30. Je leur ai dit: \u00ab Cela commence \u00e0 faire beaucoup, on verra demain. \u00bb <br \/>J&rsquo;ai mesur\u00e9 qu&rsquo;il me fallait une formation. C&rsquo;est \u00e9tonnant comme nous, les femmes on ressent tr\u00e8s vite nos manques, nos insuffisances, et que tout de suite nous avons envie de les combler. Je pense que c&rsquo;est une bonne id\u00e9e de s&rsquo;y mettre, tout simplement parce que ces messieurs ne nous pardonnent rien. On vous attend \u00e0 la premi\u00e8re erreur de jugement, d&rsquo;analyse, et si on peut vous contrer sur un d\u00e9tail, on le fait. Je l&rsquo;ai tr\u00e8s vite per\u00e7u, je ne me suis pas laiss\u00e9 avoir. J&rsquo;ai demand\u00e9 une formation, je suis mont\u00e9e \u00e0 Paris, j&rsquo;ai appris ce que je devais apprendre et j&rsquo;apprends tous les jours, parce que dans ces fonctions, on apprend tous les jours. Aujourd&rsquo;hui je pense que je suis cr\u00e9dible, mais il a fallu que je ne pr\u00eate pas le flanc, que je reste fix\u00e9e sur mes objectifs, que je me mette \u00e0 la hauteur de la situation. <br \/>Je dirais plut\u00f4t aux femmes qui veulent s&rsquo;engager que d&rsquo;abord, elles ont les capacit\u00e9s tout autant que les hommes, et ensuite que c&rsquo;est une histoire de motivation et d&rsquo;engagement personnels. <br \/><br \/>J&rsquo;entendais tout \u00e0 l&rsquo;heure quelque chose sur le manque de confiance des femmes, c&rsquo;est vrai, je l&rsquo;ai rencontr\u00e9 y compris chez des femmes qui n&rsquo;avaient aucune difficult\u00e9 sur le plan intellectuel. Cette peur de se confronter aux autres et de s&rsquo;affirmer, c&rsquo;est une question. <br \/><br \/>Je dirais aussi qu&rsquo;il y a un probl\u00e8me de culpabilit\u00e9 parce que nous les femmes, on doit tout faire, on doit \u00eatre une \u00ab super woman \u00bb, dans la vie de couple, dans la vie de famille, dans la vie professionnelle, et dans la vie politique. <br \/>On a souvent le sentiment qu&rsquo;on nous culpabilise. Peut-\u00eatre qu&rsquo;il faut partager les t\u00e2ches au quotidien avec ces messieurs. <br \/><br \/>Sophie Raiti\u00e8re, en tant que conseill\u00e8re municipale d&rsquo;opposition, ne faisant donc pas partie de l&rsquo;ex\u00e9cutif, avez-vous un acc\u00e8s facile aux commissions municipales, voire aux repr\u00e9sentations dans les syndicats ext\u00e9rieurs ? <br \/><br \/>Sophie Raiti\u00e8re <br \/>La municipalit\u00e9 a une femme maire \u00e0 sa t\u00eate depuis deux mandats. <br \/>J&rsquo;allais dire que \u00e7a n&rsquo;arrange pas vraiment les choses : cela va \u00e0 l&rsquo;encontre de ce que l&rsquo;on pourrait se dire entre nous, mais ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de sexe, c&rsquo;est aussi une question de personnalit\u00e9, de comment on envisage le projet qu&rsquo;on a pour sa commune, et comment on veut bien communiquer sur ce projet. <br \/>Vous parliez tout \u00e0 l&rsquo;heure de frustration, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;elle est quotidienne car nous n&rsquo;avons aucune lisibilit\u00e9 sur le projet, m\u00eame \u00e0 court terme. Nous sommes invit\u00e9s aux commissions consultatives parce que c&rsquo;est la loi. En revanche, nous n&rsquo;avons aucun acc\u00e8s aux r\u00e9unions de la communaut\u00e9 de communes, r\u00e9unions organis\u00e9es par la r\u00e9gion ou par le Conseil g\u00e9n\u00e9ral. Nous ne sommes que l&rsquo;opposition avec les limites que cela implique. <br \/>Le b\u00e9n\u00e9volat limite aussi l\u2019engagement. Parler du statut de l\u2019\u00e9lu serait n\u00e9cessaire. <br \/>Quand on est maire ou quand on est adjoint, on est aussi quelqu&rsquo;un de l\u00e9gitim\u00e9 dans son action, mais quand on est conseiller municipal, que ce soit un homme ou une femme, nous n&rsquo;avons que le temps que nous voulons bien donner. <br \/><br \/>L&rsquo;action sur le terrain et l&rsquo;action aupr\u00e8s des citoyens de la commune, c&rsquo;est au jour le jour, cela demande un investissement important. Pour ma part, c&rsquo;est un investissement et un accord de la famille, car si je n&rsquo;\u00e9tais pas \u00e9paul\u00e9e par mon mari et mes enfants, je ne pourrais pas \u00eatre tous les soirs ou le week-end, \u00e0 aller partager le verre de l&rsquo;amiti\u00e9 pour la f\u00eate du muscadet, ou dans les commissions agricoles et autres manifestations. <br \/>\u00catre engag\u00e9e dans une municipalit\u00e9, c&rsquo;est \u00eatre l\u00e0 o\u00f9 le citoyen est, donc c&rsquo;est du temps. <br \/><br \/>Sophie Raiti\u00e8re, je vois que vous avez d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;occuper le terrain malgr\u00e9 tout. <br \/><br \/>C&rsquo;est vrai, parce que si on n&rsquo;a pas l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;information, il faut le faire savoir, donc il faut communiquer \u00e0 la fois par les m\u00e9dias et distribuer des bulletins d&rsquo;information dans les bo\u00eetes aux lettres. On prend sa voiture, son v\u00e9lo, on marche \u00e0 pied. Il y a une question de budget, d&rsquo;investissement et de temps. <br \/><br \/>Avez-vous l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre plus malmen\u00e9e parce que vous \u00eates une femme ou parce que vous \u00eates d&rsquo;opposition ? <br \/><br \/>Je ne crois pas. C&rsquo;est peut-\u00eatre d\u00fb \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe municipale en place. Peut-\u00eatre qu&rsquo;il y a plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les hommes que pour les femmes, mais malmen\u00e9e, non\u2026 Mais, il faut savoir s&rsquo;affirmer. <br \/>Dans la majorit\u00e9, au niveau de l&rsquo;ex\u00e9cutif, je pense qu&rsquo;il y avait 50 % d&rsquo;hommes et de femmes, il y avait une parit\u00e9. Mais lorsque les adjointes sont parties, elles ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des hommes. Il n&rsquo;y a pas de difficult\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la place des femmes, si ce ne sont les d\u00e9l\u00e9gations qu&rsquo;elles ont choisies, ou qu&rsquo;on leur a impos\u00e9es. Elles ne sont pas \u00e0 l&rsquo;urbanisme par exemple, r\u00e9serv\u00e9 aux hommes. <br \/><br \/>Vous parliez de votre famille tout \u00e0 l&rsquo;heure. Comment conciliez- vous cet engagement ? <br \/><br \/>Cela d\u00e9pend des semaines. Cela d\u00e9pend s&rsquo;il y a eu trois r\u00e9unions, un week-end comme celuici, et demain o\u00f9 je suis de 8 h \u00e0 20 h \u00e0 tenir un bureau de vote\u2026, on fait des choix. <br \/>Parfois, la culpabilit\u00e9 nous fait dire que notre place serait peut-\u00eatre \u00e0 la maison, qu&rsquo;on devrait y passer plus de temps. <br \/>Mais en m\u00eame temps, il faut reconna\u00eetre le plaisir \u00e0 mener, en tant que femme, des actions sur le terrain et \u00e0 \u00eatre active, \u00e0 travailler sur un projet qui d\u00e9passe votre projet personnel, et qui engage aussi la vie d&rsquo;une commune, et si je fais le bilan de ce que j&rsquo;ai pu vivre pendant la campagne \u00e9lectorale, cela a \u00e9t\u00e9 du pur plaisir. <br \/>Concevoir en \u00e9quipe un projet pour une commune, pour des citoyens, c&rsquo;est un int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il ne faut pas mettre de c\u00f4t\u00e9, on n&rsquo;est pas masochiste.<br \/><br \/>Votre mari a-t-il un engagement ?<br \/>Associatif, mais pas politique. <br \/><br \/>Donc, il vous seconde ? <br \/><br \/>Il seconde beaucoup sur les t\u00e2ches mat\u00e9rielles et celles de p\u00e8re. <br \/>Je n&rsquo;ai plus d&rsquo;enfant en bas \u00e2ge. Cela donne la possibilit\u00e9 de les laisser \u00e0 la maison, sans avoir \u00e0 chercher une baby-sitter. Mais m\u00eame s&rsquo;ils sont grands, ils demandent du temps. <br \/>Il faut faire des choix et les assumer. M\u00eame si on se dit que les hommes ont moins de difficult\u00e9s avec cette situation d\u2019engagement, on demeure \u00e0 la fois, une \u00e9pouse, une m\u00e8re, on travaille \u00e0 plein temps, et on a des int\u00e9r\u00eats \u00e0 devenir actrice au sein de sa commune. <br \/><br \/>Reine Mataix, en tant, qu&rsquo;adjointe \u00e0 l&rsquo;urbanisme, je suppose que vous avez d\u00fb, soit renoncer \u00e0 une partie de votre vie priv\u00e9e, soit renoncer \u00e0 une partie de votre vie professionnelle ? Quel choix, avez-vous d\u00fb faire ? <br \/><br \/>Reine Mataix <br \/>Je n&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 rien. Je suis gourmande de tout. Mais c&rsquo;est vrai que cela m&rsquo;a oblig\u00e9e \u00e0 m&rsquo;organiser. <br \/>J&rsquo;ai un travail qui me permet de moduler un tout petit peu mon temps, puisque je fais des interventions en \u00e9conomie et en m\u00eame temps je d\u00e9veloppe des relations avec des entreprises. C&rsquo;est moi qui g\u00e8re mon agenda et mes rendez-vous, et donc je peux combiner \u00e0 la fois le travail professionnel et le travail municipal. Mais c&rsquo;est vrai que je n&rsquo;ai pas du tout diminu\u00e9 mon temps de travail professionnel pour une raison tr\u00e8s simple, mat\u00e9rielle. <br \/>Aujourd&rsquo;hui, on n\u2019a aucun moyen, quand on travaille effectivement dans le priv\u00e9, de l\u00e2cher son emploi pendant quelque temps, surtout si l&rsquo;on a quelques responsabilit\u00e9s. <br \/>Je ne me vois pas dire \u00e0 ma direction : \u00ab Non, je fais un petit temps d&rsquo;arr\u00eat et je reviendrai \u00bb, c&rsquo;est impossible. Il faut traiter le probl\u00e8me autrement. Donc, cela demande de g\u00e9rer un emploi du temps diff\u00e9remment bien entendu, et c&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;on se rend compte que l&rsquo;acc\u00e8s aux fonctions municipales n&rsquo;est pas \u00e9galitaire. Il y a des personnes qui, par leur emploi, ne peuvent pas s&rsquo;engager politiquement. <br \/><br \/>Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;enfant en bas \u00e2ge, j&rsquo;ai deux grandes filles de 20 et 24 ans qui s&rsquo;assument parfaitement, m\u00eame si elles n&rsquo;avaient pas cet \u00e2ge-l\u00e0 quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue, elles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 bien ind\u00e9pendantes, et cela ne leur a pas pos\u00e9 de probl\u00e8me. Au contraire, elles ont v\u00e9cu cela plut\u00f4t positivement. <br \/>J&rsquo;essaie de combiner les deux, et cette semaine c&rsquo;est dur, parce que j&rsquo;avais deux jours \u00e0 Bruxelles, hier soir j&rsquo;avais un Conseil municipal, ce matin je suis l\u00e0, et demain ce sont les \u00e9lections. <br \/>Pour faire passer la pilule, on pr\u00e9vient \u00e0 l&rsquo;avance. Il faut anticiper dans ces cas-l\u00e0 et dire : <br \/>\u00ab Pendant un certain temps je ne suis pas l\u00e0, donc ce qui serait bien, c&rsquo;est que tu trouves \u00e0 t&rsquo;occuper \u00bb et comme cela, on arrive \u00e0 g\u00e9rer les choses. L\u00e0 aussi, c&rsquo;est un partage des t\u00e2ches avec nos compagnons. <br \/><br \/>Nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il y a beaucoup de familles monoparentales, et \u00e0 90 % ce sont des femmes qui vont se retrouver avec la charge des enfants, et alors l\u00e0, le choix de l&rsquo;engagement politique, \u00e0 mon sens, n&rsquo;existe plus. Ou alors, il faut que ces femmes-l\u00e0 n&rsquo;aient pas de soucis mat\u00e9riels, ce qui est loin d&rsquo;\u00eatre le cas dans notre soci\u00e9t\u00e9. <br \/>Je pense donc, que pour certaines c&rsquo;est quand m\u00eame plus difficile. <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>Je n&rsquo;ai jamais eu de probl\u00e8mes et pourtant nous avons eu cinq enfants. <br \/>Avant mes engagements politiques, j&rsquo;avais des engagements associatifs y compris en tant que parent d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve. Il y avait des semaines o\u00f9 tous les soirs il y avait quelque chose, et pourtant mon mari \u00e9tait lui aussi tr\u00e8s pris parce qu&rsquo;il \u00e9tait commer\u00e7ant en bestiaux ; il n&rsquo;\u00e9tait pas de bonne heure \u00e0 la maison. <br \/>J&rsquo;ai laiss\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t les enfants seuls, reli\u00e9s aux voisins par le t\u00e9l\u00e9phone. Cela n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 un inconv\u00e9nient ou un frein \u00e0 mes engagements. <br \/>Etant fonctionnaire, j&rsquo;ai droit \u00e0 des autorisations d&rsquo;absence pour des r\u00e9unions, que ce soit en plein apr\u00e8s-midi, le matin, il n&rsquo;y avait aucun probl\u00e8me. C&rsquo;\u00e9tait une chance pour moi de pouvoir m&rsquo;absenter comme cela. Ce n&rsquo;est pas le cas pour tout le monde. <br \/><br \/>Avez-vous demand\u00e9 \u00e0 vos enfants, maintenant qu&rsquo;ils sont grands, comment ils avaient ressenti cette p\u00e9riode ? <br \/><br \/>La premi\u00e8re r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 de la part des femmes. A une r\u00e9union, un soir, les femmes qui \u00e9taient l\u00e0 m&rsquo;ont dit: \u00ab hol\u00e0 ! ton mari t&rsquo;a laiss\u00e9e sortir ? \u00bb <br \/>\u00ab Je ne lui ai pas demand\u00e9 la permission. Lui, quand il sort il ne me demande pas la permission non plus \u00bb. J&rsquo;\u00e9tais jeune \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;avais 30 ans, et cette question m&rsquo;avait surprise. <br \/>Je pensais que les enfants, qui m&rsquo;ont toujours vu engag\u00e9e, avaient souffert de mon absence, en fait non. A ma grande surprise, il n&rsquo;y a pas tr\u00e8s longtemps \u2013 j&rsquo;en suis \u00e0 mon troisi\u00e8me mandat, et je disais, puisqu&rsquo;on parle de renouvellement des personnes, de limitation des mandats, que je ne voulais pas m&rsquo;incruster pendant des ann\u00e9es, je trouve que dix-huit ans c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pas mal &#8211; la r\u00e9action de quelques-uns de mes enfants, a \u00e9t\u00e9 : \u00ab Que tu vas faire ? \u00bb. Je vais m&rsquo;occuper de moi un petit peu, ce que je n&rsquo;ai pas fait jusque-l\u00e0. <br \/>Cela peut sans doute d\u00e9courager certains de voir leurs parents tr\u00e8s engag\u00e9s politiquement ou au niveau associatif, d&rsquo;\u00eatre frustr\u00e9s de cette absence. Pour moi, j&rsquo;ai toujours eu des enfants admiratifs de me voir engag\u00e9e. Comme quoi, ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment le temps que l&rsquo;on passe avec les siens, c&rsquo;est peut-\u00eatre la qualit\u00e9 qu&rsquo;on y met ? <br \/>Aucun de mes enfants n&rsquo;est d\u00e9courag\u00e9 aujourd&rsquo;hui par mes engagements. <br \/><br \/>Pensez-vous, qu&rsquo;ils prendront un engagement politique plus tard ? <br \/><br \/>Ils votent, ils participent \u00e0 la vie associative, ils s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la politique, mais jusque-l\u00e0, ils n&rsquo;ont pas franchi le pas. Ils ne sont pas indiff\u00e9rents du tout. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond, vous avez en plus la charge d&rsquo;une communaut\u00e9 de communes qui est largement paritaire aussi. Dans votre engagement, quelle a \u00e9t\u00e9 la priorit\u00e9 au niveau de la communaut\u00e9 de communes ? <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Parler de communaut\u00e9 de communes, c&rsquo;est aussi parler de choix politiques pour un territoire, partag\u00e9s par les cinq communes qui en font partie. <br \/>Nous avons fait presque au d\u00e9part un choix difficile ; on s&rsquo;est occup\u00e9 d&rsquo;abord de services aux familles, de services \u00e0 la petite enfance et \u00e0 l&rsquo;enfance. <br \/>Nous sommes, et j&rsquo;en suis assez fi\u00e8re, les premiers dans le d\u00e9partement \u00e0 avoir transf\u00e9r\u00e9 je ne sais combien de personnes de notre commune d&rsquo;Epernon \u00e0 la communaut\u00e9 de communes, et sign\u00e9 le premier contrat intercommunal \u00ab enfance \u00bb du d\u00e9partement, et je crois qu&rsquo;avec les transferts, nous ne sommes pas loin d&rsquo;\u00eatre dans les premiers en France. <br \/><br \/>Quand j&rsquo;allais \u00e0 Paris travailler, je n&rsquo;aurais jamais \u00e9t\u00e9 maire, ce n&rsquo;\u00e9tait pas la peine d&rsquo;y songer. Avec les enfants, les trajets, le travail, avec le nombre de r\u00e9unions qu&rsquo;il y a dans la journ\u00e9e, r\u00e9unions qui actuellement sont doubl\u00e9es entre commune et communaut\u00e9 de communes\u2026. ; il faut prendre des gens qui peuvent avoir des disponibilit\u00e9s ou des gens qui sont \u00e0 la retraite comme moi maintenant. <br \/>Je crois que le suivi des affaires, que ce soit communal ou intercommunal, demande \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sente dans des lieux o\u00f9 les choses se passent l&rsquo;apr\u00e8s-midi et pas en soir\u00e9e. Vous avez de moins en moins de fonctionnaires du service de l&rsquo;\u00c9tat qui viennent aux r\u00e9unions en soir\u00e9e. Monter un projet intercommunal demande plus d&rsquo;\u00e9nergie que sur le plan communal parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de f\u00e9d\u00e9rer des gens qui ne sont pas tout \u00e0 fait au m\u00eame niveau dans les communes. <br \/>Je m&rsquo;y emploie \u00e0 100 % du temps. <br \/>En revanche, moi qui ai de grands enfants, ce sont mes petits enfants qui en souffrent parce qu&rsquo;il faut jongler pour pouvoir les garder. J&rsquo;y arrive, un de temps en temps. <br \/><br \/>Christine Coimbault <br \/>Je vais faire un petit apart\u00e9 pour parler de mon cas. <br \/>Je suis une m\u00e8re de famille, je suis infirmi\u00e8re lib\u00e9rale, et je suis divorc\u00e9e, je n&rsquo;ai pas de conjoint pour pouvoir les garder. Ils ont aujourd&rsquo;hui onze et treize ans. Ils me disent : \u00ab Tu n&rsquo;es pas souvent \u00e0 la maison \u00bb. <br \/>C&rsquo;est vrai, je les ai habitu\u00e9s \u00e0 rester seuls, \u00e0 avoir un t\u00e9l\u00e9phone portable pour m&rsquo;appeler ; il faut avoir des voisins \u00e0 qui l&rsquo;on peut faire confiance, et avoir l&rsquo;aide des grands-parents et des amis assez souvent, pour pouvoir faire ce type d&rsquo;activit\u00e9. <br \/>Je ne travaille plus qu&rsquo;\u00e0 un tiers de temps, et j&rsquo;ai d\u00fb renoncer, en tant qu&rsquo;infirmi\u00e8re lib\u00e9rale, \u00e0 une partie de ma r\u00e9mun\u00e9ration qui n&rsquo;est pas compens\u00e9e du tout. <br \/>Je le ressens comme un sacrifice pour les autres. C&rsquo;est un sacrifice du temps, de la personne, et de l&rsquo;argent. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond, avez- vous eu plus de difficult\u00e9s \u00e0 faire adopter vos choix vis-\u00e0-vis de l&rsquo;enfance et de la jeunesse en communaut\u00e9 de communes par votre conseil communautaire en raison de r\u00e9ticences masculines ? <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Oui. Pour qui l&rsquo;urgence des services aux familles quand les deux travaillent ? C&rsquo;est quand m\u00eame pour les femmes. <br \/>De ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, heureusement que nous sommes bien repr\u00e9sent\u00e9es, nous les femmes, dans le conseil communautaire et qu&rsquo;il y a une connivence entre nous. Mais il y a des communes qui ont r\u00e9ussi \u00e0 n&rsquo;envoyer aucune femme au conseil communautaire, donc il faut qu&rsquo;il y en ait d&rsquo;autres. <br \/>Pour les services \u00e0 l&rsquo;enfance, on remarque que la place des femmes, la proportion de femmes, sont d\u00e9terminantes dans des choix politiques. <br \/>D\u2019autres communaut\u00e9s nous suivent dans ce domaine-l\u00e0. Toutefois quand il faut parler gros sous, il faut vraiment avoir de la volont\u00e9. <br \/><br \/>Est-ce que vous pensez que la population s&rsquo;adresse diff\u00e9remment \u00e0 des femmes \u00e9lues qu&rsquo;\u00e0 des hommes ? <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Il y a des choses qui me frappent beaucoup, parce qu&rsquo;il faut beaucoup marcher dans sa commune, il faut rencontrer les gens, il y a une sympathie qui se gagne, surtout de la part des hommes parce qu&rsquo;ils trouvent que c&rsquo;est tr\u00e8s courageux d&rsquo;\u00eatre une maire ou une pr\u00e9sidente de communaut\u00e9 de communes. <br \/>On vient beaucoup nous voir aux permanences pour les affaires de vie quotidienne. <br \/>On traite les probl\u00e8mes de voisinage, de raccordement entre les uns et les autres, je pense que le maire pr\u00e9c\u00e9dent le faisait aussi. Peut-\u00eatre y a t-il un peu moins de barrage, mais cela d\u00e9pend des personnalit\u00e9s. Il y a des personnalit\u00e9s un peu plus froides. <br \/><br \/>Reine Mataix <br \/>Les choses \u00e0 pr\u00e9sent sont r\u00e9gl\u00e9es. Tout le monde a compris qu&rsquo;une femme avait un cerveau comme un homme et qu&rsquo;elle pouvait s&rsquo;en servir. Mais il est clair que, quand j&rsquo;ai re\u00e7u les associations du cadre de vie d&rsquo;Ecully, et Dieu sait qu&rsquo;il y a des fortes personnalit\u00e9s, cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 de soi ; ce sont surtout des messieurs d&rsquo;un \u00e2ge avanc\u00e9, donc partant de l\u00e0, avec des id\u00e9es un peu retard\u00e9es, et une femme \u00e0 l&rsquo;urbanisme, cela les a un peu choqu\u00e9s au d\u00e9part. Il a fallu prouver que j\u2019\u00e9tais comp\u00e9tente, il fallait que je parle encore mieux qu&rsquo;eux de probl\u00e8mes d&rsquo;am\u00e9nagement du territoire, d&rsquo;environnement et d&rsquo;urbanisme. <br \/>Je n&rsquo;ai pas eu que les Ecullois, parce que quand on est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urbanisme, il y a aussi les promoteurs. Plus machiste comme milieu, je crois que cela doit \u00eatre difficile \u00e0 trouver ! <br \/>La premi\u00e8re fois qu&rsquo;ils ont pouss\u00e9 la porte de mon bureau, ils ont \u00e9t\u00e9 un peu \u00e9tonn\u00e9s. Ils s&rsquo;attendaient \u00e0 rencontrer un homologue masculin. Une fois que l&rsquo;on s&rsquo;est rencontr\u00e9, que l&rsquo;on a discut\u00e9, travaill\u00e9, les barri\u00e8res sont tomb\u00e9es. <br \/>Je dirais m\u00eame que finalement aujourd&rsquo;hui, ils regardent une adjointe d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urbanisme, ils ne regardent pas une femme qui ne serait pas capable de traiter d&rsquo;urbanisme. <br \/><br \/>Finalement il n&rsquo;y a que l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;on s&rsquo;en fait de tout cela. Dans notre soci\u00e9t\u00e9, il y a encore des id\u00e9es toutes faites. Les femmes c&rsquo;est pour les enfants, les personnes \u00e2g\u00e9es, la culture mais \u00e0 l&rsquo;urbanisme ? Pourtant je sais qu&rsquo;on peut faire bien mieux que certains hommes. <br \/>J&rsquo;ai vu un certain nombre de dossiers trait\u00e9s par des messieurs, et depuis qu&rsquo;on est l\u00e0, on a fait aussi bien, si ce n&rsquo;est mieux. Peut-\u00eatre mieux, parce qu&rsquo;on a tellement peur de cette critique d\u00e9stabilisante, parce que surtout, il ne faut pas \u00eatre d\u00e9stabilis\u00e9e au d\u00e9but. <br \/>Apr\u00e8s on s&rsquo;endurcit, ce n\u2019est pas un probl\u00e8me, on a de la r\u00e9partie et on arrive \u00e0 se d\u00e9fendre. Mais quand vous arrivez dans une d\u00e9l\u00e9gation comme celle-l\u00e0, o\u00f9 il faut apprendre beaucoup de choses, c&rsquo;est s\u00fbr qu&rsquo;au d\u00e9but, il faut quand m\u00eame s&rsquo;armer un peu. <br \/>On prend les choses vraiment \u00e0 c\u0153ur. On ne laisse passer aucun d\u00e9tail, parce que justement on ne veut pas se faire coincer, parce qu&rsquo;on sait tr\u00e8s bien que m\u00eame si on se fait \u00e0 peine coincer, cela va faire des remous extraordinaires, beaucoup plus que pour un homme. <br \/>Les gens s&rsquo;habituent et finalement il n&rsquo;y a aucune difficult\u00e9. Finalement, homme ou femme, cela ne change rien. <br \/>L\u00e0 aussi, il y a des id\u00e9es toutes faites ; il semblerait qu&rsquo;il y ait des hommes qui aient tout \u00e0 coup des comp\u00e9tences inn\u00e9es pour telle ou telle chose ? Moi je n&rsquo;y crois pas. <br \/>Je suis convaincue qu&rsquo;il peut y avoir d&rsquo;excellentes femmes ing\u00e9nieurs, d&rsquo;excellentes femmes chirurgiens, d&rsquo;excellentes femmes m\u00e9decins. C&rsquo;est la soci\u00e9t\u00e9 qui, pendant des ann\u00e9es, a orient\u00e9 bien \u00e9videmment les choix f\u00e9minins. <br \/>Aujourd&rsquo;hui on d\u00e9plore encore que les femmes s&rsquo;orientent peu vers les \u00e9tudes scientifiques, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;elles sont moins bien, c&rsquo;est parce qu&rsquo;\u00e0 un moment donn\u00e9, il y a des \u00e0 priori sociaux-culturels qui se transmettent de m\u00e8re en fille souvent. Nous avons notre part de responsabilit\u00e9 aussi dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui laisse une place si importante aux hommes. <br \/><br \/>Tout \u00e0 l&rsquo;heure on disait : \u00ab Il faut prendre la place \u00bb. J&rsquo;en suis convaincue. Personne ne va vous donner quoique ce soit. C&rsquo;est vrai dans la vie en g\u00e9n\u00e9ral. C&rsquo;est vrai dans la vie professionnelle aussi ; si vous attendez qu&rsquo;on vous apporte quelque chose sur un plateau, vous pouvez attendre longtemps. Il faut se battre ; la vie politique, la vie professionnelle, la vie tout court, c&rsquo;est un combat. C&rsquo;est un combat de tous les jours. Il faut s&rsquo;engager \u00e0 fond et surtout y croire.<br \/><br \/>Dans le futur, serez-vous candidate \u00e0 un autre poste<br \/>Oui. Je fais ce que je fais par passion. J&rsquo;ai fait tellement de choses dans ma vie que je trouverais bien encore \u00e0 m&rsquo;occuper. Si je fais cela, c&rsquo;est que vraiment cela m&rsquo;int\u00e9resse. <br \/><br \/>En revanche, je ne prendrai pas n&rsquo;importe quelle d\u00e9l\u00e9gation, c&rsquo;est-\u00e0-dire que je ne ferai pas de la figuration. Ce sera pour des mandats qui m&rsquo;am\u00e8nent \u00e0 construire, \u00e0 m&rsquo;engager fortement. <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux, vous \u00eates dans votre troisi\u00e8me mandat si j&rsquo;ai bien compris, vous souhaitez changer, est-ce que vous changeriez pour un autre mandat ? <br \/><br \/>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>J&rsquo;ai dit tout \u00e0 l&rsquo;heure que j&rsquo;\u00e9tais pour la limitation des mandats dans le temps. <br \/>Dix-huit ans, je trouve que c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 beaucoup et qu&rsquo;il faut renouveler un peu, qu&rsquo;on ne voit pas toujours les m\u00eames personnes aux m\u00eames postes. Je prendrai \u00e9ventuellement une responsabilit\u00e9 ailleurs que dans un Conseil municipal. <br \/>Je regrette depuis plusieurs ann\u00e9es de ne pas avoir commenc\u00e9 plus t\u00f4t \u00e0 faire de la politique et \u00e0 m&rsquo;impliquer davantage. Aujourd&rsquo;hui je me dis : \u00ab place aux jeunes \u00bb. M&rsquo;engager dans d&rsquo;autres responsabilit\u00e9s comme conseill\u00e8re r\u00e9gionale, s\u00e9natoriale, d\u00e9put\u00e9e, non. <br \/>J&rsquo;aimerais rebondir sur ce qu&rsquo;a dit Fran\u00e7oise Ramond sur la petite enfance et la jeunesse. Je suis aussi conseill\u00e8re communautaire. Notre commune, en tant que \u00ab\u00a0commune centre\u00a0\u00bb, dispose de ces services-l\u00e0. <br \/>Nous avons une maison de l&rsquo;enfance, une maison des jeunes, un CLSH (Centre de Loisirs Sans H\u00e9bergement). Les autres communes de la communaut\u00e9 de communes ne veulent pas en entendre parler pour le moment. <br \/>Nous sommes une \u00ab commune centre \u00bb avec plus d&rsquo;habitants que les autres communes qui n&rsquo;ont pas encore cette demande forte de la part des familles ; elles n&rsquo;en n&rsquo;\u00e9prouvent pas encore le besoin. Nous sommes dans la p\u00e9riph\u00e9rie de Vannes. Toute la r\u00e9gion \u00e9tant extr\u00eamement ch\u00e8re, les gens se replient maintenant sur la troisi\u00e8me couronne, et bient\u00f4t la quatri\u00e8me couronne, Questembert devenant cher. <br \/>Voil\u00e0 la r\u00e9flexion d&rsquo;un maire, il y a un mois, \u00e0 propos des jeunes m\u00e9nages arrivant chez lui, des couples avec enfants r\u00e9clamant ces services de la petite enfance: \u00ab Ils viennent \u00e0 la campagne et ils veulent tout avoir ! \u00bb Mais, c&rsquo;est normal ! <br \/>Il y a beaucoup de communes qui se plaignent d&rsquo;\u00eatre des communes dortoirs et on nous accuse quelquefois d&rsquo;\u00eatre une commune dortoir ! Il faut qu&rsquo;il y ait tous ces services, \u00e0 l&rsquo;enfance et \u00e0 la personne, pour retenir ces personnes. <br \/>Je lui ai dit: \u00ab tu vois, tu commences \u00e0 avoir le probl\u00e8me, il faut que nous allions en communaut\u00e9 de communes sur ce service \u00bb. Il a tout de suite chang\u00e9 de conversation. <br \/><br \/>En ce qui concerne mon r\u00f4le d&rsquo;adjointe aux finances, beaucoup de personnes ne comprennent h\u00e9las pas grand chose aux finances. <br \/>Le jour du vote du budget, il n&rsquo;y a pas beaucoup de questions, il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;interventions. D\u00e8s le d\u00e9but du mandat, nous avons fait une formation aux finances pour tous, ouverte \u00e0 tous. Tout le monde est venu pratiquement, pour apprendre ce qu&rsquo;\u00e9tait les finances communales. <br \/>Aujourd&rsquo;hui on a des facilit\u00e9s pour faire une projection sur \u00e9cran. On a toujours du public, entre trente et quarante personnes. Nous organisons une interruption de s\u00e9ance pendant dix minutes pour pouvoir donner la parole au public. On leur demande de poser des questions d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral. On projette les grandes lignes du budget sur \u00e9cran pour que le public puisse suivre et il appr\u00e9cie beaucoup cette fa\u00e7on de faire, il a ainsi une petite approche des finances communales. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond, vous avez \u00e9t\u00e9 candidate \u00e0 une autre \u00e9lection. Est-ce que c&rsquo;\u00e9tait une difficult\u00e9 pour vous en tant que femme par rapport \u00e0 vos adversaires ? <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Je ne pense pas. Le fait d&rsquo;\u00eatre une femme ne me semble pas une difficult\u00e9. Quand on a choisi d&rsquo;\u00eatre candidate, l&rsquo;essentiel est d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout. Le plus dur c&rsquo;est de choisir, c&rsquo;est de faire le pas, quelque soit la candidature. <br \/>Quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 candidate en 1995 et en 2001, le plus dur a \u00e9t\u00e9 de sortir de l&rsquo;anonymat. Quand on devient candidate, on sort de l&rsquo;anonymat et on fait sortir d&rsquo;une certaine mani\u00e8re sa famille de l&rsquo;anonymat. C&rsquo;est le pas le plus compliqu\u00e9 \u00e0 franchir. Apr\u00e8s, il faut aller jusqu&rsquo;au bout. Il faut jouer le jeu jusqu&rsquo;au bout. <br \/>Je voudrais poser une question \u00e0 Marie Th\u00e9r\u00e8se Guidoux. Votre communaut\u00e9 de commune fonctionne en TPU ou en taxes additionnelles ? <br \/><br \/>Marie Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>D\u00e8s le d\u00e9part c&rsquo;\u00e9tait en TPU.<br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Les finances c&rsquo;est le nerf de tout, et quand on est en taxes professionnelles uniques (TPU), cela ne co\u00fbte rien aux communes, cela ne co\u00fbte rien aux contribuables; je n&rsquo;arrive pas \u00e0 comprendre qu&rsquo;on n&rsquo;arrive pas \u00e0 faire porter l&rsquo;effort sur le secteur de la petite enfance. <br \/>Cela ne co\u00fbte rien aux gens alors pourquoi on ne le choisit pas ? <br \/><br \/>Marie Th\u00e9r\u00e8se Guidoux <br \/>Si, pour eux c&rsquo;est quand m\u00eame de l&rsquo;argent engag\u00e9, deux femmes maires pourtant ! Mais femmes et hommes sont tr\u00e8s pr\u00e8s de leurs sous. D\u00e8s que l&rsquo;on parle de d\u00e9penses ! <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Il faut parler de recettes. Ce qui me frappe, c&rsquo;est que quand on discute finances, il faut d&rsquo;abord parler de recettes ! Vous ne ferez pas de d\u00e9penses si vous ne faites pas de recettes et si vous ne voyez pas clair sur les recettes. Apr\u00e8s c&rsquo;est le choix politique des recettes comme des d\u00e9penses&#8230; <br \/>Je suis de l&rsquo;avis de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux, comme quoi les maires font tr\u00e8s attention \u00e0 la gestion des budgets et du niveau des taxes pour les contribuables. Je trouve cela tr\u00e8s raisonnable. C&rsquo;est encourageant pour les administr\u00e9s, mais je crois qu&rsquo;on n&rsquo;a pas assez de r\u00e9flexion sur d&rsquo;o\u00f9 vient l&rsquo;argent et comment il vient ? Peut-\u00eatre que cela pourrait \u00eatre une r\u00e9flexion pour nos futures municipales ? Pour les Conseils r\u00e9gionaux et g\u00e9n\u00e9raux, c&rsquo;est \u00e0 un autre niveau.<\/p><p><br \/><br \/><strong>TABLE-RONDE AVEC DES FEMMES \u00c9LUES EN 2004 (\u00c9LECTIONS R\u00c9GIONALES ET S\u00c9NATORIALES)<\/strong><br \/>Muguette Dini, S\u00e9natrice du Rh\u00f4ne, co-fondatrice d&rsquo;Elles aussi. <br \/>Corinne Feret, vice-Pr\u00e9sidente du Conseil r\u00e9gional de Basse-Normandie <br \/>Monique Marchal, Conseill\u00e8re r\u00e9gionale d&rsquo;Alsace et conseill\u00e8re municipale de Colmar <br \/>Catherine Guyot, journaliste, <br \/>membre de l\u2019Alliance des Femmes pour la D\u00e9mocratie, mod\u00e9ratrice <br \/><br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Cette seconde table-ronde a pour objet de d\u00e9battre des m\u00eames questions que celles abord\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, mais \u00e0 un autre niveau d&rsquo;\u00e9lection. <br \/>Je pense que nous pourrons pr\u00e9voir un temps pour les questions de la salle avant de d\u00e9jeuner parce qu&rsquo;on a envie de parler, il y a beaucoup de choses \u00e0 dire apr\u00e8s tout ce que l&rsquo;on vient d\u2019entendre. <br \/>On s&rsquo;aper\u00e7oit d&rsquo;ailleurs que la visibilit\u00e9 des femmes est importante pour faire avancer les projets qui aident les femmes, c&rsquo;est ce que Fran\u00e7oise Ramond nous a montr\u00e9, et nous pourrions retenir ce th\u00e8me de r\u00e9flexion pour l&rsquo;avenir. <br \/><br \/>Catherine Guyot <br \/>J&rsquo;ai accept\u00e9 avec plaisir la proposition de Christine Villeneuve d&rsquo;\u00eatre la mod\u00e9ratrice de cette table-ronde et j&rsquo;ai envie de commencer de fa\u00e7on un peu malicieuse pour faire le lien avec la table-ronde pr\u00e9c\u00e9dente. <br \/>Je me suis vraiment demand\u00e9 pourquoi une personne aussi sage, exp\u00e9riment\u00e9e, comp\u00e9tente, que Marie-Th\u00e9r\u00e8se Guidoux, proclame avec insistance qu&rsquo;elle va tout arr\u00eater et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question pour elle de postuler \u00e0 un autre mandat ? <br \/><br \/>Il me semble que c&rsquo;est terriblement dommage de renoncer, de ne plus vouloir &#8211; je ne veux pas dire avoir peur, parce que cela serait vraiment abusif de ma part de dire cela -, mais plusieurs \u00e9lues qui \u00e9taient l\u00e0, l&rsquo;ont dit pour d&rsquo;autres femmes et je trouve cela tr\u00e8s regrettable. <br \/>Je me demande: \u00ab Qu&rsquo;est-ce qui se passe ? \u00bb. <br \/>Des femmes sont \u00e9lues au S\u00e9nat, dans les Conseils r\u00e9gionaux ; il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose d&rsquo;extr\u00eamement important gr\u00e2ce \u00e0 la loi sur la parit\u00e9, nous avons pratiquement la parit\u00e9 dans les Conseils r\u00e9gionaux, en tout cas au niveau des \u00e9lues, peut-\u00eatre pas au niveau des ex\u00e9cutifs, nos amies vont nous dire tout cela. <br \/>Au S\u00e9nat, \u00e0 la surprise de toutes les personnes qui connaissent un peu la vie politique en France, il y a eu beaucoup plus de femmes \u00e9lues aux derni\u00e8res \u00e9lections, alors que c&rsquo;\u00e9tait une assembl\u00e9e \u00e0 connotation pass\u00e9iste et qui a beaucoup de pouvoir dans la R\u00e9publique. <br \/><br \/>Nous passons \u00e0 une table ronde qui va tirer les le\u00e7ons des premiers fruits de la loi sur la parit\u00e9. <br \/><br \/>Corinne Feret <br \/>La politique, je suis tomb\u00e9e dedans quand j&rsquo;\u00e9tais petite de par mes parents. <br \/>Mon p\u00e8re \u00e9tait \u00e9lu municipal dans un petit village et il y est toujours. Tr\u00e8s concr\u00e8tement, je voyais bien en quoi consistaient le r\u00f4le et l&rsquo;engagement d\u2019un \u00e9lu aupr\u00e8s des habitants. Il est aussi engag\u00e9 syndicalement. <br \/>La politique et l&rsquo;engagement \u00e9taient des sujets de discussion dans la famille entre mes parents et mon fr\u00e8re. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas tabou, c&rsquo;\u00e9tait naturel et spontan\u00e9, cela faisait partie de ma vie. <br \/><br \/>Je me suis engag\u00e9e dans un parti politique il y a 23 ans maintenant, sur des id\u00e9es, une fa\u00e7on de concevoir la soci\u00e9t\u00e9, voire la volont\u00e9 de changer la soci\u00e9t\u00e9, en tout cas avec des grandes valeurs. J&rsquo;ai eu la chance de travailler pendant quelques temps avec des \u00e9lus locaux dans une commune. Cela m&rsquo;a montr\u00e9 tr\u00e8s concr\u00e8tement ce qu&rsquo;\u00e9tait le r\u00f4le d&rsquo;un \u00e9lu mais en \u00e9tant, cette fois-ci, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la barri\u00e8re. <br \/><br \/>En 2003 quand on a pr\u00e9par\u00e9 les \u00e9lections r\u00e9gionales, je me suis dit : \u00ab Cette fois-ci, pourquoi pas ? Je serais bien candidate \u00bb. Porter des projets \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la r\u00e9gion, c&rsquo;\u00e9tait une dimension qui me semblait int\u00e9ressante et qui permettait de donner un peu plus d&rsquo;ampleur \u00e0 mes id\u00e9es. Nous avons construit un projet pour la r\u00e9gion en ce sens. Je me suis dit que je serais bien candidate \u00e0 la candidature. <br \/><br \/>Les listes sont \u00e9tablies pour \u00e9lire des conseillers sur l&rsquo;ensemble d&rsquo;une r\u00e9gion. Je suis \u00e9lue de Basse-Normandie qui est compos\u00e9e de trois d\u00e9partements, et il y avait donc trois listes d\u00e9partementales. Il faut passer le cap de l&rsquo;investiture, candidate \u00e0 la candidature. <br \/>La Basse-Normandie n&rsquo;avait pas la couleur politique qu&rsquo;elle a aujourd&rsquo;hui, et pour \u00eatre tr\u00e8s honn\u00eate, notre liste ne pensait pas devenir majoritaire. <br \/>L&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;\u00eatre \u00e9lus \u00e0 tout prix dans une strat\u00e9gie de carri\u00e8re politique, mais c&rsquo;\u00e9tait de nous dire qu&rsquo;\u00e9lus de l&rsquo;opposition, nous essaierons de faire bouger les choses. On porte un projet et c&rsquo;est comme cela qu&rsquo;on avance, et dans un d\u00e9lai sans doute un peu plus long, nous serions peut-\u00eatre un jour la majorit\u00e9. <br \/>Toujours est-il qu&rsquo;au soir du 28 Avril, la r\u00e9gion a chang\u00e9 de couleur. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. Au moment des accords avec d&rsquo;autres partenaires politiques, j&rsquo;\u00e9tais toujours sur la liste, j&rsquo;ai donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e9lue. <br \/>C&rsquo;\u00e9tait une grande joie pour tous et aussi \u00e0 titre personnel, et en m\u00eame temps je me disais : <br \/>\u00ab Mon Dieu! Quelle responsabilit\u00e9 ! Est-ce que j&rsquo;ai eu raison de partir dans cette aventure ? \u00bb Le poids des responsabilit\u00e9s m&rsquo;a sembl\u00e9 tr\u00e8s lourd mais pas insurmontable. Je me suis dit : <br \/>\u00ab Il va falloir se remonter les manches et puisque des \u00e9lecteurs nous ont fait confiance, on doit aussi r\u00e9pondre \u00e0 leurs attentes. On doit \u00eatre capable de tenir ses engagements, le programme qu&rsquo;on avait pr\u00e9vu pour eux. \u00bb <br \/>Je n&rsquo;avais pas d&rsquo;exigences nouvelles par rapport \u00e0 mon r\u00f4le dans cette nouvelle r\u00e9gion. Je souhaitais, en me disant que j&rsquo;avais autant de comp\u00e9tences que certains messieurs, \u00eatre membre de la commission permanente. <br \/>Le Pr\u00e9sident de la r\u00e9gion m&rsquo;a alors demand\u00e9 d&rsquo;\u00eatre vice-pr\u00e9sidente. Je ne m&rsquo;y attendais pas du tout. Cela ne se refuse pas, je me suis dit que s&rsquo;il me le proposait c&rsquo;est qu&rsquo;il pensait que j\u2019\u00e9tais \u00e0 la hauteur, que je pouvais le faire et donc je devais le faire. <br \/>Quand il s&rsquo;est agi de d\u00e9finir les d\u00e9l\u00e9gations, je n&rsquo;avais pas trop r\u00e9fl\u00e9chi, je voyais bien que certains de mes coll\u00e8gues avaient quelques exigences, je ne voyais pas comment m&rsquo;inscrire et revendiquer quelque chose en particulier, ce n&rsquo;est pas facile. <br \/>C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que j&rsquo;\u00e9tais candidate, mon premier et unique mandat. C&rsquo;est arriv\u00e9 en une semaine de temps, et \u00e7a faisait beaucoup. <br \/><br \/>Le Pr\u00e9sident de la r\u00e9gion m&rsquo;a propos\u00e9 d&rsquo;\u00eatre en charge de l&#8217;emploi et de la reconversion industrielle. On n&rsquo;attend pas forc\u00e9ment une femme \u00e0 ce poste. Ce n\u2019est pas un poste facile. Il est tr\u00e8s expos\u00e9 car la situation \u00e9conomique et la situation de l&#8217;emploi, comme dans toutes les r\u00e9gions, sont tr\u00e8s difficiles. Certains messieurs n&rsquo;ont pas accept\u00e9, ils n&rsquo;ont pas souhait\u00e9 prendre ce poste-l\u00e0, je l&rsquo;ai donc pris puisque le Pr\u00e9sident me faisait confiance. <br \/>Ce n&rsquo;est pas toujours facile au quotidien. J&rsquo;aurais peut-\u00eatre l&rsquo;occasion d&rsquo;en reparler un peu plus tard. <br \/>Je suis \u00e9lue depuis un peu plus d&rsquo;un an, je continue \u00e0 travailler, je suis fonctionnaire de l&rsquo;\u00e9ducation nationale, je travaille \u00e0 mi-temps \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Caen. J&rsquo;ai coutume de dire que je suis \u00e0 mi-temps \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 et \u00e0 temps plein \u00e0 la r\u00e9gion. Cela fait de longues journ\u00e9es, de longues soir\u00e9es, des grandes semaines, des petits week-end. <br \/>C&rsquo;est une autre vie, une formidable aventure, et j&rsquo;y prends \u00e9norm\u00e9ment de plaisir en ayant bien conscience des responsabilit\u00e9s que je dois porter. Tous les \u00e9lus de la r\u00e9gion, majorit\u00e9 et opposition, doivent aussi porter ces responsabilit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Bas -Normands. <br \/>Je ne regrette rien, je suis passionn\u00e9e par ce nouveau r\u00f4le et cette nouvelle vie. <br \/><br \/>Catherine Guyot <br \/>Je pense qu&rsquo;on peut d\u00e9j\u00e0 entendre le courage dans ce que Corinne Feret a racont\u00e9, parce qu&rsquo;il me semble que dans une r\u00e9gion comme la Basse-Normandie, qui est tr\u00e8s frapp\u00e9e par le ch\u00f4mage, prendre cette responsabilit\u00e9-l\u00e0, \u00ab Chapeau ! \u00bb <br \/><br \/>Muguette Dini <br \/>Je suis la vieille des vieilles. Je suis \u00e9lue depuis 28 ans. Ce que j&rsquo;aimerais vous dire, c&rsquo;est que je me souviens avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 votre place \u00e0 Elles aussi ou lors d\u2019autres colloques, et d&rsquo;avoir eu une esp\u00e8ce de sentiment qu&rsquo;\u00eatre s\u00e9natrice ou m\u00eame \u00eatre d\u00e9put\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait quelque chose de totalement inaccessible. <br \/>Je reconnais que ce n&rsquo;est pas vraiment accessible parce qu&rsquo;il y a beaucoup de candidats et peu d&rsquo;\u00e9lus. J&rsquo;ai eu un parcours o\u00f9, \u00e0 la fois dans ma vie et dans les associations de femmes et en particulier \u00e0 Elles aussi, j\u2019ai v\u00e9cu avec un \u00e9lan tr\u00e8s volontaire et un moteur. <br \/><br \/>En 1977, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue conseill\u00e8re municipale dans la commune o\u00f9 maintenant Reine Mataix est adjointe; il y avait quelques nouveaux adjoints mais cela ne pouvait pas \u00eatre \u00ab une nouvelle \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait impensable \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 ensuite deuxi\u00e8me adjointe parce que j&rsquo;avais bien boss\u00e9 auparavant. J&rsquo;ai pris, dans un deuxi\u00e8me temps, la place du premier adjoint qui est devenu deuxi\u00e8me, et cela ne s&rsquo;est pas bien pass\u00e9. Peut \u00eatre que j&rsquo;aurais pu devenir maire. <br \/>En 1986, il y avait comme tous les neuf ans dans mon d\u00e9partement, les \u00e9lections s\u00e9natoriales. <br \/>J&rsquo;\u00e9tais \u00e9lue conseill\u00e8re municipale depuis neuf ans, je connaissais la t\u00eate de liste des s\u00e9natoriales, c&rsquo;\u00e9tait le maire de Lyon. Je l&rsquo;avais connu, avant qu&rsquo;il ne soit maire de Lyon, dans des circonstances associatives qui n&rsquo;avaient rien \u00e0 voir avec la municipalit\u00e9. J&rsquo;avais gard\u00e9 des relations tr\u00e8s amicales avec lui. <br \/>J&rsquo;\u00e9tais aussi, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, pr\u00e9sidente des conseill\u00e8res municipales du Rh\u00f4ne, et j&rsquo;avais organis\u00e9 un voyage au S\u00e9nat. Je rencontre ce s\u00e9nateur qui nous invite \u00e0 prendre l&rsquo;ap\u00e9ritif. <br \/>Nous nous promenions dans la tr\u00e8s belle salle des conf\u00e9rences. C&rsquo;\u00e9tait un homme qui aimait bien les femmes, il me parlait, je le prends par le bras et il me dit: \u00ab Ils m&rsquo;\u00e9nervent parce qu&rsquo;ils veulent tous \u00eatre s\u00e9nateur ! Je lui dis: \u00ab Vous ne pouvez pas faire une liste de sept s\u00e9nateurs sans mettre une femme! \u00bb Il me dit : \u00ab Vous avez raison ! \u00bb Cela se passait au mois de mai 1986. Je pars en Polyn\u00e9sie, je re\u00e7ois un t\u00e9lex me disant : \u00ab Est ce que vous accepteriez d&rsquo;\u00eatre sur la liste des s\u00e9natoriales? \u00bb Inutile de vous dire que je n&rsquo;\u00e9tais pas en position d&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9 mais c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un progr\u00e8s. J&rsquo;ai dit oui. Nous avons fait une campagne tr\u00e8s sympathique. Moi, qui \u00e9tais sixi\u00e8me sur sept, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. <br \/>En 1994, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 candidate aux cantonales. J&rsquo;avais adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 un parti politique, j&rsquo;ai d\u00fb me battre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de mon parti pour avoir l&rsquo;investiture. Je l&rsquo;ai eue, mais cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile puisque je suis arriv\u00e9e dans un canton de droite contre un autre candidat de droite. J&rsquo;ai d\u00fb me battre, et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue avec 400 voix d&rsquo;avance sur 23000 \u00e9lecteurs. Je me suis install\u00e9e au Conseil g\u00e9n\u00e9ral comme conseill\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. <br \/>En 1995, deuxi\u00e8me s\u00e9natoriale. <br \/>A l&rsquo;\u00e9poque donc, j&rsquo;\u00e9tais conseill\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. En juin 1995, je participais \u00e0 la commission culture. Un de mes coll\u00e8gues, le pr\u00e9sident de la commission culture, m&rsquo;avait dit : \u00ab Je veux absolument laisser cette pr\u00e9sidence parce que je d\u00e9croche doucement, j&rsquo;en ai assez, j&rsquo;en ai parl\u00e9 au pr\u00e9sident, il est d&rsquo;accord, donc en juillet vous allez \u00eatre pr\u00e9sidente de la commission culture \u00bb. Pourquoi pas ? En juillet, le temps passe, je dis \u00e0 mon coll\u00e8gue : \u00ab Finalement le pr\u00e9sident ne m&rsquo;en a pas parl\u00e9 \u00bb. Il me dit : \u00ab Non, mais vous pouvez \u00eatre pr\u00e9sidente quand m\u00eame \u00bb. Je lui dis : \u00ab Vous plaisantez, cela doit \u00eatre act\u00e9 formellement, on n&rsquo;est pas dans une association, l\u00e0, pas question \u00bb. <br \/><br \/>Les \u00e9lections s\u00e9natoriales avaient lieu en septembre 1995, j&rsquo;avais cru comprendre que je serais sur la liste. Le 15 ao\u00fbt 1995, j&rsquo;\u00e9tais en vacances dans mon chalet au Grand-Bornand, j&rsquo;\u00e9tais en train de faire mon lit, je re\u00e7ois un coup de t\u00e9l\u00e9phone, je d\u00e9croche dans ma chambre, je n&rsquo;avais pas de chaise, je m&rsquo;assieds par terre &#8211; j&rsquo;avais bien fait de m&rsquo;asseoir par terre -, je re\u00e7ois un coup de fil : \u00ab Tu n&rsquo;es pas sur la liste et moi non plus \u00bb. Michel Mercier &#8211; qui \u00e9tait alors le pr\u00e9sident du Conseil g\u00e9n\u00e9ral et qui est maintenant mon patron ici &#8211; a fait une liste, et nous n&rsquo;\u00e9tions dessus ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. <br \/>Les \u00e9lections avaient lieu le 21 septembre, je suis rest\u00e9e assise un petit moment et je me suis dit : \u00ab Non, je ne peux pas faire cela \u00e0 mes copines, je me suis battue depuis des ann\u00e9es pour la parit\u00e9, je ne vais pas laisser cela, je vais faire une liste de femmes \u00bb. J&rsquo;ai d&rsquo;abord voulu faire une liste paritaire. Tous les maires se sont d\u00e9fil\u00e9s, les adjoints, tous les hommes. <br \/>Je me suis dit : \u00ab cela ne fait rien, je vais faire une liste de femmes \u00bb. <br \/>J&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 trouver sept femmes dans les quinze derniers jours avant septembre, parce qu&rsquo;il fallait la faire la campagne, et j&rsquo;ai fait une liste de femmes. Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. J&rsquo;ai eu la moiti\u00e9 des voix n\u00e9cessaires pour \u00eatre \u00e9lue. <br \/>Je suis revenue au Conseil g\u00e9n\u00e9ral. <br \/>J&rsquo;avais d&rsquo;abord \u00e9crit \u00e0 mon Pr\u00e9sident du Conseil g\u00e9n\u00e9ral qui \u00e9tait la t\u00eate de liste, pour lui dire: \u00ab Cher Pr\u00e9sident, vous pouvez compter sur ma fid\u00e9lit\u00e9 au Conseil g\u00e9n\u00e9ral, sur ma fid\u00e9lit\u00e9 dans ma formation politique, mais je ne peux pas, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre battue comme cela, accepter qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de femmes sur la liste \u00bb. Je me suis mise en difficult\u00e9 avec mon Pr\u00e9sident et je me suis dit : \u00ab La pr\u00e9sidence de la commission culture, tu peux toujours courir, tu ne l&rsquo;auras jamais \u00bb. C&rsquo;\u00e9tait tellement important pour moi de marquer le coup que je me fichais \u00e9perdument de ce qui allait se passer. J&rsquo;\u00e9tais \u00e9lue pour sept ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Au bout de six mois, il a dig\u00e9r\u00e9, je suis quand m\u00eame devenu pr\u00e9sidente de la commission culture. <br \/><br \/>Trois ans apr\u00e8s, quand il y a eu un renouvellement au Conseil g\u00e9n\u00e9ral, j&rsquo;ai estim\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait mon tour d&rsquo;\u00eatre vice-pr\u00e9sidente, et donc je suis all\u00e9e le voir et je lui ai dit : \u00ab Est-ce que je ne pourrais pas \u00eatre vice-pr\u00e9sidente ? \u00bb Il m&rsquo;a dit : \u00ab Vous savez, il y a beaucoup de demandes \u00bb. Et il a dit quelque chose qu&rsquo;il n&rsquo;aurait jamais dit \u00e0 un homme : \u00ab Mais vous faites du bon boulot \u00bb. Donc j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 vice-pr\u00e9sidente. <br \/>Il y avait dix vice-pr\u00e9sidents \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y en avait qu&rsquo;un qui partait, donc je me suis dit que j&rsquo;allais \u00eatre dixi\u00e8me vice-pr\u00e9sidente. Il a d\u00e9cid\u00e9 que je devais monter \u00e0 la tribune et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 quatri\u00e8me vice-pr\u00e9sidente. Ensuite j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 deuxi\u00e8me vice-pr\u00e9sidente, et comme on a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 un ministre qui est devenu le premier vice-pr\u00e9sident, je suis troisi\u00e8me vice-pr\u00e9sidente au Conseil g\u00e9n\u00e9ral. <br \/>J&rsquo;avais toujours dans le collimateur, les \u00e9lections s\u00e9natoriales, mais cette fois j&rsquo;\u00e9tais devenue incontournable. Cependant, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu la parit\u00e9, je n&rsquo;aurais pas \u00e9t\u00e9 s\u00e9natrice, cela c&rsquo;est clair, il y avait une telle pression des hommes ! <br \/>Puisqu&rsquo;il y avait la parit\u00e9, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e dans le fait que c&rsquo;\u00e9tait moi, clairement, \u00e0 ce moment-l\u00e0, dans ma formation politique, qui \u00e9tais la femme la plus valable, j&rsquo;\u00e9tais celle qui venait d&rsquo;elle-m\u00eame, dans cette formation politique, pour ce d\u00e9partement. <br \/>Il n&rsquo;y aurait pas eu la parit\u00e9, je suis s\u00fbre que j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me, et que je n&rsquo;aurais pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue, peut-\u00eatre troisi\u00e8me, puisqu&rsquo;on savait qu&rsquo;il y aurait \u00e0 peu pr\u00e8s deux \u00e9lus. Je voulais vous dire qu&rsquo;\u00e0 la fois je me suis battue, et qu&rsquo;au fond, c&rsquo;est pour moi un accomplissement qui est presque naturel. <br \/>La loi sur la parit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait pour moi une n\u00e9cessit\u00e9, je pense qu&rsquo;il faut continuer. J&rsquo;ai bien l&rsquo;intention maintenant que je suis au S\u00e9nat de m&rsquo;en occuper, j&rsquo;aurais beaucoup de mal \u00e0 faire passer mon id\u00e9e de bulletin paritaire, parce qu&rsquo;apparemment c&rsquo;est inconstitutionnel, mais cela ne fait rien, on essaiera de faire autre chose. <br \/>Je me suis battue pour la loi pour la parit\u00e9, et je dois au fait de m&rsquo;\u00eatre engag\u00e9e, de m&rsquo;\u00eatre sentie oblig\u00e9e de me battre encore plus. <br \/><br \/>Sur le pouvoir au S\u00e9nat et \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale, je serai beaucoup plus r\u00e9serv\u00e9e que vous, parce que notre Constitution et les r\u00e8glements des deux assembl\u00e9es sont faits de telle mani\u00e8re que, finalement, le gouvernement fait \u00e0 peu pr\u00e8s ce qu&rsquo;il veut. <br \/>Pour conforter ce que vous disiez, je pense qu&rsquo;il ne faut pas rester trop longtemps dans le m\u00eame mandat. <br \/>Je pense que le cumul des mandats est dramatique ; je suis en train de le vivre mais je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de le vivre au-del\u00e0 des prochaines \u00e9ch\u00e9ances, c&rsquo;est-\u00e0-dire en 2007 ou en 2008, parce que c&rsquo;est terrible. On n&rsquo;a plus aucune vie personnelle, on n&rsquo;a pas de vie du tout. On travaille tout le temps quand on est consciencieux, et c&rsquo;est mon cas. Je travaille tout le temps. <br \/>Au Conseil g\u00e9n\u00e9ral, je suis vice-pr\u00e9sidente charg\u00e9e des coll\u00e8ges, c&rsquo;est la responsabilit\u00e9 de 750000 m2, c&rsquo;est lourd pour moi. Je suis pr\u00e9sidente d&rsquo;un h\u00f4pital, je suis pr\u00e9sidente d&rsquo;un syndicat inter-hospitalier, plus cinquante d\u00e9l\u00e9gations dont certaines fortes int\u00e9ressantes. J&rsquo;ai pu abandonner quelques petites choses mais tout cela prend beaucoup de temps. <br \/>Quand je faisais mon travail au Conseil g\u00e9n\u00e9ral, j&rsquo;\u00e9tais occup\u00e9e \u00e0 temps complet, j&rsquo;allais quand m\u00eame chez le coiffeur dans la semaine, maintenant j&rsquo;ai largu\u00e9 quelques petits trucs, je vais chez le coiffeur le samedi ; il y a un coiffeur ici au S\u00e9nat, mais je ne suis pas s\u00fbre qu&rsquo;il soit fait pour les femmes ! Quand arrive le dimanche, 22 heures, j&rsquo;ai fini de r\u00e9gler ma semaine pass\u00e9e et j&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9 correctement ma semaine future, et tous mes assistants re\u00e7oivent leur fax. <br \/>Cela veut dire que ma famille, que je voyais tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, vient tous les quinze jours ou trois semaines, ma fille qui est pr\u00e8s de Lyon m&rsquo;a dit : \u00ab Je r\u00e9serve le dernier samedi de janvier 2006 pour que tu prennes les enfants \u00e0 coucher \u00bb. Voil\u00e0 o\u00f9 on en est. <br \/>Je suis grand-m\u00e8re et j&rsquo;ai un mari extr\u00eamement compr\u00e9hensif qui pousse, qui soutient, qui ne dit jamais rien, qui est toujours d&rsquo;accord, mais je ne prends pratiquement pas de repas \u00e0 la maison pendant la semaine. Il faut qu&rsquo;on ait aussi un environnement qui accepte tout cela et qui soit favorable, sinon ce n&rsquo;est pas possible. Mais cela ne m&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre culpabilis\u00e9e de temps en temps quand m\u00eame. Je devrais avoir pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge mais je me dis : \u00ab Tes petits enfants, tu ne les vois pas assez \u00bb. <br \/>Finalement quand mon mari n&rsquo;est pas l\u00e0 parce qu&rsquo;il voyage beaucoup, je suis bien contente. Je lui dis, pour le tranquilliser, que je rentre \u00e0 onze heures le soir, et comme il est tr\u00e8s inquiet parce que je suis en voiture, \u00e0 partir de onze heures, si je ne suis pas rentr\u00e9e, il ne dort pas. Et comme j&rsquo;ai peur qu&rsquo;il dorme, je ne l&rsquo;appelle pas pour lui dire que je vais \u00eatre en retard, donc il ne dort pas quand m\u00eame. Voil\u00e0 \u00e0 peu pr\u00e8s la vie quotidienne des \u00e9lues. <br \/><br \/>Catherine Guyot <br \/>Je retiendrais la n\u00e9cessit\u00e9, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et la productivit\u00e9, d&rsquo;\u00eatre engag\u00e9e pour la parit\u00e9. Ce combat vous pousse \u00e0 le mener pour vous-m\u00eame et pour les autres femmes. <br \/>Je trouve que c&rsquo;est tr\u00e8s int\u00e9ressant d&rsquo;entendre l\u2019expression de votre dynamique, l\u00e0 o\u00f9 c&rsquo;est tellement difficile de s&rsquo;imposer, de percer, de tenir, de se maintenir, et de recevoir ce qui est l\u00e9gitime. Cette \u00e9ligibilit\u00e9 qui vous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la loi, d&rsquo;apr\u00e8s ce qu&rsquo;on comprend de votre parcours, elle \u00e9tait plus que l\u00e9gitime. <br \/><br \/>Monique Marchal <br \/>Cela me fait tr\u00e8s dr\u00f4le d&rsquo;\u00eatre devant autant de femmes toutes ensemble, cela me fait plaisir parce que combien de fois je me retrouve seule dans une r\u00e9union, avec uniquement des hommes, ou tr\u00e8s peu de femmes. Cela fait vraiment plaisir, on se sent bien chez soi. <br \/>Si je me suis impliqu\u00e9e en politique, c&rsquo;est comme Reine Mataix, on est venu me chercher. On est venu me chercher en 1992, aux \u00e9lections r\u00e9gionales en Alsace, parce que la t\u00eate de liste s&rsquo;\u00e9tait dit que cela ferait bien. C&rsquo;\u00e9tait un peu une publicit\u00e9 pour sa liste, de m\u00eame en 1995, au Conseil municipal. Je n&rsquo;\u00e9tais pas bien plac\u00e9e, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. <br \/>J&rsquo;avais accept\u00e9 d&rsquo;y \u00eatre parce que je trouvais vraiment int\u00e9ressant de m&rsquo;impliquer, et que personnellement, j&rsquo;ai toujours pens\u00e9 qu&rsquo;on a une responsabilit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 on est, que ce soit dans des associations, que ce soit dans des clubs. <br \/>C&rsquo;est ce que je disais \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves, lorsqu\u2019ils \u00e9taient repr\u00e9sentants des \u00e9l\u00e8ves. Il faut s&rsquo;impliquer, donner une partie de son temps et de sa vie \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, puisque nous b\u00e9n\u00e9ficions de cette vie. <br \/>En 1995 pour les \u00e9lections municipales, on est venu me chercher, mais c&rsquo;\u00e9tait aussi de la publicit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait pour qu&rsquo;il y ait une femme. La parit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas encore install\u00e9e. <br \/>C&rsquo;\u00e9tait encore plus retors ; sur la liste, on a pr\u00e9sent\u00e9 tous les candidats et les candidates en annon\u00e7ant leur qualit\u00e9, on m&rsquo;a mis deuxi\u00e8me de liste, et ma qualit\u00e9 c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;\u00eatre discr\u00e8te, je devais rassurer, ils ne l&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s longtemps. <br \/>Je suis arriv\u00e9e dans un milieu de \u00ab sachant \u00bb, et pour une bleue, une petite nouvelle, avec des \u00ab sachant \u00bb, c&rsquo;est difficile de crever l&rsquo;\u00e9cran, d&rsquo;essayer d&rsquo;\u00eatre s\u00fbre de soi, \u00ab d&rsquo;\u00eatre \u00e0 leur niveau \u00bb, on a toujours des doutes et alors on travaille. <br \/>J&rsquo;ai fait des formations sur le budget, des formations sur les commissions d&rsquo;appel d&rsquo;offres parce que je m&rsquo;\u00e9tais inscrite aux commissions d&rsquo;appel d&rsquo;offres, \u00e0 l&rsquo;urbanisme, et aux finances. <br \/><br \/>Dans les campagnes que j&rsquo;ai faites &#8211; les campagnes \u00e9tant des moments uniques d&rsquo;\u00e9change, d&rsquo;\u00e9coute et d&rsquo;apprentissage du terrain, notamment en milieu rural au niveau des l\u00e9gislatives -, ce qui me frappait, c&rsquo;\u00e9tait que les femmes ne se sentaient pas engag\u00e9es en politique. Combien de fois je sonnais et je disais : \u00ab Je me pr\u00e9sente, je voudrais un peu discuter avec vous \u00bb. Elles avaient peur et me disaient : \u00ab Attendez, je vais chercher mon mari, moi je n&rsquo;y connais rien \u00bb. Je leur disais : \u00ab Il faut des femmes, nous avons des choses \u00e0 dire, nous ressentons les choses de fa\u00e7on diff\u00e9rente, il faut du concret, il faut \u00eatre efficace \u00bb. Alors cela commen\u00e7ait \u00e0 porter. <br \/><br \/>En 1995, j&rsquo;\u00e9tais dans un groupe d&rsquo;opposition de rassemblement. En 2001 il y a eu de nouveau des \u00e9lections municipales, donc je suis rest\u00e9e. Le chef de file n&rsquo;a pas voulu se repr\u00e9senter, compl\u00e8tement d\u00e9moralis\u00e9 par le travail au Conseil municipal. Il faut dire que c&rsquo;est tout \u00e0 fait sp\u00e9cial, l&rsquo;opposition est m\u00e9pris\u00e9e, c&rsquo;est tr\u00e8s dur. Lors des Conseils municipaux, il y a une intensit\u00e9 dramatique pour les hommes comme pour les femmes. <br \/>Au niveau des femmes c&rsquo;est encore plus dur, parce que le premier magistrat et ses adjoints sont vraiment misogynes et nous injurient. Des interruptions lors de nos d\u00e9clarations, par exemple, le maire trouvait que j&rsquo;\u00e9tais trop longue dans mes explications, et il m&rsquo;a dit <br \/>: \u00ab Madame Marchal, accouchez ! \u00bb <br \/>La derni\u00e8re fois, \u00e0 ma coll\u00e8gue de groupe : \u00ab Madame, vous n&rsquo;avez pas la lumi\u00e8re \u00e0 tous les \u00e9tages! \u00bb. Ce que je trouve r\u00e9voltant, c&rsquo;est que les attaques se font sur les personnes et non sur leurs messages. Ce que nous entendons, il en va de m\u00eame dans d\u2019autres communes. <br \/>Ambiance machiste et misogyne. <br \/><br \/>Je me suis pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 des \u00e9lections cantonales, j&rsquo;\u00e9tais toujours \u00ab personnalit\u00e9 civile \u00bb, pas affili\u00e9e \u00e0 un parti, j&rsquo;\u00e9tais face \u00e0 l&rsquo;adjoint aux finances sortant, et l\u00e0, j&rsquo;ai quand m\u00eame fait 45 % face \u00e0 lui. J&rsquo;ai fait une campagne de femmes. Je me souviens que, sur un march\u00e9, il y avait un conseiller g\u00e9n\u00e9ral qui faisait sa tourn\u00e9e avec sa femme, on a discut\u00e9 en bonne entente, je lui ai donn\u00e9 des arguments int\u00e9ressants, on a continu\u00e9 chacun de son c\u00f4t\u00e9, et sa femme est venue me retrouver en me disant : \u00ab Madame Marchal, vous avez raison, continuez ! \u00bb. Elle ne voulait pas le dire devant son mari. Comme quoi on peut convaincre les femmes. <br \/>En 2004, j\u2019ai rejoint le parti socialiste, je me suis pr\u00e9sent\u00e9e aux l\u00e9gislatives ; je dois dire quand m\u00eame, que dans notre parti, sur sept circonscriptions, il y a eu quatre femmes qui \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es par le parti, c&rsquo;\u00e9tait une bonne chose. Je n&rsquo;ai pas eu de chance devant ce premier magistrat, mais n\u00e9anmoins en tant que femme, j&rsquo;ai fait 21 % derri\u00e8re des d\u00e9put\u00e9s sortants qui n&rsquo;\u00e9taient pas r\u00e9\u00e9lus, donc j&rsquo;\u00e9tais assez satisfaite. <br \/>Aux \u00e9lections r\u00e9gionales, il y a des listes d\u00e9partementales qui sont ensuite r\u00e9unies pour la liste r\u00e9gionale. Il y a deux d\u00e9partements en Alsace, et les deux pr\u00e9sidents des deux listes de d\u00e9part n&rsquo;\u00e9taient pas des femmes mais des hommes. On n&rsquo;est pas premi\u00e8re, on est toujours deuxi\u00e8me. <br \/>Je suis donc, de nouveau, dans l&rsquo;opposition, je dois \u00eatre faite pour cela, mais c&rsquo;est dur quand m\u00eame. Toutefois je trouve qu&rsquo;au niveau r\u00e9gional, cela a \u00e9t\u00e9 un bol d&rsquo;air frais. Venant du Conseil municipal, j\u2019ai trouv\u00e9, dans ce Conseil r\u00e9gional, du respect. <br \/>Au niveau du Conseil r\u00e9gional, il y a douze commissions. Il y a quand m\u00eame cinq pr\u00e9sidentes de commission, c&rsquo;est vraiment une avanc\u00e9e. Nous travaillons tr\u00e8s bien avec ces femmes. J&rsquo;ai pris les commissions o\u00f9 il faut se battre : d\u00e9veloppement \u00e9conomique\/emploi\/formation professionnelle continue. Dans cette commission, je peux travailler pour les femmes. Il existe des aides individualis\u00e9es, pour des formations les concernant. <br \/>Il y a de plus en plus de familles monoparentales, souvent c&rsquo;est la femme qui est chef de famille, et l\u00e0, il y a un besoin \u00e9norme de formation et d&rsquo;aide. <br \/>Je suis aussi \u00e0 la commission recherche et enseignement sup\u00e9rieur et nouvelles technologies. <br \/>Je suis encore dans deux autres commissions. C&rsquo;est un panorama tr\u00e8s vaste de la r\u00e9gion. <br \/>On parlait des satisfactions des \u00e9lues ; il y a d\u00e9j\u00e0 cette notion de responsabilit\u00e9 qui fait qu&rsquo;on est contente de travailler et de pouvoir \u00eatre efficace, ce que je ne connais pas en tant que membre de l\u2019opposition au Conseil municipal. <br \/>En tant que femme dans mon intergroupe, puisque deux partis se sont mis ensemble, je rencontre des difficult\u00e9s. C&rsquo;est quand m\u00eame les hommes qui sont les plus anciens. Les deux t\u00eates de liste au niveau r\u00e9gional dans les deux d\u00e9partements, sont des maires, et un ancien d\u00e9put\u00e9. L&rsquo;exp\u00e9rience compte, ce qui est normal, mais comme la parit\u00e9 est r\u00e9cente, les anciens sont toujours des hommes. <br \/>Je pense que cela va aller de plus en plus vite, parce que maintenant les femmes vont prendre de l&rsquo;assurance. <br \/>En 2001, au moment des \u00e9lections municipales, le maire a eu beaucoup de mal \u00e0 faire sa liste, et donc il y a des femmes qui n&rsquo;avaient pas tellement envie de venir, et qui sont venues pour faire plaisir. C&rsquo;est dur pour elles, parce qu&rsquo;elles ne sont pas tr\u00e8s motiv\u00e9es. <br \/><br \/>Je voudrais aussi parler de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 dans les chances de se pr\u00e9senter en politique. <br \/>Je pense quand m\u00eame qu&rsquo;actuellement, il y a des diff\u00e9rences au niveau des formations professionnelles et des cat\u00e9gories sociales ; il y a des femmes qu&rsquo;on ne voit pas en politique parce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas assez de formation et donc pas assez de culture. Pas assez d&rsquo;argent aussi ; parce qu&rsquo;il faut quand m\u00eame de l&rsquo;argent, m\u00eame s&rsquo;il y a des indemnit\u00e9s, il faut quand m\u00eame un minimum, et l\u00e0, on touche un point sur lequel on pourrait r\u00e9fl\u00e9chir. <br \/>Au niveau du statut de l\u2019\u00e9lu, il pourrait y avoir des propositions l\u00e9gislatives pour aider ces femmes qui pourraient venir en politique, qui apporteraient \u00e9norm\u00e9ment de choses. <br \/><br \/>Ces divers mandats, c&rsquo;est passionnant, c&rsquo;est archi prenant. J&rsquo;\u00e9tais encore enseignante quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue au Conseil municipal. Depuis, j&rsquo;ai pris une retraite un peu anticip\u00e9e, pour me consacrer \u00e0 la vie associative et politique ; je pr\u00e9side la Ligue des Droits de l&rsquo;Homme \u00e0 Colmar, et j&rsquo;ai une vie d\u2019\u00e9lue. C&rsquo;est s\u00fbr qu&rsquo;on sacrifie quelque chose, mais on le fait avec int\u00e9r\u00eat. <br \/>Il faut donner un temps de sa vie, mais aussi laisser la place aux jeunes, et r\u00e9viser le cumul des mandats. <br \/><br \/>Catherine Guyot <br \/>Oui, mais il ne faut pas laisser perdre l&rsquo;exp\u00e9rience des femmes, puisque les hommes ne laissent pas perdre la leur, apparemment. <br \/>On a entendu dans votre intervention toutes les difficult\u00e9s, les questions d&rsquo;encouragements n\u00e9cessaires pour certaines, la formation, l&rsquo;argent, et aussi les possibilit\u00e9s d&rsquo;actions qui peuvent donner lieu \u00e0 des solidarit\u00e9s de femmes par exemple, ce que vous avez expliqu\u00e9 sur la formation professionnelle. <br \/>Je ne suis pas \u00e9lue, mais je trouve que cela fait penser aux th\u00e8mes qui avaient \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s dans les conf\u00e9rences internationales, par exemple du \u00ab\u00a0Gender mainstreaming\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la prise en compte, dans tous les domaines, des questions d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ou d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes, et des politiques \u00e0 mettre en place pour des femmes. <br \/><br \/>Ren\u00e9e G\u00e9rard <br \/>Je suis vice-pr\u00e9sidente de la CLEF, la Coordination Fran\u00e7aise du Lobby Europ\u00e9en des Femmes. <br \/>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e par tous les t\u00e9moignages qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s et, en \u00e9coutant, ce qui vient en filigrane, c&rsquo;est que m\u00eame celles d&rsquo;entre vous qui ont accompli beaucoup de choses restent encore tr\u00e8s modestes, ainsi sur les difficult\u00e9s qu&rsquo;elles ont \u00e0 traiter avec leurs coll\u00e8gues. <br \/>Le t\u00e9moignage de Muguette Dini m&rsquo;a beaucoup frapp\u00e9e, dans cette p\u00e9riode de Roland Garros o\u00f9 l&rsquo;on parle de la formation des sportifs, on insiste sur la formation physique, sur le mental. Dans ce domaine, je me demande si pour les femmes, il ne s&rsquo;agirait pas de formations dans ce genre-l\u00e0. Madame Dini est une marathonienne, et il y a peu de femmes marathoniennes. <br \/>Ce qui m&rsquo;a frapp\u00e9e, c&rsquo;est sa persistance, c&rsquo;est son sens de la strat\u00e9gie. <br \/>Vous aviez peut \u00eatre un feeling pour choisir tout cela, mais il me semble que, quand m\u00eame, il y a encore des formations, m\u00eame pour des femmes qui sont d\u00e9j\u00e0 parvenues \u00e0 certaines \u00e9tapes, pour les aider \u00e0 aller plus loin. <br \/>En entendant Madame Marchal qui fait tant de choses, je trouve qu&rsquo;elle a l&rsquo;air encore tr\u00e8s modeste, et vis-\u00e0-vis de ce grossier personnage, il faudrait peut-\u00eatre apprendre aussi \u00e0 parler \u00e0 ces gens, peut-\u00eatre pas dans les m\u00eames termes, mais \u00e0 les remettre \u00e0 leur place aussi. <br \/><br \/>Muguette Dini <br \/>Je n&rsquo;ai jamais eu de plan de carri\u00e8re, mais \u00e0 un certain moment, je me suis dit que je pouvais tenir la place de l&rsquo;autre, l&rsquo;autre \u00e9tant un homme, parce que j&rsquo;\u00e9tais bonne, meilleure que lui. Je me suis dit que puisque j&rsquo;\u00e9tais meilleure que lui, pourquoi ne pas avoir la place ? <br \/>J\u2019\u00e9tais partie pour un quatri\u00e8me mandat de conseill\u00e8re municipale parce que j&rsquo;avais dans le collimateur les s\u00e9natoriales, sinon je ne serais pas repartie. Cela n&rsquo;a servi \u00e0 rien puisque je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue. <br \/><br \/>Ce que je veux dire, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 un certain moment, on a fait le tour de la question, et surtout, on a apport\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on est, ce qu&rsquo;on avait \u00e0 apporter. C&rsquo;est pour \u00e7a que je m&rsquo;\u00e9tonne que des maires puissent tenir trente ans, je me demande ce qu&rsquo;ils peuvent encore faire au bout de trente ans. Au bout de six ans, on n&rsquo;a pas fait assez, au bout de douze ans, on a bien fait, mais au bout de dix-huit, on a bien fait le maximum. Ce n&rsquo;est plus la peine, il y en a derri\u00e8re nous qui ont s\u00fbrement de bonnes id\u00e9es. Pour moi, c&rsquo;\u00e9tait termin\u00e9. <br \/><br \/>Je vais finir mon deuxi\u00e8me mandat de vice-pr\u00e9sidente de Conseil g\u00e9n\u00e9ral, il me semble que j&rsquo;ai tout donn\u00e9, je ne peux plus. Je ne ferai qu&rsquo;un mandat de S\u00e9natrice parce que j&rsquo;aurais soixante-seize ans quand celui-ci se terminera. C&rsquo;est plus pour moi le sentiment qu&rsquo;\u00e0 un moment donn\u00e9, il faut ou bien que je progresse, ou bien que je m&rsquo;arr\u00eate. <br \/>J&rsquo;ai pu progresser mais je suis s\u00fbre que si j&rsquo;ai progress\u00e9, c&rsquo;est parce que j&rsquo;ai d\u00fb d\u00e9montrer en permanence, encourag\u00e9e par les coll\u00e8gues, que je pouvais aller au fond des dossiers, et que j&rsquo;\u00e9tais capable d&rsquo;\u00eatre aussi bonne que n&rsquo;importe qui d&rsquo;autre. Il faut le d\u00e9montrer en permanence, donc beaucoup travailler. Quand on est une femme, on est constamment oblig\u00e9e de d\u00e9montrer que \u2026 . Ce n&rsquo;est pas le cas des hommes. <br \/><br \/>Comment r\u00e9pond-on devant la grossi\u00e8ret\u00e9 des personnes ? <br \/><br \/>Monique Marchal <br \/>C&rsquo;est la troisi\u00e8me fois que nous sortons en claquant la porte du Conseil municipal. Cette foisci, nous sommes all\u00e9s \u00e0 un pot du Conseil municipal qui se termine souvent tr\u00e8s tard, vers 2223 heures. <br \/>Nous sommes all\u00e9s au pot qui normalement suit la s\u00e9ance du Conseil, avant les autres, pour montrer que nous n&rsquo;\u00e9tions pas d\u00e9stabilis\u00e9s. Et l\u00e0, nous avons encore constat\u00e9 la pr\u00e9sence de la presse locale qui ne facilite pas les choses. <br \/>La presse a fait un petit zapping sur le Conseil municipal en disant : \u00ab Les \u00e9lus ont non seulement quitt\u00e9 la place, mais ils sont all\u00e9s manger les petits fours aux frais du contribuable \u00bb. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;opposition qui va manger les petits fours, c&rsquo;est tout le Conseil municipal dans son entier. <br \/>J&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9, au nom de mon groupe, une lettre ouverte au Maire, en disant qu&rsquo;il \u00e9tait inadmissible que le comportement du premier magistrat de la ville se situe \u00e0 ce niveau, que c&rsquo;\u00e9tait une incivilit\u00e9. L&rsquo;incivilit\u00e9 quand on est \u00e9lu, il faut l&rsquo;\u00e9viter, nous exigeons d\u00e9sormais un comportement respectueux \u00e0 notre endroit. Il nous a r\u00e9pondu dans la presse en reparlant des petits fours. Voil\u00e0 comment cela se passe, et comment on vit les choses au quotidien avec des hommes qui m\u00e9prisent vraiment les femmes. <br \/><br \/>Au Conseil r\u00e9gional, cela a \u00e9t\u00e9 une agr\u00e9able d\u00e9couverte de voir un pr\u00e9sident qui n&rsquo;est pas de mon bord mais qui est respectueux, consensuel. On peut travailler main dans la main quand m\u00eame, entre partis politiques. Je suis pr\u00e9sidente d&rsquo;un atelier sur la strat\u00e9gie touristique, r\u00e9gionale, tout en \u00e9tant dans l&rsquo;opposition. <br \/>Je suis adh\u00e9rente de Femmes d&rsquo;Alsace qui a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par Liliane Gall et dont la pr\u00e9sidente est maintenant Marie-Jos\u00e9 Muller. Nous appartenons \u00e0 diff\u00e9rents partis dans cette association. Je trouve cela tr\u00e8s enrichissant. Nous sommes tr\u00e8s respectueuses les unes des autres et je pense que c&rsquo;est un lieu politique o\u00f9 on peut \u00e9changer et o\u00f9 on peut faire avancer les choses de part et d&rsquo;autre en toute amiti\u00e9. <br \/><br \/>Corinne F\u00e9ret <br \/>Je suis une nouvelle \u00e9lue, c&rsquo;est mon premier mandat. <br \/>Je voudrais revenir sur le fait d&rsquo;\u00e9prouver le sentiment de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur ; lors de r\u00e9unions, il y a de fortes personnalit\u00e9s connues au niveau national, par exemple, Madame Nicole Ameline ; elle est \u00e9lue au Conseil r\u00e9gional avec moi, et elle est dans la commission emploi et reconversion industrielle. J&rsquo;avoue qu&rsquo;au d\u00e9but, elle m&rsquo;a beaucoup intimid\u00e9e. Lors des premi\u00e8res r\u00e9unions, j&rsquo;\u00e9tais discr\u00e8te, mais par la force des choses, je n&rsquo;avais pas le choix, il fallait que je m&rsquo;affirme. <br \/>Quelquefois, on est parano ; on se dit : \u00ab On peut nous confier de grandes responsabilit\u00e9s qui sont tellement importantes que, peut-\u00eatre, certains souhaiteraient que l&rsquo;on \u00e9choue, cela servirait la d\u00e9monstration selon laquelle les femmes ne sont pas \u00e0 la hauteur \u00bb. L&rsquo;enjeu est \u00e9norme. <br \/>En participant \u00e0 des colloques, \u00e0 des journ\u00e9es de formation, \u00e0 toutes les r\u00e9unions, je m&rsquo;oblige \u00e0 participer pour pouvoir ma\u00eetriser tous les dossiers. Cela prend beaucoup de temps. Je pense \u00e0 la pr\u00e9paration de mes interventions, notamment je pense au premier budget qu&rsquo;on a vot\u00e9 en f\u00e9vrier dernier. C&rsquo;\u00e9tait un moment important. J&rsquo;ai pass\u00e9 des nuits \u00e0 pr\u00e9parer mon intervention, \u00e0 r\u00e9diger. Je me disais: \u00ab Tout le monde va faire pareil \u00bb. Mais pas du tout. On m&rsquo;a dit : \u00ab Quel est le service qui t&rsquo;a r\u00e9dig\u00e9 ton discours ? \u00bb <br \/>Je me suis rendu compte que finalement, je n&rsquo;\u00e9tais pas moins bien que d&rsquo;autres, et qu&rsquo;en connaissant les personnes, Madame Ameline notamment, en ayant aussi l&rsquo;habitude de la rencontrer dans d&rsquo;autres endroits, dans d&rsquo;autres r\u00e9unions, elle est comme vous et moi, que les hommes ne sont pas exceptionnels. En ma\u00eetrisant certains dossiers, je me suis aper\u00e7ue que certains de ces messieurs qui pouvaient laisser para\u00eetre une tr\u00e8s forte assurance et une ma\u00eetrise compl\u00e8te de leurs dossiers, ne les connaissaient pas. J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de le leur faire comprendre et de le leur dire. C&rsquo;est un petit moment de plaisir. <br \/>Personnellement et individuellement, c&rsquo;est satisfaisant de voir qu&rsquo;on a les comp\u00e9tences et les capacit\u00e9s de remplir et d&rsquo;assumer ses fonctions, d&rsquo;assumer ses responsabilit\u00e9s. <br \/><br \/>Je disais tout \u00e0 l&rsquo;heure que pour moi, c&rsquo;\u00e9tait une formidable aventure, et aussi une formidable aventure humaine. On l&rsquo;a \u00e9voqu\u00e9 dans la premi\u00e8re table-ronde, en tant que femme et en tant qu&rsquo;\u00eatre humain ; on m&rsquo;en aurait parl\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es, je me serais dit : \u00ab Je ne saurais jamais faire cela, je ne serais pas capable de le faire \u00bb, et de voir que, mois apr\u00e8s mois, cela se passe plut\u00f4t bien, que j&rsquo;arrive \u00e0 prendre la parole en public, \u00e0 faire des discours, \u00e0 improviser des interventions &#8211; parce qu&rsquo;il y a certains messieurs qui prennent un malin plaisir \u00e0 vous dire: \u00ab Madame Feret \u00e0 vous la parole ! \u00bb alors qu&rsquo;on ne vous a pas dit que vous auriez une intervention \u00e0 faire -, c&rsquo;est un enjeu, un challenge \u00e0 relever. J&rsquo;arrive \u00e0 les relever. <br \/>Je pense qu&rsquo;on est toutes capables de le faire, et que c&rsquo;est vraiment un v\u00e9ritable enrichissement personnel tr\u00e8s fort et tr\u00e8s important. <br \/><br \/>Fr\u00e9d\u00e9rique F\u00e8vre <br \/>Je suis Fr\u00e9d\u00e9rique F\u00e8vre, militante de l&rsquo;Alliance des Femmes pour la D\u00e9mocratie. Je suis principale adjointe dans un \u00e9tablissement scolaire. Dans ce que j&rsquo;ai entendu, il me semble que dans les Conseils r\u00e9gionaux, \u00e0 la suite de la loi, il y a du coup, un acc\u00e8s des femmes r\u00e9el et concret. <br \/>J&rsquo;ai l&rsquo;impression que, dans ce que vous dites, \u00e7a change vraiment le mode de travail politique, les prises de d\u00e9cision, et pour vous, le contexte de travail semble s&rsquo;\u00eatre nettement am\u00e9lior\u00e9. <br \/>Je voulais avoir votre avis l\u00e0-dessus. <br \/>Si vous le reliez \u00e0 l&rsquo;avanc\u00e9e de la loi, constatez-vous vraiment le changement ? Pour beaucoup, vous n&rsquo;\u00e9tiez pas dans les Conseils r\u00e9gionaux avant ? Est-ce que cela modifie vraiment quelque chose ? <br \/>Vous dites qu&rsquo;assez vite, sur les questions des femmes, vous vous retrouvez. La participation des femmes a-t-elle amen\u00e9 un changement dans la fa\u00e7on de traiter les probl\u00e8mes f\u00e9minins, dans la fa\u00e7on de faire de la politique dans ces ex\u00e9cutifs et dans ces assembl\u00e9es ? <br \/><br \/>Corinne F\u00e9ret <br \/>Je dois dire que je ne rate pas une occasion au Conseil r\u00e9gional, d\u00e8s qu&rsquo;une toute petite porte s&rsquo;ouvre, d&rsquo;intervenir sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes\/femmes, d&rsquo;intervenir sur la mixit\u00e9 professionnelle, d&rsquo;intervenir sur la mixit\u00e9 au niveau de l&rsquo;orientation des filles. <br \/>Je vois bien que, parfois, je surprends des personnes, mais, en m\u00eame temps, j&rsquo;ai le sentiment que les oreilles s&rsquo;ouvrent et se dressent de plus en plus. <br \/>Je pense qu&rsquo;en ayant de plus en plus de femmes investies en politique et en pouvant faire passer des messages comme ceux-l\u00e0, en tant que femme, on a une autre approche de la <br \/>politique. <br \/>On le fait diff\u00e9remment. Cela oblige non seulement nos coll\u00e8gues hommes \u00e0 se poser des questions, \u00e0 entendre ce que l&rsquo;on dit aussi, et \u00e0 s&rsquo;apercevoir que cela r\u00e9pond \u00e0 une attente de la soci\u00e9t\u00e9. On peut faire bouger les choses aussi comme cela. Petit \u00e0 petit, on arrivera aussi \u00e0 faire \u00e9voluer des situations. <br \/>Je vais prendre un exemple : la journ\u00e9e du 8 mars qui est quelque chose de tr\u00e8s important. <br \/>Quelques semaines avant le 8 mars, je suis all\u00e9e voir le Pr\u00e9sident, je lui ai dit : \u00ab Je souhaiterais qu&rsquo;on fasse quelque chose \u00e0 la R\u00e9gion \u00bb. Il me dit d&rsquo;accord. Je pensais qu&rsquo;il serait l\u00e0, mais il n&rsquo;a pas pu \u00eatre l\u00e0. Toujours est-il qu&rsquo;on a organis\u00e9 au sein du Conseil r\u00e9gional, c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois, une rencontre des femmes de Basse-Normandie, investies dans le domaine \u00e9conomique, associatif, culturel. Il y avait des jeunes filles qui se d\u00e9marquaient au niveau sportif, ou des jeunes filles qui s&rsquo;orientent vers des \u00e9tudes scientifiques. La salle de r\u00e9ception \u00e9tait pleine et j&rsquo;ai fait le discours que j&rsquo;avais r\u00e9dig\u00e9, moi. L\u00e0 aussi, on fait passer des messages. La presse l&rsquo;a dit. Les femmes peuvent faire bouger les choses. Il n&rsquo;y avait pas un seul \u00e9lu homme. Ils ont rat\u00e9 quelque chose. Tant pis pour eux. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9tape et un nouveau pas franchi. <br \/>Au niveau r\u00e9gional, c&rsquo;est tr\u00e8s satisfaisant puisqu&rsquo;on est dans des commissions. Dans les commissions, effectivement, nous les femmes, on fait avancer les dossiers. <br \/>Je suis au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et \u00e0 l&#8217;emploi ; on r\u00e9fl\u00e9chit sur les diff\u00e9rentes formations qu&rsquo;on va offrir aux cellules de reclassement des entreprises qui licencient, il faut offrir des bilans aux licenci\u00e9s et leur proposer des reconversions. Je me souviens d&rsquo;une entreprise o\u00f9 majoritairement il y avait des femmes ; il y a des formations sp\u00e9cifiques pour les femmes. Il y a une parit\u00e9 qui s&rsquo;installe aussi au niveau \u00e9conomique ; il y avait une formation dans une entreprise pour l&rsquo;utilisation de chariots \u00e9l\u00e9vateurs, de grosses machines, des femmes s&rsquo;\u00e9taient inscrites. Il en est r\u00e9sult\u00e9 que les formateurs \u00e9taient tr\u00e8s contents d&rsquo;elles en disant qu&rsquo;elles avaient une grande habilet\u00e9 et peut-\u00eatre plus que les hommes. Tout se passait tr\u00e8s bien. On a visit\u00e9 Peugeot et le directeur de Peugeot, nous a dit : \u00ab J&#8217;emploie de plus en plus de femmes parce qu&rsquo;elles sont consciencieuses, elles sont pr\u00e9cises \u00bb. Il y a davantage de m\u00e9tiers \u00e0 pr\u00e9sent avec l&rsquo;\u00e9lectronique par exemple, qui s&rsquo;ouvrent aussi au personnel f\u00e9minin. <br \/>Une autre satisfaction quand on est conseill\u00e8re r\u00e9gionale &#8211; mais comme je suis conseill\u00e8re municipale, je connais le terrain \u2013 c&rsquo;est qu&rsquo;il y a beaucoup de femmes qui viennent aussi me solliciter pour se renseigner sur les diff\u00e9rentes formations pour les femmes. C&rsquo;est aussi beaucoup de travail, de suivre les dossiers et de les mener jusqu&rsquo;au bout. C&rsquo;est individuel. <br \/>C&rsquo;est une lourde responsabilit\u00e9, parce que si on n&rsquo;y arrive pas, les personnes sont d\u00e9\u00e7ues et c&rsquo;est grave pour elles. C&rsquo;est aussi la possibilit\u00e9 de soutenir des dossiers, d&rsquo;\u00eatre un interface entre le terrain et l&rsquo;ex\u00e9cutif. <br \/><br \/>Muguette Dini <br \/>L&rsquo;atmosph\u00e8re dans les Conseils municipaux est tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle des autres assembl\u00e9es. Dans les Conseils municipaux, on a des gens qui s&rsquo;affrontent parce qu&rsquo;ils se sont affront\u00e9s physiquement dans la campagne. Cela explique l&rsquo;agressivit\u00e9 ensuite de celui qui a gagn\u00e9 contre celui qui a perdu, ou dans les deux sens quelquefois. Cela n&rsquo;excuse pas la discourtoisie, c&rsquo;est intol\u00e9rable, mais c&rsquo;est toujours conflictuel. Cela l&rsquo;est beaucoup moins dans les assembl\u00e9es o\u00f9 l&rsquo;on a des listes avec des gens qui ne se connaissaient pas sp\u00e9cialement avant. <br \/>Quand on se rencontre, on a gagn\u00e9 ou on a perdu, mais on travaille ensemble parce qu&rsquo;on ne s\u2019est pas confront\u00e9. Je voulais vous donner une lueur d&rsquo;espoir dans la mani\u00e8re dont se comportent les \u00e9lus. <br \/>Au S\u00e9nat il y a maintenant plus de 17 % de femmes, c&rsquo;est beaucoup par rapport \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e. Nous sommes 57. Dans les groupes politiques, dans le mien, l&rsquo;atmosph\u00e8re change. Dans mon groupe on est 33 et il y a sept femmes. Ces sept femmes ont la p\u00eache, nous sommes deux nouvelles. <br \/>L&rsquo;autre jour, a eu lieu un petit incident, quelque chose d&rsquo;inhabituel, \u00e0 propos de la loi sur la fin de vie. Nous avons commenc\u00e9 la discussion \u00e0 9h30 et manifestement le Gouvernement, pour des raisons que je peux comprendre mais que je n&rsquo;ai pas accept\u00e9es, voulait la faire voter \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9, tous partis confondus, pour ne pas retourner \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale ; le Gouvernement avait d\u00e9cid\u00e9 que nous adopterions le texte au S\u00e9nat de mani\u00e8re absolument conforme \u00e0 la virgule pr\u00e8s, mais au lieu de nous le dire d&rsquo;entr\u00e9e de jeu, on nous a laiss\u00e9s, les uns et les autres, pr\u00e9senter des amendements. Tous les amendements \u00e9taient refus\u00e9s. <br \/>Dans mon petit groupe, on \u00e9tait sept pr\u00e9sents dont le Pr\u00e9sident (il est \u00e0 la fois mon Pr\u00e9sident de Conseil g\u00e9n\u00e9ral, et celui de mon groupe politique aussi). Je suis all\u00e9e le voir, je lui ai dit: \u00ab On ne peut pas se faire rejeter comme cela ! Je vais m&rsquo;en aller, et d&rsquo;ailleurs je vais en parler aux autres \u00bb. Que l&rsquo;opposition se fasse rejeter, ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pas agr\u00e9able, parce que souvent elle a des propositions int\u00e9ressantes, mais c&rsquo;est politique. <br \/>J&rsquo;en parle aux autres, il y a une petite interruption de s\u00e9ance. Je fais un petit texte, je dis au Pr\u00e9sident : \u00ab J&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9 un texte, nous allons partir \u00bb. Il me dit : \u00ab Vous attendez la fin du premier article \u00bb. J&rsquo;attends la fin du premier article. <br \/>On demande des explications de vote. Je l\u00e8ve la main et je dis au nom de mon groupe : \u00ab On est trait\u00e9 avec beaucoup de m\u00e9pris, les personnes de mon groupe vont quitter l&rsquo;h\u00e9micycle et ne participeront pas au vote \u00bb. Nous sommes sortis. Cela ne s&rsquo;\u00e9tait jamais fait. Parmi les six personnes qui \u00e9taient l\u00e0, il y avait quatre femmes et deux hommes. Jamais les hommes de mon groupe, s&rsquo;il y avait eu six hommes dans le groupe, ne l&rsquo;auraient fait. <br \/>Mon Pr\u00e9sident m&rsquo;a dit en public : \u00ab L&rsquo;arriv\u00e9e des femmes modifie compl\u00e8tement l&rsquo;atmosph\u00e8re de cette maison \u00bb. <br \/>On a vot\u00e9 une loi sur la violence dans les couples. Le ressenti des femmes, toutes tendances confondues dans l&rsquo;h\u00e9micycle, n&rsquo;avait strictement rien \u00e0 voir avec le ressenti des hommes. <br \/>Malheureusement nous sommes rest\u00e9es en-de-\u00e7a de ce qu&rsquo;il aurait fallu faire, mais je suppose qu&rsquo;on va remettre cela, les unes et les autres, on va revenir l\u00e0-dessus, parce que ce n&rsquo;est rien du tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des besoins. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas ce que les femmes attendaient. <br \/><br \/>Je sens bouger les choses. En 2007, aux prochaines \u00e9lections s\u00e9natoriales, la parit\u00e9 va s&rsquo;appliquer pour la troisi\u00e8me fois. Malheureusement elle ne s&rsquo;applique que dans les scrutins de listes mais cela fait quand m\u00eame \u00e9voluer les choses. Quand il y a beaucoup de listes et que les t\u00eates de listes sont des hommes, bien s\u00fbr, ils sont \u00e9lus et pas les femmes. Mais cela bouge ! <br \/><br \/>Claudette Apprill <br \/>Je voulais vous faire part d&rsquo;une simple r\u00e9flexion apr\u00e8s vous avoir entendues. Je suis tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e, moi qui ne suis pas dans le monde politique, de voir toutes ces femmes qui s&rsquo;engagent avec une telle d\u00e9termination et une telle intelligence ! Certainement que cela va faire bouger le monde politique, parce que la politique est un lieu d&rsquo;affrontement des sexes, et c&rsquo;est difficile dans ce domaine. Dans le jeu des sexes en priv\u00e9, il y a l&rsquo;amour, la s\u00e9duction, qui facilitent les choses, pour aplanir les probl\u00e8mes entre les deux sexes, mais dans le monde politique, ceci n&rsquo;existe pas. <br \/>Il y a le f\u00e9minin et il y a le masculin. La difficult\u00e9 c&rsquo;est que, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, le terrain politique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 investi que par le masculin. Il s&rsquo;est construit une forteresse masculine dans le monde politique et \u00e9videmment ces messieurs se trouvent tr\u00e8s bien entre eux. <br \/>Je vous dis cela pour vous faire appr\u00e9hender le concept de parit\u00e9, parce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 tellement d\u00e9voy\u00e9, il est encore incompris, m\u00eame dans la loi. <br \/>Vous venez de parler de 2007. <br \/>Je voudrais que dans ce laps de temps qu&rsquo;il nous reste encore, on approfondisse, du moins les femmes, les hommes le feront \u00e0 leur mani\u00e8re, je ne suis pas un homme donc je ne sais pas ce qu&rsquo;ils pensent, parce qu&rsquo;il faut bien croire que les deux sexes sont inintelligibles l&rsquo;un pour l&rsquo;autre, sinon ils n&rsquo;existeraient pas, nous serions tous des enfants. Pendant ces quelques ann\u00e9es qui nous restent, je veux vous faire comprendre \u00e0 vous femmes, parce que vous avez la capacit\u00e9 de percevoir, ce qu&rsquo;est vraiment la parit\u00e9. <br \/>La parit\u00e9 je l&rsquo;ai invent\u00e9e. Elle est n\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9volte de ma part, que je sens aussi sourdre chez ces femmes politiques. Je m&rsquo;\u00e9tais dit que les hommes n&rsquo;avaient aucune l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 nous imposer notre fa\u00e7on de vivre, notre condition de femmes. Je n&rsquo;ai trouv\u00e9 aucune raison pour asseoir cette l\u00e9gitimit\u00e9. <br \/>La parit\u00e9 est un concept r\u00e9volutionnaire en ce sens qu&rsquo;il op\u00e8re une fracture dans la vie politique parce que la parit\u00e9 suppose, n\u00e9cessite, que le masculin et le f\u00e9minin soient vraiment les titulaires de la souverainet\u00e9 nationale. <br \/>C&rsquo;est cela que je voudrais faire comprendre \u00e0 ce monde politique des femmes, c&rsquo;est qu&rsquo;elles ne doivent pas l&rsquo;aborder en disant: \u00ab On veut faire aussi quelque chose, on peut apporter quelque chose, on va faire changer la politique\u2026 \u00bb <br \/>Non. Les femmes doivent entrer en politique parce qu&rsquo;elles sont les d\u00e9tentrices, au m\u00eame titre que les hommes, de la souverainet\u00e9 nationale. C&rsquo;est une n\u00e9cessit\u00e9 d\u00e9mocratique. <br \/>Vous n&rsquo;\u00eates pas l\u00e0 pour aller f\u00e9miniser la vie politique &#8211; comme cette loi dite improprement sur la parit\u00e9 &#8211; a certainement r\u00e9ussi \u00e0 le faire. <br \/>C&rsquo;est peut-\u00eatre un premier pas, c&rsquo;est une exp\u00e9rience, mais nous devons tirer toutes les cons\u00e9quences de cette exp\u00e9rience pour asseoir maintenant votre l\u00e9gitimit\u00e9 politique, d&rsquo;\u00eatre les d\u00e9tentrices \u00e0 moiti\u00e9 de la souverainet\u00e9 nationale, et des actrices \u00e0 parit\u00e9 avec les hommes. <br \/>La parit\u00e9 suppose une \u00e9galit\u00e9, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en droit, pour les deux sexes, c&rsquo;est une \u00e9galit\u00e9 en valeurs et en dignit\u00e9. <br \/>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est la difficult\u00e9 ; on continue \u00e0 raisonner en mati\u00e8re de participation des femmes \u00e0 la vie politique, en termes d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en droit. Ce n&rsquo;est pas une \u00e9galit\u00e9 en droit. <br \/>J&rsquo;ai \u00e9crit un livre sur ma d\u00e9marche vers la parit\u00e9 qui explique beaucoup de choses, qui fait une analyse tr\u00e8s approfondie des rapports de sexe, puisque c&rsquo;est \u00e7a qui m\u00e8ne le monde. <br \/>Ce livre va peut-\u00eatre enfin para\u00eetre et je pense que vous auriez int\u00e9r\u00eat \u00e0 le lire, vous y trouverez, je pense, \u00e9norm\u00e9ment de moyens d&rsquo;appr\u00e9hender cette difficult\u00e9 qu&rsquo;il y a \u00e0 ce que le f\u00e9minin entre dans ce monde politique masculin. Il doit absolument y entrer mais sur une base tr\u00e8s claire et il faut modifier notre Constitution. <br \/><br \/>Catherine Guyot. <br \/>Je voulais ajouter, pour celles qui ne le savent peut-\u00eatre pas, que c&rsquo;est au sein du Conseil de l&rsquo;Europe que Claudette Apprill a d\u00e9velopp\u00e9 ce merveilleux principe de parit\u00e9. <br \/><br \/>Muguette Dini <br \/>Je vous ai souvent entendu Madame, et pour moi la d\u00e9marche que j&rsquo;ai personnellement, c&rsquo;est un moyen. Pour moi, je suis une \u00e9tape, et j&rsquo;esp\u00e8re bien que tr\u00e8s rapidement nous en serons \u00e0 ce que vous d\u00e9crivez. <br \/><br \/>Monique Dental <br \/>Je suis animatrice du r\u00e9seau f\u00e9ministe Ruptures qui a beaucoup \u0153uvr\u00e9 et milit\u00e9 pour la parit\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es. <br \/>Par rapport \u00e0 tout ce qu&rsquo;on a entendu ce matin, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que ce que vous avez exprim\u00e9 confirme bien le diagnostic que nous avions fait depuis quelque temps. Nous nous rendons compte que cette loi et l&rsquo;engagement des femmes \u00e0 la suite des \u00e9lections quand elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues, du fait aussi de la parit\u00e9, nous ont permis de faire bouger des choses \u00e0 la marge, mais que d&rsquo;une certaine mani\u00e8re par rapport aux \u00e9ch\u00e9ances futures, puisqu&rsquo;on s&rsquo;inscrit dans ce colloque sur les perspectives de \u00ab comment agir pour 2007 ? \u00bb, il faut que nous allions beaucoup plus loin que simplement faire bouger \u00e0 la marge. <br \/>Tout d\u2019abord il y a une n\u00e9cessit\u00e9 de voir comment on pourrait faire pour avoir plus de convergences entre nous, pour peser davantage au niveau des d\u00e9cisions qui se prennent, notamment par rapport \u00e0 la constitution des listes en g\u00e9n\u00e9ral. <br \/>Le probl\u00e8me qui se pose la plupart du temps, c&rsquo;est quand m\u00eame l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du parti qui prime davantage plut\u00f4t que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des femmes, y compris pour les femmes qui se pr\u00e9sentent au nom des partis, au niveau de la constitution des listes, et au niveau de qui reste au deuxi\u00e8me tour quand il y a plusieurs tours. <br \/>Il y a un probl\u00e8me de solidarit\u00e9 des femmes et de f\u00e9minisme tout court, qui se pose de mani\u00e8re plus cruciale que dans la premi\u00e8re phase que nous avons v\u00e9cue. <br \/>Ensuite, la question qui se pose aussi pour moi, c&rsquo;est comment faire pour que les femmes qui sont d&rsquo;accord avec nous au niveau de la population n&rsquo;aient pas le sentiment que, lorsque les femmes passent le cap de l\u2019\u00e9lection, elles prennent des distances par rapport \u00e0 elles. Une fois \u00e9lues, elles ne vont pas porter, dans leurs projets politiques, des mesures qui permettront v\u00e9ritablement de changer la vie des femmes. <br \/>De ce fait, elles ressentent les femmes \u00e9lues beaucoup plus comme allant renforcer la politique politicienne, que pour v\u00e9ritablement faire des choses pour changer la vie au quotidien. Il faudrait afficher plus explicitement les mesures qu&rsquo;il faudrait prendre et qui sont indispensables. <br \/>De plus, dans les associations avec lesquelles j&rsquo;ai travaill\u00e9, ce qui est ressenti comme injuste, c&rsquo;est que finalement toutes ces sommes qui sont retir\u00e9es des partis qui n&rsquo;ont pas respect\u00e9 la parit\u00e9, qu&rsquo;est ce qu&rsquo;elles deviennent ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on en fait ? <br \/>Est-ce qu&rsquo;on ne devrait pas demander \u00e0 ce qu&rsquo;elles reviennent dans les caisses des associations qui elles, sont p\u00e9nalis\u00e9es, parce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont plus de financement par exemple ? <br \/>Il faut qu&rsquo;on arrive \u00e0 donner confiance ; cela passe par des mesures directes \u00e0 proposer. <br \/>Il y a une autre question qui est fondamentale : comment inscrire \u00ab D\u00e9mocratiser radicalement la d\u00e9mocratie ? \u00bb avec notre mani\u00e8re de voir les choses. Aujourd&rsquo;hui, la d\u00e9mocratie ce n&rsquo;est plus seulement la d\u00e9mocratie de repr\u00e9sentation, c&rsquo;est aussi la d\u00e9mocratie de participation. <br \/>Nous avons des choses \u00e0 dire sur le lien \u00e0 trouver sur l&rsquo;articulation entre d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative et d\u00e9mocratie participative qui doit forger le nouveau rapport au politique, parce que la question du \u00ab parti \u00bb se trouve aujourd&rsquo;hui pos\u00e9e. Est-ce qu&rsquo;elle correspond \u00e0 la vie en politique ? <br \/>Ce n&rsquo;est plus s\u00fbr du tout quand on voit cette distance entre les \u00e9lecteurs, les \u00e9lus, et les partis politiques. Il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;un m\u00e9pris ou un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la politique, il y a le fait qu&rsquo;il faut rappeler que les formes du politique dans les partis ne correspondent plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9. La politique ne se fait pas pour entrer dans un parti, cela se fait dans les associations, nous faisons tous et toutes de la politique. <br \/><br \/><br \/><strong>TABLE-RONDE AVEC DES EUROP\u00c9ENNES OEUVRANT POUR LA PARIT\u00c9<\/strong><br \/>Fatima Cavaco, Pr\u00e9sidente de la REMA, Portugal, <br \/>Maria Anna Fanelli, Pr\u00e9sidente de la Commission R\u00e9gionale pour la Parit\u00e9 et l&rsquo;\u00c9galit\u00e9 des <br \/>chances de la r\u00e9gion Basilicata, Italie, <br \/>Teresa Muela Tudela, F\u00e9d\u00e9ration andalouse des communes et des provinces, Espagne, <br \/>Randi Theil Nielsen, Conseil des femmes du Danemark, <br \/>Fran\u00e7oise Ramond, Maire d&rsquo;Epernon, ancienne Pr\u00e9sidente d&rsquo;Elles aussi, mod\u00e9ratrice.<br \/><br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>C&rsquo;est un tr\u00e8s grand plaisir pour moi, en tant qu&rsquo;ancienne pr\u00e9sidente d&rsquo;Elles aussi, d&rsquo;accueillir nos amies europ\u00e9ennes avec lesquelles nous avons travaill\u00e9 durement et d\u2019une fa\u00e7on sympathique de 1999 \u00e0 2001. <br \/>J&rsquo;accueille Fatima Cavaco, Pr\u00e9sidente de la REMA, r\u00e9seau pluraliste de femmes portugaises \u00e9lues locales, T\u00e9r\u00e9sa Muela Tudela, Pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration andalouse des communes et des provinces, Maria Anna Fanelli de la Commission r\u00e9gionale pour la parit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances de la r\u00e9gion Basilicata en Italie, et Randi Tell Nielsen du Conseil des Femmes du Danemark. <br \/>De 1999 \u00e0 2001, ensemble, nous avons collabor\u00e9 dans le programme d&rsquo;Elles aussi \u00ab Forums pour 2001 : Pourquoi pas conseill\u00e8re municipale? \u00bb soutenu par la Commission europ\u00e9enne, dans le cadre du programme d&rsquo;action communautaire \u00e0 moyen terme pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances entre les femmes et les hommes. <br \/>Je rappelle que le programme d&rsquo;Elles aussi avait pour but d&rsquo;inciter les femmes \u00e0 \u00eatre candidates aux \u00e9lections municipales de mars 2001. <br \/>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;entre 1999 et 2001, des \u00e9lues et des responsables europ\u00e9ennes ont particip\u00e9 \u00e0 des rencontres ou des forums en France, sept \u00e9lues portugaises, neuf \u00e9lues espagnoles, onze italiennes, cinq danoises, quatre norv\u00e9giennes. <br \/><br \/>C&rsquo;est int\u00e9ressant que quatre ans apr\u00e8s, nous fassions le point sur ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 dans nos diff\u00e9rents pays. Nous avions insist\u00e9 sur l&rsquo;importance de la publication des statistiques concernant le nombre de femmes \u00e9lues. Vous allez avoir ces statistiques et nous verrons qui a progress\u00e9, qui a r\u00e9gress\u00e9. <br \/>Nous nous \u00e9tions mises d&rsquo;accord sur l&rsquo;importance du r\u00f4le des organismes et des associations pour faire avancer la place des femmes en politique. Nous nous \u00e9tions accord\u00e9es sur l&rsquo;importance de l&rsquo;opinion publique comme moyen de pression pour faire changer les <br \/>mentalit\u00e9s. <br \/>En France le nombre des \u00e9lues municipales est pass\u00e9 de 17,1% \u00e0 33%, 47,5% dans les communes de plus de 3500 habitants. <br \/>Aujourd&rsquo;hui je voudrais que nos amies avec lesquelles nous avons d\u00e9j\u00e0 collabor\u00e9 r\u00e9pondent \u00e0 trois questions : <br \/>&#8211; Quelle \u00e9volution dans votre pays en mati\u00e8re de statistiques de femmes \u00e9lues ? &#8211; Que pr\u00e9conisez-vous pour am\u00e9liorer la place des femmes dans les instances politiques \u00e9lues ? <br \/>&#8211; Comment communiquer sur le th\u00e8me de la parit\u00e9 ? <br \/><br \/>Nous allons voir que le mot \u00ab\u00a0parit\u00e9\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas compris de la m\u00eame fa\u00e7on dans les diff\u00e9rents pays d&rsquo;Europe et que cela sera peut-\u00eatre l&rsquo;occasion d&rsquo;une discussion. <br \/>Nous allons commencer par le nord de l&rsquo;Europe. <br \/><br \/>Randi Theil Nielsen (Conseil des Femmes du Danemark) <br \/><br \/>Merci de votre invitation. Je vais faire mon intervention en quatre parties : <br \/>1.Une vue d&rsquo;ensemble de la place des femmes, au niveau local, r\u00e9gional, et national. <br \/>2.Le statut actuel au niveau local, et vous verrez qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une baisse, d&rsquo;une stagnation. <br \/>3. Les r\u00e9formes pr\u00e9vues au niveau des gouvernements locaux avec, esp\u00e9rons-le, des perspectives d&rsquo;un avenir meilleur. <br \/>4. Quelques conclusions. <br \/><br \/>1- Vue d\u2019ensemble aux niveaux local, r\u00e9gional et national <br \/>En g\u00e9n\u00e9ral, le niveau de participation politique des femmes au Danemark est \u00e9lev\u00e9 et il l&rsquo;est depuis le milieu des ann\u00e9es soixante-dix. Cette situation est la m\u00eame dans les autres pays nordiques, et elle est souvent expliqu\u00e9e par la haute valeur accord\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans ces pays qui ont un syst\u00e8me fort d\u2019assistance sociale. <br \/>Une autre explication est que les d\u00e9mocraties nordiques sont sensibles aux pressions de l\u2019\u00e9lectorat, c\u2019est-\u00e0-dire des groupes de femmes et des autres mouvements de base. Malgr\u00e9 beaucoup de diff\u00e9rences entre les pays nordiques \u2013 y compris dans l\u2019organisation du mouvement f\u00e9ministe \u2013 je pense que cette similarit\u00e9 est importante pour pouvoir comprendre la situation g\u00e9n\u00e9rale. Un dernier fait tr\u00e8s important est le taux \u00e9lev\u00e9 des femmes sur le march\u00e9 du travail, comme en France. <br \/>Je vais me concentrer maintenant sur la repr\u00e9sentation politique des femmes au Danemark et en particulier au niveau local, puisque c&rsquo;est le sujet aujourd&rsquo;hui. <br \/>Le syst\u00e8me politique danois se caract\u00e9rise par une forte d\u00e9centralisation. Des d\u00e9cisions importantes concernant l\u2019administration de l\u2019assistance sociale, de l\u2019\u00e9ducation, et de la sant\u00e9, sont prises par les gouvernements locaux. C\u2019est une des raisons qui fait que la repr\u00e9sentation des femmes dans les gouvernements locaux est cruciale, et m\u00eame vitale. Au Danemark, comme dans beaucoup d\u2019autres pays, nous avons un d\u00e9ficit d\u00e9mocratique tant que les femmes et les hommes ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9s paritairement \u00e0 ce niveau. <br \/><br \/>La place des femmes au niveau local a \u00e9volu\u00e9 depuis 1970, lorsque nous avons atteint le seuil de 10% apr\u00e8s un d\u00e9veloppement tr\u00e8s lent, \u00e0 partir de 1909 qui marque le d\u00e9but de la progression des femmes. <br \/>Permettez-moi de souligner deux points remarquables : <br \/>\u2013Le nombre de femmes \u00e9lues est moins important que le nombre de femmes nomm\u00e9es, bien que ce d\u00e9calage soit en train de diminuer. <br \/>\u2013Depuis 1993, nous avons connu une p\u00e9riode de baisse ou de stagnation du nombre de femmes \u00e9lues. Il semble donc y avoir une sorte de barri\u00e8re. Si nous nous comparons aux autres pays nordiques, ils semblent mieux r\u00e9ussir que nous au niveau local. <br \/><br \/>Concernant le niveau r\u00e9gional, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00e9lections au Comt\u00e9, nous constatons encore un point culminant en 1993. Le nombre de femmes \u00e9lues est ici plus \u00e9lev\u00e9 que celui des femmes nomm\u00e9es, et le pourcentage total est plus \u00e9lev\u00e9 au niveau r\u00e9gional qu&rsquo;au niveau local. <br \/><br \/>Au niveau national, celui du Parlement, le point culminant se situe \u00e9galement en 1993. <br \/>On constate une augmentation continue du nombre de femmes \u00e9lues, environ 38% actuellement, et depuis 1988, le nombre de femmes \u00e9lues est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 que celui des femmes nomm\u00e9es. Cette ann\u00e9e, il y a eu une \u00e9lection au Parlement danois, et il y a eu une l\u00e9g\u00e8re baisse \u00e0 37, 5 %. <br \/>Le nombre de femmes \u00e9lues au niveau national est de toute fa\u00e7on remarquablement plus \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;au niveau local ou r\u00e9gional. <br \/><br \/>2) Baisse ou stagnation au niveau local <br \/>Il n\u2019y a pas beaucoup de recherches danoises dans le domaine de la repr\u00e9sentation politique des femmes au niveau local. Il est donc difficile d\u2019expliquer pourquoi nous avons de telles diff\u00e9rences entre les niveaux local et national. N\u00e9anmoins, \u00e0 en juger par les \u00e9tudes qui ont \u00e9t\u00e9 faites, les chercheurs sont d&rsquo;accord pour dire que les probl\u00e8mes se situent lors de la p\u00e9riode des nominations des candidates, et non pas pendant la p\u00e9riode \u00e9lectorale. Ce n&rsquo;est pas le probl\u00e8me de l\u2019opinion publique, mais celui des partis. Cela signifie en effet que les structures locales des partis politiques jouent un r\u00f4le essentiel. Elles semblent conscientes que la repr\u00e9sentation \u00e9gale est un signal important pour l\u2019\u00e9lectorat. Mais en pratique, elles ne prennent pas cela au s\u00e9rieux. Si elles veulent davantage de femmes \u00e9lues, elles doivent soutenir et promouvoir des femmes candidates dans les campagnes \u00e9lectorales, et les placer en bonne position sur les listes. <br \/>La Ministre de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes a lanc\u00e9 une campagne dont le but est de rendre visible ce probl\u00e8me au niveau des organisations locales des partis et, non moins important, d\u2019encourager des femmes \u00e0 se pr\u00e9senter. Pendant les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, les partis politiques ont perdu beaucoup de membres, et la Ministre leur demande donc de chercher au-del\u00e0 de leurs groupes pour trouver des femmes candidates appropri\u00e9es. <br \/><br \/>R\u00e9formes des gouvernements locaux <br \/>Actuellement, le Danemark est en train de changer la structure de ses gouvernements locaux. D\u2019ici quelques ann\u00e9es, 277 municipalit\u00e9s seront transform\u00e9es en 100 plus importantes. Ce processus n\u2019est pas une simple question de nouveaux noms et de nouvelles d\u00e9limitations des municipalit\u00e9s, il s\u2019agit de changer le financement des services sociaux et la distribution des pouvoirs. Il est donc effectivement important que les organisations de femmes luttent pour une repr\u00e9sentation \u00e9gale dans cette nouvelle structure. <br \/><br \/>4) Conclusions <br \/>Il me semble que le discours de l\u2019\u00e9galit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 et est encore, une des raisons principales du degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de la repr\u00e9sentation politique des femmes au Danemark. Mais ce discours pourrait \u00eatre plus fort qu\u2019il ne l\u2019a \u00e9t\u00e9. Le fait que la d\u00e9mocratie n\u2019est pas compl\u00e8te tant que nous n\u2019avons pas une repr\u00e9sentation \u00e9gale \u00e0 celle des hommes doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 encore et encore. Vous pouvez dire que les femmes et les hommes sont tr\u00e8s diff\u00e9rents et qu\u2019il faut une repr\u00e9sentation des femmes pour compl\u00e9ter la vie politique domin\u00e9e par les m\u00e2les. C&rsquo;est possible. Mais les femmes sont diff\u00e9rentes aussi les unes des autres. <br \/>De mon point de vue, l\u2019argument le plus important \u00e0 promouvoir pour la participation \u00e9gale des femmes en politique est celui de la justice d\u00e9mocratique. Il est tout simplement injuste d\u2019exclure une partie de la population pour des raisons de sexe. Il faut une lutte continue pour l\u2019\u00e9galit\u00e9, et ici, ce sont les organisations de femmes qui jouent un r\u00f4le important. Des pressions d\u2019en bas, du public, sont essentielles, ainsi qu\u2019un engagement \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre au plus haut niveau. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Merci beaucoup Randi, mais je voudrais encore poser une question. <br \/>Pr\u00e9sentez-nous de mani\u00e8re tr\u00e8s courte le Conseil des femmes du Danemark dont vous \u00eates la repr\u00e9sentante. <br \/><br \/>Randi Theil Nielsen <br \/>Le Conseil national des femmes danoises est une vieille organisation puisqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1899, elle a 106 ans, et elle se porte bien. C&rsquo;est une organisation \u00abparapluie\u00bb avec cinquante organisations membres. Cela repr\u00e9sente environ un million de femmes, soit 1\/5\u00e8me de la population danoise, c&rsquo;est donc important. <br \/>Elle travaille dans tous les domaines qui int\u00e9ressent les femmes, mais la base de tout, ce sont les droits humains des femmes. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Merci beaucoup. Je pense que c&rsquo;\u00e9tait une pr\u00e9cision qu&rsquo;il \u00e9tait important de conna\u00eetre. On comprend aussi qu&rsquo;il y ait ce lobby au Danemark pour avancer dans les droits politiques des femmes. Nous allons passer du Nord au Sud. <br \/><br \/>Je passe la parole \u00e0 Fatima Cavaco de la REMA, r\u00e9seau de femmes \u00e9lues portugaises, <br \/>pluraliste. <br \/><br \/>Fatima Cavaco (Pr\u00e9sidente de la REMA au Portugal) <br \/>Bonjour, je remercie Elles aussi et sa Pr\u00e9sidente pour l&rsquo;invitation \u00e0 cette conf\u00e9rence. <br \/>Bien qu\u2019elles soient 52 % de la population qui compte dix millions d&rsquo;habitants, les femmes sont pratiquement absentes de la prise de d\u00e9cision au Portugal, tant au niveau du pouvoir central qu&rsquo;\u00e0 celui des pouvoirs locaux, de m\u00eame dans le cadre de la direction des partis politiques, et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, dans les autres instances de pouvoir. <br \/>La participation des femmes \u00e0 la prise de d\u00e9cision est tr\u00e8s r\u00e9duite dans notre pays. Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique est pr\u00e9occupant. Malgr\u00e9 des progr\u00e8s nous sommes loin d&rsquo;atteindre la parit\u00e9 entre les genres. <br \/>L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, nous avons travaill\u00e9 \u00e0 plusieurs niveaux, en organisant des r\u00e9unions de sensibilisation et des conf\u00e9rences sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes. <br \/>Nous sommes toutes d&rsquo;accord pour dire que les droits des femmes sont des droits humains. <br \/>La construction de l\u2019&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits entre hommes et femmes ainsi que la lutte contre les discriminations en fonction du sexe, sont d&rsquo;une importance fondamentale pour la qualit\u00e9 et l&rsquo;approfondissement de la d\u00e9mocratie. Mais ce n&rsquo;est pas compris. <br \/><br \/>La derni\u00e8re r\u00e9vision constitutionnelle de 1997 a consacr\u00e9, \u00e0 l\u2019article 109, le principe selon lequel une participation directe et active des hommes et des femmes dans la vie politique, constitue une condition fondamentale de la consolidation du syst\u00e8me d\u00e9mocratique. La loi doit promouvoir l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans l&rsquo;exercice des droits civiques et politiques, et la non discrimination en fonction du sexe dans l&rsquo;exercice des charges politiques. <br \/>Cet article ouvre donc de nouvelles perspectives. <br \/>Il reconna\u00eet la dualit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9. Tous les hommes et toutes les femmes sont des citoyens et des citoyennes. Les actions positives sont \u00e9crites dans la loi. <br \/><br \/>Nous rappelons, dans ce contexte, que selon la d\u00e9claration universelle des droits humains, toutes les personnes ont droit de participer au gouvernement de leur pays. <br \/>La d\u00e9claration de la plate-forme de P\u00e9kin a affirm\u00e9 le pouvoir, l\u2019autonomie des femmes, et l\u2019importance de leur statut social, \u00e9conomique, et politique. Cette d\u00e9claration est fondamentale car elle implique une plus grande responsabilisation des gouvernants. La plateforme a d\u00e9gag\u00e9 en effet l&rsquo;objectif de la participation des femmes et des hommes \u00e0 la prise des d\u00e9cisions dans la soci\u00e9t\u00e9 pour assurer son d\u00e9veloppement. <br \/><br \/>Au Portugal, malgr\u00e9 des mouvements de d\u00e9mocratisation, les femmes sont sous- repr\u00e9sent\u00e9es dans l&rsquo;ex\u00e9cutif et les organes du pouvoir politique. <br \/>Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a toujours \u00e9t\u00e9 un homme. La charge de Premier Ministre a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e par seize hommes et une fois par une femme. L&rsquo;\u00e9volution de la participation des femmes est tr\u00e8s r\u00e9duite au gouvernement qui n&rsquo;aime pas le Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 parce qu&rsquo;il fait pression sur les partis politiques et sur le gouvernement, surtout au moment des \u00e9lections. Il y a moins de femmes dans le dernier gouvernement, il y a seulement deux femmes <br \/>ministres (\u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 la culture) sur 16 ministres en titre, et si l\u2019on prend l\u2019ensemble du gouvernement, sur 53 membres au total, il y a seulement 6 femmes, ce qui fait 11,3%. Au niveau parlementaire, depuis les \u00e9lections de f\u00e9vrier 2005, on compte 21,3% de femmes d\u00e9put\u00e9es (contre 17,4% en 1999). <br \/>Au niveau des partis politiques repr\u00e9sent\u00e9s au Parlement national, il n\u2019y a aucune femme pr\u00e9sidente ou secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale. <br \/>Au niveau du Parlement europ\u00e9en, six femmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues soit un taux de 25% <br \/><br \/>Au niveau du pouvoir local, sur 56000 \u00e9lus, 3700 sont des femmes et seulement 308 sont maires de leur commune, contre 305 en 1979 ! <br \/>Il y a donc un grand d\u00e9ficit d\u00e9mocratique. <br \/>Les femmes disent qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas de temps, et, en m\u00eame temps, il n&rsquo;y a pas de mesures pour les aider. Nous n&rsquo;avons pas de garde d&rsquo;enfants, ni d&rsquo;aides pour les personnes \u00e2g\u00e9es et handicap\u00e9es. Les aides m\u00e9nag\u00e8res sont tr\u00e8s ch\u00e8res. C&rsquo;est toujours une question \u00e9conomique. Nous pouvons dire que pour faire de la politique il faut avoir de l&rsquo;argent. <br \/>Pour les jeunes femmes, il y a deux options, la carri\u00e8re professionnelle ou politique. La progression d\u2019une carri\u00e8re universitaire est incompatible avec la fonction d&rsquo;\u00e9lue locale. <br \/>Les \u00e9lues locales, au Portugal, sont \u00e2g\u00e9es d\u2019environ 45 ans. Il y a un peu de jeunes femmes et de jeunes hommes dans les partis politiques, certains ont des engagements dans la politique municipale, mais en nombre r\u00e9duit. <br \/>Nous avons cette ann\u00e9e des \u00e9lections locales, en octobre, le m\u00eame jour que le r\u00e9f\u00e9rendum en Europe. <br \/><br \/>La d\u00e9mocratie paritaire traduit le degr\u00e9 de d\u00e9veloppement actuel de notre soci\u00e9t\u00e9. <br \/>Il est n\u00e9cessaire de faciliter l&rsquo;engagement des femmes avec des services, des formations, des sensibilisations, des incitations \u00e0 participer \u00e0 la vie associative. Les femmes ont \u00e0 acqu\u00e9rir de la confiance en elles-m\u00eames, des comp\u00e9tences, pour cette sph\u00e8re publique et politique. <br \/><br \/>Nous pensons qu&rsquo;il est urgent de faire l&rsquo;articulation entre les femmes plus \u00e2g\u00e9es et les jeunes femmes pour la transmission du savoir, pour mener une carri\u00e8re politique ; ce ne devrait pas \u00eatre incompatible. <br \/>Dans la perspective des \u00e9lections locales, nous avons organis\u00e9 une rencontre des adh\u00e9rentes de notre r\u00e9seau, au niveau national. Nous avons fait une p\u00e9tition, aupr\u00e8s du Premier Ministre et aupr\u00e8s des ministres europ\u00e9ens, pour r\u00e9clamer la participation des femmes dans les partis politiques. Nous pensons faire pression en exprimant le d\u00e9ficit de participation des femmes aux \u00e9lections municipales. <br \/><br \/>Nous constatons le manque de femmes dans les partis politiques. <br \/>Les listes sont faites par et pour les hommes. Les femmes sont absentes des d\u00e9cisions <br \/>politiques lorsque les listes sont \u00e9tablies. <br \/>A la REMA, nous avons demand\u00e9 \u00e0 faire une r\u00e9union avec les secr\u00e9taires des partis politiques, et des femmes des partis au niveau des d\u00e9partements. Cela a \u00e9t\u00e9 impossible avec la majorit\u00e9 actuelle. Au Portugal, il n&rsquo;y a que le parti socialiste qui a instaur\u00e9 un quota de 33 % de femmes. Nous, nous disons que la parit\u00e9 est n\u00e9cessaire. Ce n&rsquo;est pas 33 %, mais 50\/50. <br \/><br \/>Nous devons faire des campagnes, des r\u00e9unions avec les partis politiques, mais il faut obtenir, au niveau de la Constitution, un article consid\u00e9rant la parit\u00e9 comme essentielle \u00e0 la d\u00e9mocratie. Je prends l&rsquo;exemple de la France. <br \/>La d\u00e9mocratie paritaire est une r\u00e9f\u00e9rence pour la lutte en faveur des droits des femmes et les droits humains. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Des documents sont \u00e0 disposition : un petit document sur les statistiques des femmes au Portugal dont on pourrait tirer exemple, et que l\u2019on pourrait diffuser facilement. <br \/>Egalement, le petit livre sur le pouvoir local \u00e0 destination des femmes. <br \/><br \/>T\u00e9r\u00e9sa Muela Tuleda (F\u00e9d\u00e9ration andalouse des communes et des provinces, Espagne) Avant toute chose et au nom de la F\u00e9d\u00e9ration andalouse des municipalit\u00e9s et des provinces (FAMP), j&rsquo;aimerais exprimer mes plus sinc\u00e8res remerciements \u00e0 Elles aussi. <br \/><br \/>On nous demande de faire un exercice de m\u00e9moire historique r\u00e9cente pour \u00e9valuer le chemin parcouru dans nos pays respectifs durant ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et, si vous me le permettez, j&rsquo;aimerais en premier lieu regarder vers l&rsquo;int\u00e9rieur. <br \/>Qu&rsquo;est-ce que cela a repr\u00e9sent\u00e9 pour la FAMP de participer \u00e0 ce projet ? A notre avis, le plus important a \u00e9t\u00e9 trois r\u00e9sultats pratiques : <br \/>1 &#8211; La mise en place de l&rsquo;Observatoire \u00e9lectoral dans la perspective de genre de la <br \/>FAMP <br \/>2 &#8211; La consolidation d&rsquo;une Commission pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 au sein de la FAMP <br \/>3 &#8211; Le d\u00e9veloppement d\u2019une pratique efficace du travail en r\u00e9seau, en utilisant les nouvelles technologies de l&rsquo;information et de la communication. <br \/><br \/>Pour parler des \u00ab\u00a0femmes et le pouvoir\u00a0\u00bb pour l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Andalousie, je remonterai plus loin que 2001, ann\u00e9e de notre rencontre. <br \/>Je remercie d&rsquo;abord les femmes connues, reconnues, et celles qui ne l&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 en 1931, parce que sans elles, combien de chiffres et de donn\u00e9es manqueraient \u00e0 notre appr\u00e9ciation. Parce que l&rsquo;obtention du droit de vote implique pour les femmes une participation plus large dans la vie publique et, par cons\u00e9quent, le commencement de la fin de la diff\u00e9renciation entre citoyens de premi\u00e8re et de seconde cat\u00e9gorie. <br \/>Le droit de vote a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re conqu\u00eate, mais de nombreuses ann\u00e9es vont passer avant que le mouvement des femmes commence \u00e0 combattre les racines les plus anciennes et les plus profondes de leur oppression. En Espagne, cette conqu\u00eate a eu lieu en 1931, co\u00efncidant avec la seconde R\u00e9publique. Le changement politique li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;instauration de la R\u00e9publique a consacr\u00e9 le principe de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes figurant dans notre Carta Magna. <br \/><br \/>Cependant, toutes ces avanc\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 longuement stopp\u00e9es durant les quarante premi\u00e8res ann\u00e9es de la dictature, avec, pour r\u00e9sultat, l&rsquo;apparition d&rsquo;un nouveau mod\u00e8le de \u00ab\u00a0femme\/\u00e9pouse\/m\u00e8re\u00a0\u00bb, par lequel les femmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9es des lieux de pouvoir. <br \/>Le mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 dans lequel nous avons v\u00e9cu, a donn\u00e9 les bases de l&rsquo;organisation de la vie familiale, de l&rsquo;organisation politique, de l&rsquo;organisation sociale, la structuration du territoire, la planification des villes et des villages, et en g\u00e9n\u00e9ral, tout ce qui concernait les activit\u00e9s publiques, imposant un mod\u00e8le de comportement dans lequel les hommes et les femmes ont eu des r\u00f4les sp\u00e9cifiques. A elles, la r\u00e9alit\u00e9 et le soin, \u00e0 eux l&rsquo;efficacit\u00e9 et la rationalit\u00e9. <br \/><br \/>Aujourd&rsquo;hui, il nous est difficile de penser que : <br \/>1 &#8211; on r\u00e9compensait les femmes d&rsquo;une \u00ab\u00a0dot\u00a0\u00bb si avec le mariage, elles abandonnaient leur travail. <br \/>2 &#8211; On consid\u00e9rait les femmes comme incapables de g\u00e9rer leurs biens propres. <br \/>3 &#8211; Bien que les femmes aient la charge des enfants, elles ne pouvaient pas affirmer \u00ab\u00a0l&rsquo;autorit\u00e9 parentale\u00a0\u00bb. <br \/>4 &#8211; Jusqu&rsquo;en 1983, la contraception \u00e9tait un d\u00e9lit inscrit dans le Code p\u00e9nal. <br \/><br \/>Cependant, et malgr\u00e9 toutes les difficult\u00e9s que les femmes ont eu \u00e0 affronter, nous devons toutes reconna\u00eetre (et c&rsquo;est pourquoi nous sommes ici) que la participation des femmes \u00e0 la vie active a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des transformations les plus importantes et les plus r\u00e9volutionnaires qui ont eu lieu durant le XXe si\u00e8cle. <br \/>En Espagne, depuis notre conqu\u00eate des libert\u00e9s et de la d\u00e9mocratie, nous avons notamment obtenu : <br \/>1 &#8211; la l\u00e9gislation sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances qui est l&rsquo;une des plus avanc\u00e9es d&rsquo;Europe. <br \/>2 &#8211; les femmes s&rsquo;incorporent au monde du travail. Nous travaillons \u00e0 la conciliation de la vie active et de la vie de famille, car c\u2019est le bon moyen pour obtenir la pleine \u00e9galit\u00e9 des femmes et des hommes dans le travail. <br \/>3 &#8211; pour la premi\u00e8re fois se sont d\u00e9velopp\u00e9es des structures gouvernementales pour soutenir les politiques d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances. <br \/>4 &#8211; nous marchons vers la parit\u00e9, comme le montre la constitution du gouvernement central (50% de femmes ministres), dirig\u00e9 par Zapatero, ou encore le Gouvernement autonome d&rsquo;Andalousie, dirig\u00e9 par Chaves (plus de 50 % de femmes). <br \/><br \/>Mais quelle est la relation des femmes au pouvoir ? <br \/>Puisque le pouvoir s&rsquo;accorde mal avec la pudeur, c\u2019est la derni\u00e8re chose que nous, les femmes, devons perdre. Il est \u00e9vident que la participation \u00e9quilibr\u00e9e des femmes et des hommes dans la prise de d\u00e9cision est un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 pour obtenir une r\u00e9elle \u00e9galit\u00e9 entre les sexes. Le renforcement du r\u00f4le social, \u00e9conomique, et politique, repr\u00e9sente pour les femmes l&rsquo;accomplissement effectif de la citoyennet\u00e9 et, par cons\u00e9quent, la consolidation de la d\u00e9mocratie. <br \/>Nous, les femmes, ne sommes pas encore symboliquement investies du pouvoir et pour cela, nous n&rsquo;y croyons pas et ne faisons rien pour que cela existe et soit reconnu. <br \/>Pour cela nous h\u00e9sitons \u00e0 l&rsquo;exercer, le r\u00e9pandre, faire \u00e9cole sur la forme et les moyens que nous lui donnons. A cause de cela, il existe une grande r\u00e9sistance \u00e0 le reconna\u00eetre comme un droit propre, non subsidiaire. <br \/><br \/>L&rsquo;acquisition du pouvoir par les femmes est en lui-m\u00eame un objectif important. La conqu\u00eate des m\u00eames chances et des m\u00eames droits que les hommes am\u00e8ne une am\u00e9lioration du bien-\u00eatre humain. L&rsquo;accession au pouvoir par les femmes doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un moyen fondamental dans une strat\u00e9gie d&rsquo;ensemble pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes sociaux, \u00e9conomiques, etc\u2026 <br \/>Il est n\u00e9cessaire que nous, les femmes, acc\u00e9dions \u00e0 la citoyennet\u00e9, consid\u00e9r\u00e9e comme la possibilit\u00e9 de participer de fa\u00e7on pleine et enti\u00e8re, et que nous cessions d&rsquo;\u00eatre des actrices inattendues. Cela suppose la consolidation de notre participation \u00e0 proportion \u00e9gale, en tant que personne et comme citoyenne, avec des droits propres, dans le processus de prise de d\u00e9cision. <br \/>La prise en compte de la question du genre \u00e0 tous les niveaux des programmes et des lois sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances en politique, ainsi que la participation effective aux d\u00e9cisions, accompagn\u00e9es d\u2019une distribution plus \u00e9quitable des ressources sociales, sont n\u00e9cessaires (cf. la notion de \u00ab mainstreaming \u00bb). <br \/><br \/>Pour nous toutes, tenter d&rsquo;identifier avec la plus grande pr\u00e9cision possible les obstacles qui emp\u00eachent la pratique effective de la citoyennet\u00e9 pour les femmes doit \u00eatre un objectif prioritaire, tout comme trouver les moyens pour d\u00e9passer ces obstacles et pour obtenir une r\u00e9elle \u00e9galit\u00e9. <br \/><br \/>Quelle place les femmes espagnoles et andalouses occupent-elles dans l&rsquo;espace politique ? <br \/><br \/>1- Au niveau du pouvoir l\u00e9gislatif, et plus concr\u00e8tement \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s. <br \/>Sur les 350 si\u00e8ges qui composent cette assembl\u00e9e depuis 1982, le nombre des femmes d\u00e9put\u00e9es dans les groupes majoritaires (PSOE, PP, CIU et PNV) a augment\u00e9 de 4,57% en 1982, \u00e0 36% en 2004. <br \/>C\u2019est au groupe socialiste qu\u2019il a le plus augment\u00e9, suivi du groupe Partido Popular (P.P), puis d\u2019Izquierda Unida (I.U., gauche unie). <br \/>Ensuite, les groupes nationalistes ont subi des fluctuations, comme le montre le cas du CIU, avec une tr\u00e8s grosse augmentation en 1996-2000 avec 25%, puis, pour les deux \u00e9lections suivantes, une r\u00e9gression aux 10% actuels. Quant au PNV, il n&rsquo;a plus eu de repr\u00e9sentation entre 1986 et 1996 alors qu\u2019il y avait 12,50 % de femmes en 1982. Aujourd\u2019hui, il y en 14,29%. <br \/>Le PSOE est pass\u00e9 de 6,93% en 1982 \u00e0 46,30% en 2004 c\u2019est-\u00e0-dire de 14 d\u00e9put\u00e9es en 1982 \u00e0 75 actuellement (parmi lesquelles 18 sont Andalouses). <br \/>En tenant compte des deux l\u00e9gislatures o\u00f9 le PSOE n&rsquo;\u00e9tait pas au pouvoir, la pr\u00e9sence des femmes socialistes a \u00e9t\u00e9 plus forte que celle du groupe majoritaire au gouvernement : elle a \u00e9t\u00e9 successivement de 27,66% contre 14,29% pour le parti de gouvernement, puis de 36,30% contre 25,14%. <br \/>On voit que m\u00eame au sein du P.P., la pr\u00e9sence des femmes a augment\u00e9, bien qu\u2019elle demeure moindre qu\u2019au PSOE. Elle ne cesse d\u2019ailleurs d\u2019augmenter puisque, actuellement, le P.P. compte 28,38% d\u2019\u00e9lues, c\u2019est-\u00e0-dire 42 d\u00e9put\u00e9es (dont 8 Andalouses). <br \/>De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019 I.U. a \u00e9galement vu augmenter avec r\u00e9gularit\u00e9 ses pourcentages, m\u00eame si ce n&rsquo;est pas le cas pour le nombre de ses d\u00e9put\u00e9es. On constate des fluctuations : en 1989, il y en a eu deux, de m\u00eame qu\u2019aujourd&rsquo;hui, mais au cours de la l\u00e9gislature 1996-2000, il y a eu sept d\u00e9put\u00e9es, ce qui est son chiffre le plus fort. <br \/><br \/>2 &#8211; Au niveau de la Chambre haute, le S\u00e9nat. <br \/>Le nombre total des si\u00e8ges est pass\u00e9 de 253 en 1982 \u00e0 259 aujourd&rsquo;hui. Concernant la pr\u00e9sence des femmes au S\u00e9nat, nous sommes pass\u00e9es de 4,35% \u00e0 25,10%, soit de 11 \u00e0 65 s\u00e9natrices. <br \/>Tout comme pour la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, les groupes parlementaires majoritaires sont le PSOE et le P.P. <br \/>Le PSOE a vu son groupe r\u00e9duit de 157 si\u00e8ges en 1982 \u00e0 96 en 2004 face au P.P. qui est pass\u00e9 de 68 si\u00e8ges \u00e0 126. M\u00eame comme cela, la pr\u00e9sence des femmes tant pour le PSOE que pour le P.P., a lentement augment\u00e9. Pour le PSOE, elle est pass\u00e9e de 10 \u00e0 26 s\u00e9natrices. Pour le P.P., d\u2019une seule en 1982, \u00e0 31 s\u00e9natrices actuellement. <br \/>En ce qui concerne les groupes nationalistes, CIU (catalan) et PNV (basque), ils n&rsquo;ont eu des s\u00e9natrices que pour deux des cinq l\u00e9gislatures, ce qui veut dire, une pour le CIU et deux pour le PNV. <br \/><br \/>En ce qui concerne le pouvoir ex\u00e9cutif, nous allons voir maintenant comment la pr\u00e9sence des femmes a \u00e9volu\u00e9 dans les gouvernements centraux depuis 1978. <br \/>3- Les femmes au sein du gouvernement (1975-2004). <br \/><br \/>Nous sommes tr\u00e8s satisfaites car il y a la parit\u00e9 au sein du gouvernement. Cela semble incroyable si l&rsquo;on sait que jusqu&rsquo;en 1981, il n&rsquo;y avait eu aucune femme ministre. Elles ne r\u00e9apparaissent qu&rsquo;en 1988 avec les gouvernements socialistes o\u00f9 elles conserveront deux ou trois minist\u00e8res jusqu&rsquo;en 1995. On passe ensuite \u00e0 quatre, puis cinq, avec le gouvernement du <br \/>P.P. C\u2019est un triomphe en 2004, car pour la premi\u00e8re fois de notre histoire, huit des seize ministres sont des femmes, et une femme est vice-Pr\u00e9sidente du gouvernement, il s&rsquo;agit de Teresa Fernandez de la Vega. <br \/>Actuellement, notre gouvernement est engag\u00e9 dans un programme de grandes r\u00e9formes sociales et politiques, reposant sur les valeurs de la sociale d\u00e9mocratie, du f\u00e9minisme, et de la culture. <br \/>Il est dirig\u00e9 par un Premier Ministre qui se d\u00e9clare ouvertement f\u00e9ministe et qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 reconna\u00eetre \u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances comme le plus grand moteur du changement de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0. <br \/>4 &#8211; Les femmes dans l&rsquo;administration de l&rsquo;Etat <br \/><br \/>Durant cette derni\u00e8re l\u00e9gislature, on assiste \u00e0 une augmentation du nombre de femmes \u00e0 des postes interm\u00e9diaires ; elles repr\u00e9sentent 12% des secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat, 22,22% des soussecr\u00e9taires d\u2019\u00c9tat, et 23,35% au niveau des directions g\u00e9n\u00e9rales. <br \/>Nous aimerions souligner ici l&rsquo;augmentation consid\u00e9rable du nombre de femmes secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat qui est pass\u00e9 de 3,70 % durant le gouvernement du P.P. \u00e0 12 % avec les socialistes. <br \/><br \/>5 &#8211; Hommes et femmes au Parlement andalou (2000-2008) <br \/><br \/>La chambre autonome d\u2019Andalousie compte 109 si\u00e8ges dont 43 occup\u00e9s par des femmes (qui sont pass\u00e9es de 36,7 % \u00e0 43,12 %, soit une augmentation de 6,42 %). <br \/>De plus, une femme, Madame Del Mar Moreno, est, pour la premi\u00e8re fois, Pr\u00e9sidente du Parlement d&rsquo;Andalousie. <br \/>Le PSOE compte trente d\u00e9put\u00e9es, soit six de plus que lors de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9lection. <br \/>Au P.P.A. (Parti Populaire d\u2019Andalousie) le nombre de femmes \u00e9lues a diminu\u00e9 &#8211; c\u2019est une cons\u00e9quence de la perte de si\u00e8ges par ce parti \u2013 et elles ne repr\u00e9sentent plus que 18,36 %. <br \/>L\u2019I.U. (Coalition de partis de gauche) a une \u00e9lue. <br \/>Le parti nationaliste andalou n&rsquo;a aucune d\u00e9put\u00e9e. <br \/><br \/>Le pouvoir ex\u00e9cutif en Andalousie constitue une nouvelle r\u00e9f\u00e9rence pour la d\u00e9mocratie paritaire. Les femmes y occupent huit des quatorze postes, ce qui est plus de la moiti\u00e9. <br \/><br \/>6 &#8211; Mairies, par Communaut\u00e9s autonomes (1983-2003) <br \/><br \/>Le nombre total de municipalit\u00e9s en Espagne \u00e9tait de 8084 en 1983, et de 8051 aujourd\u2019hui ; la pr\u00e9sence des femmes a augment\u00e9 lentement, de 2,10 % \u00e0 12,48 % aux derni\u00e8res \u00e9lections municipales de 2003. <br \/>La pr\u00e9sence des femmes dans les gouvernements locaux des 17 r\u00e9gions autonomes d&rsquo;Espagne, place Madrid, le Pays Basque, la Navarre, les Asturies, et l&rsquo;Andalousie, aux premiers rangs avec une variation de 17,88 % pour Madrid \u00e0 12,69 % pour l&rsquo;Andalousie. <br \/>7 &#8211; Conseill\u00e8res municipales par partis politiques (1999-2003), <br \/><br \/>En 1999 il y avait un total de 63 731 conseillers municipaux contre 56 501 en 2003. Le PSOE compte le plus grand nombre de conseill\u00e8res municipales, avec 32,11 %, suivi de l\u2019IU, avec 26,96 %, puis du P.P. avec 25,30 %. <br \/><br \/>8 &#8211; Conseill\u00e8res municipales par R\u00e9gions autonomes (1995-2003) <br \/><br \/>Par R\u00e9gion autonome, en regardant particuli\u00e8rement l&rsquo;Andalousie, on remarque la lente progression des femmes depuis 1995 pour arriver \u00e0 8686 conseill\u00e8res municipales \u00e9lues en 2003. <br \/><br \/>9 &#8211; Femmes maires en Andalousie (1983-2007) <br \/><br \/>D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de l&rsquo;Observatoire \u00e9lectoral dans la perspective du genre de la FAMP, nous constatons l&rsquo;augmentation du nombre de femmes maires entre 1999-2003, pass\u00e9 de 16 \u00e0 97, soit de 2,1 % \u00e0 13 %. <br \/><br \/>10 &#8211; Femmes maires en Andalousie par partis politiques (1999-2007). <br \/><br \/>La plus grosse augmentation concerne le PSOE d\u2019Andalousie qui est pass\u00e9 de 32 \u00e0 58 femmes maires, parmi lesquelles plus de 45 % sont maires de municipalit\u00e9s rurales, ce qui veut dire que l&rsquo;\u00e9lectorat andalou fait confiance \u00e0 une femme candidate, et \u00e0 sa fa\u00e7on de faire de la politique au niveau local, qui est le plus proche des citoyens avec tout ce que cela signifie. <br \/>Beaucoup plus loin derri\u00e8re, le P.P. d\u2019Andalousie qui compte 18 femmes maires (augmentation de 4 seulement). Le PA, avec quatre femmes maires, a vu son nombre augmenter de trois. <br \/>Enfin, un groupe de coalitions et de partis locaux, ind\u00e9pendants, compte sept femmes maires (deux en 1999). <br \/><br \/>11- Hommes et femmes \u00e9lus municipaux dans les gouvernements locaux d&rsquo;Andalousie <br \/>(2003-2007) <br \/>Les chiffres sont encourageants ; il y a 2720 femmes \u00e9lues, soit 44,87 %. <br \/>Le PSOE arrive en t\u00eate avec 1478 femmes, soit 56 % des \u00e9lus du parti \u00e0 ce niveau, ce qui repr\u00e9sente 54,34 % de l&rsquo;ensemble des femmes \u00e9lues, tous partis confondus. <br \/>Le P.P. d\u2019Andalousie compte 631 \u00e9lues, soit 36 % du parti, et 23,20 % de l\u2019ensemble des femmes \u00e9lues. <br \/>L\u2019IULV-CA en compte 311 (40 % de la Coalition et 14,43 % des \u00e9lues andalouses). <br \/>Le PA en compte 168 (33,67% du parti et 6,18 % des \u00e9lues andalouses). <br \/>Les groupes et coalitions ind\u00e9pendantes en compte 132 (soit 4,85 pour ce groupe et 4,85 % des \u00e9lues andalouses). <br \/>&#8211; En conclusion <br \/><br \/>Le chemin de la parit\u00e9 n&rsquo;est pas facile, mais il repr\u00e9sente l&rsquo;un des d\u00e9fis historiques les plus int\u00e9ressants. Et pas seulement d&rsquo;un point de vue quantitatif. La parit\u00e9 doit se traduire dans une \u00a0\u00bb action politique \u00a0\u00bb qui permette de d\u00e9passer les seuls probl\u00e8mes des femmes. <br \/>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;imaginer un monde id\u00e9al ou de nouvelles utopies. Il s&rsquo;agit, dans le cadre de la d\u00e9mocratie, du respect mutuel et de la solidarit\u00e9, de permettre aux femmes d&rsquo;exercer de mani\u00e8re effective leurs droits de citoyennes. <br \/>En fait, il s&rsquo;agit de cr\u00e9er d\u00e8s maintenant, des possibilit\u00e9s et des conditions pour que tous et toutes, hommes et femmes, nous puissions vivre ensemble en \u00e9tant \u00e9gaux, nous puissions acc\u00e9der aux connaissances, aux ressources, et aux b\u00e9n\u00e9fices que la soci\u00e9t\u00e9 offre, comme de participer de mani\u00e8re \u00e9quitable, \u00e0 la prise des d\u00e9cisions qui concernent notre vie. Pas parce que sommes meilleures, ou que nous ayons des capacit\u00e9s particuli\u00e8res, mais simplement parce que nous sommes des \u00eatres humains et que nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 humaine. <br \/>Ind\u00e9pendamment de notre droit irr\u00e9ductible \u00e0 exercer le pouvoir \u00e9quitablement avec les hommes, je suis convaincue qu&rsquo;une plus grande pr\u00e9sence des femmes dans les espaces de d\u00e9cision pourrait changer les priorit\u00e9s et m\u00eames les r\u00e8gles du jeu politique, si critiquable \u00e0 bien des \u00e9gards. Il faut cr\u00e9er une nouvelle fa\u00e7on de penser, et \u00e9videmment acc\u00e9der au pouvoir pour pouvoir le red\u00e9finir dans le but ultime d&rsquo;atteindre une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie paritaire. <br \/><br \/>Pour cela, la politique municipale constitue un moyen strat\u00e9gique de l&rsquo;action publique dans le contexte de la construction europ\u00e9enne, puisque le d\u00e9veloppement local est l&rsquo;un des axes principaux du double processus de transfert du pouvoir, sur lequel s&rsquo;articule un syst\u00e8me de transfert vertical dans les deux sens, des Etats nationaux vers l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, et de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne vers les r\u00e9gions et les communes. <br \/>Toute planification des strat\u00e9gies de genre pour une meilleure participation des femmes \u00e0 la vie politique doit prendre en compte comme un objectif fondamental, l&rsquo;augmentation du nombre de femmes dans les pouvoirs locaux. <br \/>Il n&rsquo;existe pas de recette miracle pour augmenter la repr\u00e9sentation des femmes dans la vie publique, mais la mise en pratique de ces strat\u00e9gies l\u2019am\u00e9liorera sensiblement. <br \/>La politique a commenc\u00e9 par \u00eatre le territoire r\u00e9serv\u00e9 du pouvoir masculin, mais dans la mesure o\u00f9 ils ont d\u00e9cid\u00e9 de favoriser la justice et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, ils ont accept\u00e9 de le partager. <br \/>Partageons-le et continuons, pleinement \u00e9gaux, vers la parit\u00e9. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>J&rsquo;ai not\u00e9 que dans les propositions de strat\u00e9gie que vous nous faites, comme d&rsquo;ailleurs Fatima Cavaco, celle du genre permet de trouver le v\u00e9ritable sens de la parit\u00e9. <br \/><br \/>Maria Anna Fanelli (Commission R\u00e9gionale pour la Parit\u00e9 et l&rsquo;\u00c9galit\u00e9 des chances (CRPE), r\u00e9gion Basilicata, Italie) <br \/><br \/>Laissez moi vous remercier Fran\u00e7oise, tant pour le projet que nous avons men\u00e9 ensemble, que pour cette occasion de faire une synth\u00e8se aujourd&rsquo;hui de tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 depuis 2001. <br \/><br \/>La situation en Italie est complexe. <br \/>En effet, le probl\u00e8me de la repr\u00e9sentation des femmes dans le monde politique n&rsquo;est pas encore r\u00e9solu et il est plus que n\u00e9cessaire de s&rsquo;engager dans la promotion de la pr\u00e9sence des femmes dans les institutions. <br \/>Au S\u00e9nat les femmes repr\u00e9sentent seulement 8 % du total. <br \/>A la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, la pr\u00e9sence f\u00e9minine augmente, elles repr\u00e9sentent 11,3 % de l\u2019ensemble. <br \/><br \/>Les 16 et 17 Avril 2005, nous avons vot\u00e9 en Italie pour renouveler les Conseils r\u00e9gionaux. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 qu&rsquo;il y avait vingt pr\u00e9sidents \u00e9lus pour seulement deux femmes. 10 % seulement des pr\u00e9sidents sont des femmes. <br \/>813 conseillers r\u00e9gionaux ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus et seulement 114 femmes soit 10,2 %. <br \/>Concernant l&rsquo;ex\u00e9cutif r\u00e9gional, sur 225 assesseurs, il y a seulement 41 femmes soit 18, 2 %. En Basilicata, sur 30 conseillers r\u00e9gionaux, trois femmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues et aucune femme n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue dans l&rsquo;ex\u00e9cutif. <br \/>Dans les Conseils municipaux, la situation est la m\u00eame. Je dirais m\u00eame qu&rsquo;elle est pire, et particuli\u00e8rement en Basilicata o\u00f9 nous avons seulement 80 femmes conseill\u00e8res municipales. <br \/>Sur 150 maires, on trouve seulement neuf femmes. <br \/><br \/>Ce fait a \u00e9t\u00e9 contest\u00e9 par la Commission r\u00e9gionale pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances, qui a d\u00e9nonc\u00e9 l&rsquo;\u00e9limination quasi totale de la repr\u00e9sentation f\u00e9minine dans les diff\u00e9rentes articulations de la direction politique et administrative de la Basilicata. <br \/>La Toscane fait exception dans la mesure o\u00f9 17 femmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues. <br \/>Une telle situation r\u00e9duit la richesse des expressions d\u00e9mocratiques et pluralistes de notre soci\u00e9t\u00e9. <br \/>Tout cela se passe malgr\u00e9 un travail intelligent des associations de femmes en Italie et dans la r\u00e9gion de la Basilicata, o\u00f9 elles sont tr\u00e8s actives. Tout cela, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence des femmes dans la magistrature, l&rsquo;art, ainsi que dans tous les domaines importants en Italie. <br \/><br \/>C&rsquo;est pour cela que la CRPE, en accord avec sa Coordination nationale, a propos\u00e9 des exemples de bonnes pratiques. <br \/>Il y a un grand besoin de mesures l\u00e9gislatives et plus particuli\u00e8rement de lois \u00e9lectorales destin\u00e9es \u00e0 assurer la parit\u00e9. On a besoin de lois assurant la parit\u00e9 au niveau r\u00e9gional ainsi qu&rsquo;au niveau national, parce qu&rsquo;en Italie, depuis la r\u00e9forme qui a eu lieu en l&rsquo;an 2000, les r\u00e9gions ont un pouvoir l\u00e9gislatif accru et qu&rsquo;on progresse vers un syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral. <br \/>Cela implique de revenir \u00e9ventuellement \u00e0 un syst\u00e8me de quotas dans les listes \u00e9lectorales qui avait \u00e9t\u00e9 aboli en 1985 en Italie. <br \/>Les femmes n&rsquo;aiment pas le syst\u00e8me des quotas mais c&rsquo;est un mal qui est devenu n\u00e9cessaire. R\u00e9cemment, en 2003, un projet de r\u00e9forme constitutionnelle proposant de r\u00e9viser l&rsquo;article 51 de la Constitution italienne, aurait permis d&rsquo;arriver \u00e0 un syst\u00e8me paritaire. <br \/><br \/>La modification de l&rsquo;article 51 de la Constitution permettrait de promouvoir des r\u00e9formes ad hoc sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances entre hommes et femmes dans l&rsquo;accession aux charges d\u00e9cisionnelles. <br \/>La r\u00e9gion de Basilica s&rsquo;int\u00e9resse particuli\u00e8rement \u00e0 la question, dans la mesure o\u00f9 actuellement, elle est en train de r\u00e9diger un statut r\u00e9gional. <br \/>Une telle r\u00e9vision constitutionnelle, demand\u00e9e par une grande majorit\u00e9 repr\u00e9sentant toutes les forces politiques, constitue cependant un pas fondamental dans cette direction, et a produit un projet de loi qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9. Nous l&rsquo;attendons toujours. <br \/><br \/>En ce moment, la r\u00e9gion est occup\u00e9e \u00e0 la r\u00e9daction de son statut qui serait l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une Constitution r\u00e9gionale, dans la mesure o\u00f9, en Italie, on \u00e9volue vers un syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral. <br \/>Les forces d\u00e9fendant l&rsquo;accession des femmes au pouvoir, s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 promouvoir le fait qu&rsquo;il y ait un texte garantissant, dans cette Constitution r\u00e9gionale, la parit\u00e9 ainsi que l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances. <br \/><br \/><br \/>Nous sommes donc, en Italie, dans l&rsquo;attente d&rsquo;une loi qui puisse permettre un syst\u00e8me paritaire mais pas au niveau de l&rsquo; \u00e9lection. Une \u00e9lection doit \u00eatre une victoire personnelle. <br \/>Nous attendons un syst\u00e8me qui permette qu&rsquo;il y ait 50% d&rsquo;hommes et 50% de femmes dans les candidatures, que l&rsquo;acc\u00e8s au niveau des candidatures soit fait dans le respect de la parit\u00e9. <br \/>La loi \u00e9lectorale paritaire, pour nous, c&rsquo;est de garantir l&rsquo;acc\u00e8s des femmes aux listes. <br \/>L&rsquo;\u00e9lection des femmes doit \u00eatre le fruit d&rsquo;un succ\u00e8s personnel et de la capacit\u00e9 \u00e0 recueillir le consentement de ses concitoyens, de la capacit\u00e9 \u00e0 regrouper des forces autour de soi et de cr\u00e9er un consensus qui g\u00e9n\u00e9ralement, dans la r\u00e9alit\u00e9 politique, est bloqu\u00e9 par les hommes. <br \/><br \/>La CRPE a lanc\u00e9 beaucoup d&rsquo;actions positives. Savoir pour gouverner. <br \/>Nous avons travaill\u00e9 pour les femmes \u00e9lues dans le cadre des autonomies locales, sur la formation des femmes et sur les t\u00e2ches qu&rsquo;elles ont \u00e0 remplir en tant qu&rsquo;\u00e9lues. <br \/>Nous avons aussi travaill\u00e9 pour donner aux femmes un indicateur de coh\u00e9rence des politiques de genre qui peuvent \u00eatre adopt\u00e9es par les entit\u00e9s locales. <br \/>Cela comprend un plan d&rsquo;action pour le d\u00e9veloppement durable de genre, et pour la coh\u00e9sion territoriale et sociale. <br \/>Nous voulons, par exemple, que dans les projets leader de d\u00e9veloppement local, soient utilis\u00e9es et valoris\u00e9es les \u00e9nergies des femmes de Basilicata, particuli\u00e8rement dans le cadre de l&rsquo;agriculture. Dans notre r\u00e9gion, le matriarcat demeure le symbole de la grande valeur des femmes qui depuis toujours d\u00e9terminent l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9conomie de la famille, l&rsquo;\u00e9volution et la formation des enfants. Nous avons insist\u00e9 pour qu&rsquo;une telle force soit d\u00e9velopp\u00e9e dans des processus de d\u00e9veloppement local. C&rsquo;est pour cela que nous parlons de d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re d&rsquo;environnement mais aussi en mati\u00e8re de genre. <br \/>L&rsquo;impression qui en ressort n\u00e9anmoins, c&rsquo;est que ce sont toujours les hommes qui commandent. <br \/>Nous souhaitons que les communes d\u00e9veloppent des politiques d&rsquo;\u00e9quilibre de genre. Que dans les bilans municipaux, soit appliqu\u00e9 l&rsquo;impact de genre, c&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;on note tous les besoins des femmes de Basilicata, pour que ces processus puissent \u00eatre lanc\u00e9s ensuite par les r\u00e9gions, processus destin\u00e9s \u00e0 permettre aux femmes d&rsquo;acc\u00e9der tant au travail qu&rsquo;\u00e0 la politique et de s&rsquo;y d\u00e9velopper. <br \/><br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Je voulais poser une question \u00e0 chacune d&rsquo;entre vous. <br \/><br \/>A Randi Theil Nielsen <br \/>Vous ne parlez pas de parit\u00e9 dans votre propos, mais de politique pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. <br \/>Pendant longtemps, et vous l&rsquo;avez soulign\u00e9, les pays du Nord de l&rsquo;Europe, ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des mod\u00e8les pour la repr\u00e9sentation des femmes dans les instances de d\u00e9cision. Vous dites, aujourd&rsquo;hui en tout cas, qu&rsquo;au niveau local &#8211; c&rsquo;est un niveau de d\u00e9cision important chez vous &#8211; il y a une certaine stagnation, voire m\u00eame une r\u00e9gression. <br \/>Est-ce que vous ne pensez pas que ce mod\u00e8le de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 par rapport \u00e0 ce qui \u00e9merge aujourd&rsquo;hui du c\u00f4t\u00e9 de la parit\u00e9, ne d\u00e9montre pas l\u00e0 ses limites ? <br \/>Pouvez-vous nous expliquez pourquoi la parit\u00e9 n&rsquo;est pas un concept que vous d\u00e9veloppez en tant que tel, au Danemark, au sein du Conseil des femmes ? Il semble que ce soit peut \u00eatre une question culturelle. <br \/><br \/>A Fatima Cavaco <br \/>Nous nous sommes trouv\u00e9es en France dans la probl\u00e9matique dans laquelle vous \u00eates au niveau des \u00e9lections locales. <br \/>Est-ce que vous avez eu l&rsquo;id\u00e9e, puisque vous n&rsquo;avez pas de loi, de faire des listes de femmes ? <br \/>Nous avons utilis\u00e9 ici ce moyen ; L&rsquo;Alliance des Femmes pour la D\u00e9mocratie a pr\u00e9sent\u00e9 des listes de femmes en 1989 puis en 1992 ; on n&rsquo;utilisait pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 proprement parler le mot de parit\u00e9 qui a \u00e9merg\u00e9 plus tard, juste apr\u00e8s, en tout cas publiquement \u00e0 la Conf\u00e9rence d&rsquo;Ath\u00e8nes. <br \/>Nous avions fait des listes qui s&rsquo;appelaient \u00a0\u00bb Pour une mairie mixte \u00ab\u00a0, nous \u00e9tions quand m\u00eame dans la probl\u00e9matique de la parit\u00e9 et \u00a0\u00bb Femmes d&rsquo;Alsace \u00a0\u00bb a fait une liste de femmes aux \u00e9lections r\u00e9gionales de 1992 qui a obtenu une \u00e9lue. Cela a \u00e9t\u00e9 un moyen de pression. <br \/>Est-ce qu&rsquo;au Portugal vous d\u00e9veloppez ce genre de strat\u00e9gie ? <br \/><br \/>A Teresa Muela Tudela <br \/>Chez vous, en Espagne, il y a une volont\u00e9 politique forte et donc un gouvernement paritaire avec une vice-pr\u00e9sidente, ce qui est symboliquement tr\u00e8s important, puisqu&rsquo;il y a un vrai bin\u00f4me. On voit bien que cela \u00e9merge d&rsquo;une vraie volont\u00e9 politique puisque ce sont des femmes qui sont nomm\u00e9es et non pas \u00e9lues. <br \/>En quoi ce bond qualitatif de gouvernement paritaire est-il fructueux et positif, et quelles perspectives ouvre t-il pour vous ? <br \/>Il est en plus accompagn\u00e9 d&rsquo;une politique en faveur des femmes, avec cette loi cadre contre les violences faites aux femmes. <br \/><br \/>A Maria Anna Fanelli <br \/>Notre amie italienne parle de parit\u00e9 et de quotas, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que nous avons des approches un peu diff\u00e9rentes. <br \/>Nous aimerions privil\u00e9gier un d\u00e9bat sur les perspectives que nous pourrions d\u00e9velopper ensemble, en France et en Europe, avec nos amies europ\u00e9ennes. <br \/><br \/>Randi Theil Nielsen <br \/>Je vous remercie pour la question, je ne suis pas s\u00fbre de pouvoir y r\u00e9pondre. <br \/>Je ne parle que du Danemark, car la comparaison avec la Norv\u00e8ge et la Su\u00e8de n&rsquo;est pas exacte, elle n&rsquo;est pas pr\u00e9cise. <br \/>Je pense que la diff\u00e9rence entre \u00e9galit\u00e9 et parit\u00e9 n&rsquo;est pas si importante. Pour moi quand je pense \u00e9galit\u00e9, je pense \u00e0 la d\u00e9mocratie paritaire. <br \/>C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il faut trouver de nouvelles m\u00e9thodes, de nouveaux moyens, et je soul\u00e8ve une question dont on n&rsquo;a pas parl\u00e9 parce que ce n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, mais qui pour moi est tr\u00e8s importante, c&rsquo;est la question de la diversit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de traitement. <br \/>Il doit y avoir plus de diversit\u00e9 parmi les femmes \u00e0 promouvoir. <br \/>Le concept d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres est fond\u00e9 sur la question des droits humains fondamentaux. <br \/>De l\u00e0 d\u00e9coule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre. Il faut insister sur le fait que c&rsquo;est un principe de base. <br \/><br \/>Fatima Cavaco <br \/>Nous n&rsquo;avons pas pens\u00e9 faire des listes de femmes au Portugal. <br \/><br \/>Teresa Muela Tuleda <br \/>Je suis tout \u00e0 fait d&rsquo;accord, parce qu&rsquo;il faut une volont\u00e9 politique pour cette parit\u00e9. <br \/>Le gouvernement a reconnu qu&rsquo;elle existait et c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 la vigueur du mouvement des femmes, sinon cela ne serait jamais arriv\u00e9. <br \/>Le Pr\u00e9sident a nomm\u00e9 une secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat qui vient du mouvement des femmes. <br \/>Nous travaillons en faveur de la d\u00e9mocratie paritaire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame du gouvernement central. Nous sommes en train de pr\u00e9parer cette loi sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ainsi qu&rsquo;une r\u00e9forme constitutionnelle permettant \u00e0 une femme d&rsquo;occuper le tr\u00f4ne. Cela va marquer d&rsquo;une pierre blanche le mouvement. <br \/><br \/>J&rsquo;ai \u00e9galement soulign\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif de ce que nous voyons dans les partis politiques, mod\u00e8le androcentrique qui fait l&rsquo;objet de nos efforts de substitution pour un autre mod\u00e8le. Je crois que ce qui est important, c&rsquo;est de donner une alternative : les femmes sont en politique pour faire de la politique diff\u00e9remment. <br \/>Nous menons en ce moment l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;un plan de formation pour les femmes \u00e9lues au sein de la f\u00e9d\u00e9ration andalouse, afin de leur donner les outils indispensables \u00e0 la consolidation de ces nouveaux mod\u00e8les. <br \/>Et j&rsquo;esp\u00e8re que la prochaine fois qu&rsquo;on se rencontrera nous serons \u00e0 50\/50, hommes\/femmes. <br \/><br \/><\/p><p><strong>PERSPECTIVES ET PROJETS<\/strong><br \/>L&rsquo;action de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 en France par Emmanuelle Latour, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Observatoire de la Parit\u00e9<br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>L&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 a \u00e9mis, dans son dernier rapport, un certain nombre de recommandations concernant la parit\u00e9 dans la perspective des prochaines \u00e9lections. Emmanuelle Latour va nous parler des cinq propositions d\u00e9pos\u00e9es en avril 2005, par Marie-Jo Zimmerman ; quatre d&rsquo;entre elles concernent les \u00e9lections tandis que la cinqui\u00e8me concerne les conseils d&rsquo;administration. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous. <br \/>Je remercie Elles aussi de m&rsquo;avoir invit\u00e9e \u00e0 cette apr\u00e8s-midi de d\u00e9bats, de bilans, de rencontres avec nos voisines europ\u00e9ennes, c&rsquo;est d&rsquo;actualit\u00e9. <br \/>Je suis ici pour vous pr\u00e9senter les activit\u00e9s de l&rsquo;Observatoire. <br \/>La situation en France est triste mais pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. <br \/>L\u00e0 o\u00f9 la loi sur la parit\u00e9 s&rsquo;applique directement, dans les scrutins de listes, on a de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats en terme de pr\u00e9sence des femmes dans les assembl\u00e9es. <br \/>La place des femmes dans les ex\u00e9cutifs municipaux et r\u00e9gionaux reste un probl\u00e8me \u00e9vident. <br \/>Nous devons \u00e9galement r\u00e9fl\u00e9chir et agir sur les \u00e9lections au scrutin uninominal. <br \/>La Rapporteure de l&rsquo;Observatoire de la Parit\u00e9, Madame Marie-Jo Zimmerman, \u00e9galement <br \/>Pr\u00e9sidente de la d\u00e9l\u00e9gation des droits des femmes de l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale, a d\u00e9pos\u00e9, \u00e0 l&rsquo;occasion du soixanti\u00e8me anniversaire du premier vote des femmes en France, le 29 avril 2005, cinq propositions de loi . <br \/><br \/>Proposition de loi n\u00b0 1 <br \/><br \/>La premi\u00e8re proposition porte sur les \u00e9lections l\u00e9gislatives et s\u00e9natoriales. <br \/>Elle propose que les suppl\u00e9ants des d\u00e9put\u00e9s et des s\u00e9nateurs \u00e9lus au scrutin majoritaire soient obligatoirement de sexe oppos\u00e9 au titulaire. <br \/>De plus sachant que la retenue sur les dotations de l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;a pas suffi au niveau des l\u00e9gislatives pour que les partis politiques investissent autant de candidates que de candidats, elle propose de renforcer la sanction en mettant en place un abattement tr\u00e8s dissuasif sur la seconde part de l&rsquo;aide publique, non pas au niveau des candidats mais au niveau des \u00e9lus. Pour tous les partis politiques qui se retrouveraient avec moins de 20% de femmes \u00e9lues, il y aurait un abattement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 sur l&rsquo;aide financi\u00e8re de l&rsquo;Etat. <br \/><br \/>Un exemple : le parti socialiste avait pr\u00e9sent\u00e9 36% de femmes aux derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives. Il y a donc eu un d\u00e9ficit de 14 % de femmes candidates. Mais en r\u00e9alit\u00e9, il y a eu moins de 20% de femmes \u00e9lues. <br \/>Cela veut dire qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 effectivement investies mais sur des circonscriptions qui n&rsquo;\u00e9taient pas gagnables, qui \u00e9taient particuli\u00e8rement difficiles. <br \/>Plut\u00f4t que de se fixer des objectifs quantitatifs, ce qui risque de masquer des strat\u00e9gies de contournement de la part des partis politiques, on va s&rsquo;attacher \u00e0 voir ce qui se passe au niveau r\u00e9el de l&rsquo;efficacit\u00e9 de cette loi, c&rsquo;est-\u00e0-dire au niveau du nombre de femmes \u00e9lues. <br \/><br \/>Proposition de loi n\u00b0 2 <br \/><br \/>Cette proposition concerne les \u00e9lections r\u00e9gionales et l&rsquo;ex\u00e9cutif au niveau des r\u00e9gions. Les derniers rapports de l&rsquo;Observatoire ont montr\u00e9 qu&rsquo;il y a eu un effet d&rsquo;entra\u00eenement positif au niveau des \u00e9lections r\u00e9gionales. En effet, non seulement, il y a 47% de femmes \u00e9lues au niveau des Conseils r\u00e9gionaux, mais aussi 37% de femmes vice-pr\u00e9sidentes. <br \/>Il faut se souvenir qu&rsquo;aux derni\u00e8res \u00e9lections municipales, 42% de femmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lues mais que seulement 20% se sont vu confier la fonction d&rsquo;adjointes. <br \/>En cons\u00e9quence de ce constat, l&rsquo;Observatoire a annonc\u00e9 qu&rsquo;il allait s&rsquo;attacher l&rsquo;ann\u00e9e prochaine \u00e0 faire un rapport plus qualitatif, pour essayer de voir quels dossiers avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s aux femmes au sein des r\u00e9gions. <br \/>Il n&rsquo;est pas question de d\u00e9consid\u00e9rer les t\u00e2ches traditionnellement attribu\u00e9es aux femmes, comme le social, l&rsquo;\u00e9ducation, etc\u2026, mais l&rsquo;id\u00e9e de la parit\u00e9 dans les gouvernances, c&rsquo;est aussi la parit\u00e9 dans les comp\u00e9tences. Elles sont tr\u00e8s comp\u00e9tentes dans ces postes-l\u00e0, mais il s&rsquo;agit \u00e9galement de faire confiance aux femmes pour d&rsquo;autres postes, et \u00e9ventuellement de montrer aux hommes ce que c&rsquo;est que de s&rsquo;occuper de ces dossiers-l\u00e0. <br \/><br \/>La proposition de loi concernant les \u00e9lections r\u00e9gionales, serait d\u2019\u00e9tablir une obligation de parit\u00e9 pour la composition des commissions permanentes des Conseils r\u00e9gionaux. <br \/>Pour la d\u00e9signation des vice-pr\u00e9sidences, la partie proportionnelle des si\u00e8ges sera attribu\u00e9e sur la base des r\u00e9sultats du premier tour, seul pouvant ensuite se pr\u00e9senter au second tour les deux listes arriv\u00e9es en t\u00eate. <br \/><br \/>Proposition de loi n\u00b0 3 <br \/>L\u2019Observatoire s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 aux \u00e9lections des Conseils g\u00e9n\u00e9raux qui sont la lanterne rouge en politique fran\u00e7aise, les derniers bastions masculins, comme les appelle Mariette Sineau. <br \/>Les scrutins sont uninominaux, la population vote directement, mais on y constate le poids d&rsquo;un certain nombre de baronnies locales mises en place depuis tr\u00e8s longtemps, o\u00f9 les investitures ne sont donn\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 des personnalit\u00e9s locales qui ont une influence et des r\u00e9seaux qui sont toujours les m\u00eames. A l&rsquo;heure actuelle, il y a moins de 11 % de femmes dans les Conseils g\u00e9n\u00e9raux. <br \/>Madame Zimmerman, propose que les cantons soient remplac\u00e9s par des circonscriptions cantonales calqu\u00e9es sur le p\u00e9rim\u00e8tre des intercommunalit\u00e9s. <br \/>Le pouvoir \u00e9conomique, administratif et politique, est en train de se d\u00e9placer au profit de ces nouvelles structures dans lesquelles les femmes sont extr\u00eamement minoritaires alors qu\u2019elles arrivent \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sentes \u00e0 40% dans les Conseils municipaux, parce que c&rsquo;est une \u00e9lection au second degr\u00e9 ou par cooptation ou nomination. <br \/>N\u00e9anmoins, ces nouvelles structures se cr\u00e9ent autour d&rsquo;ensembles relativement coh\u00e9rents, autour de la culture locale, des alliances locales etc\u2026, qui ne correspondent pas \u00e0 un d\u00e9coupage administratif mais au jeu des alliances d\u00e9mocratiques locales. <br \/><br \/>Il s&rsquo;agit donc, si on conserve les \u00e9lections cantonales, de rendre le d\u00e9coupage des circonscriptions cantonales coh\u00e9rent avec celui des intercommunalit\u00e9s actuelles ou qui sont en train de se former. La carte des intercommunalit\u00e9s va bient\u00f4t recouvrir enti\u00e8rement la carte \u00e9lectorale fran\u00e7aise. <br \/><br \/>Proposition n\u00b0 4 <br \/>La quatri\u00e8me proposition concerne les Conseils municipaux et les intercommunalit\u00e9s <br \/>justement. <br \/>Les \u00e9lections municipales de 2001 sont les premi\u00e8res \u00e9lections au sein desquelles la loi sur la parit\u00e9 s&rsquo;est appliqu\u00e9e. <br \/>Les actions et les programmes de travail de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 vont porter, \u00e0 partir de la rentr\u00e9e 2005 et en 2006, sur la rencontre des \u00e9lues municipales. <br \/>Je viens de Toulouse, Madame Zimmerman est de Moselle. <br \/>Au sein de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 il y a trente \u00ab sages \u00bbqui viennent d&rsquo;horizons divers. <br \/>Plut\u00f4t que de faire toujours les choses \u00e0 Paris, nous allons voir ce qui se passe dans les autres villes. Nous allons faire un tour de France, et comme les \u00e9lections municipales de 2001 se situaient dans le cadre de la loi sur la parit\u00e9, nous allons appeler cela, \u00a0\u00bb 2001 l&rsquo;Odyss\u00e9e paritaire \u00ab\u00a0. <br \/>Nous allons nous rendre dans plusieurs villes de diff\u00e9rentes tailles et de diff\u00e9rentes couleurs politiques, organiser des journ\u00e9es de rencontres avec les \u00e9lues municipales pour savoir, d&rsquo;un point de vue qualitatif, ce qu&rsquo;elles pensent de leur mandat, en leur posant cinq questions tr\u00e8s classiques : <br \/>Quelle \u00e9tait votre vision de la politique avant de rentrer en politique ? <br \/>Quelle est votre vision de la politique maintenant que vous \u00eates en politique ? <br \/>Quels sont les obstacles que vous avez rencontr\u00e9s ? <br \/>Quels sont les projets qui vous tiennent \u00e0 c\u0153ur et que vous tentez de r\u00e9aliser ? <br \/>Envisagez-vous de vous repr\u00e9senter ? <br \/>Autrement dit, nous souhaitons savoir si les femmes qui se sont pr\u00e9sent\u00e9es pour la premi\u00e8re fois, vont se repr\u00e9senter ou si elles ne souhaitent pas poursuivre, par usure morale, par manque de r\u00e9seaux&#8230; Si elles s&rsquo;en vont, il y a de fortes chances pour que le pouvoir et les r\u00e8gles du jeu politique ne changent pas. <br \/><br \/>En 2001 on avait dit \u00ab Il nous faut une parit\u00e9 par tranche de six \u00bb. On a vu depuis, que la plupart du temps les premi\u00e8res places \u00e9taient occup\u00e9es par des hommes et les trois derni\u00e8res par des femmes. La proposition a \u00e9t\u00e9 de passer dans les \u00e9lections municipales, comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fait pour les \u00e9lections r\u00e9gionales et europ\u00e9ennes, \u00e0 une alternance plus stricte. <br \/>Il est propos\u00e9 que les communes de plus de 3500 habitants d\u00e9signent leurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s dans les intercommunalit\u00e9s selon un scrutin de liste avec une obligation de parit\u00e9. Une obligation de parit\u00e9 serait \u00e9galement appliqu\u00e9e lors de la d\u00e9signation des adjoints au maire. <br \/>L&rsquo;id\u00e9e est de faire respecter la parit\u00e9 non seulement dans les candidatures mais aussi parmi les \u00e9lus, et dans la distribution des portefeuilles qui leur sont confi\u00e9s. <br \/><br \/>Il faut promouvoir l&rsquo;id\u00e9e de la culture paritaire, une v\u00e9ritable parit\u00e9 dans le partage de la gouvernance, la parit\u00e9 d\u2019un point de vue qualitatif et non pas seulement du point de vue quantitatif. <br \/>Comment promouvoir une culture paritaire ? <br \/>La mise en place de la parit\u00e9 nous a donn\u00e9 beaucoup de travail. Nous avons produit des donn\u00e9es statistiques. Nous avons propos\u00e9 des solutions et des recommandations. <br \/>Maintenant nous voulons \u00e9tendre notre recherche et nos propositions en consid\u00e9rant que la place des femmes en politique est un \u00e9l\u00e9ment qui s&rsquo;articule avec celle des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. <br \/>La place des femmes en politique n\u2019est pas une \u00eele flottante au milieu d\u2019un lac, la partie visible de l\u2019iceberg. Une culture paritaire suppose que nous nous attaquions \u00e0 l\u2019ensemble des probl\u00e8mes qui touchent les femmes : \u00e9galit\u00e9 salariale, violences faites aux femmes, place des femmes dans l&rsquo;\u00e9ducation, la recherche, la formation, l\u2019orientation\u2026 <br \/><br \/>Proposition n\u00b0 5 <br \/>Cette proposition concerne la pr\u00e9sence des femmes dans les Conseils d\u2019administration des soci\u00e9t\u00e9s. <br \/>Madame Zimmerman propose qu&rsquo;il y ait au moins 20% de personnes d&rsquo;un m\u00eame sexe dans les conseils d&rsquo;administration des soci\u00e9t\u00e9s anonymes et des \u00e9tablissements publics \u00e0 caract\u00e8re industriel et commercial. <br \/><br \/>Je vous ai apport\u00e9 aujourd&rsquo;hui un guide des modes de scrutins. <br \/>L\u2019Observatoire essaie de diffuser au maximum toutes les donn\u00e9es statistiques, locales et nationales. Les r\u00e9sultats de nos statistiques ne sont plus publi\u00e9s par la Documentation Fran\u00e7aise. Ils sont sur le site Web de l\u2019Observatoire depuis le 8 mars 2005. <br \/>Le guide des modes de scrutin est un projet qui pour le moment est diffus\u00e9 par l&rsquo;Observatoire mais nous allons essayer de mettre en place un partenariat avec le Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9ducation et de l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur pour l&rsquo;inclure dans les cours d&rsquo;\u00e9ducation civique et d&rsquo;histoire. Les modes de scrutins en France sont quelque chose d&rsquo;\u00e9minemment complexe : scrutins de listes, scrutins majoritaires, scrutins uninominaux&#8230; <br \/>L&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait de faire un guide qui pr\u00e9sente pour chaque \u00e9lection, la mani\u00e8re dont on vote, en quoi cela consiste, en rapport avec la loi sur la parit\u00e9 et la complexit\u00e9 de son application, les r\u00e9sultats et leur \u00e9volution historique. <br \/><br \/>*** <br \/>*\u2003<br \/><br \/><br \/>D\u00e9bat sur les propositions de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 en France <br \/><br \/>Claudette Apprill <br \/>Le langage est politique. Je voudrais demander \u00e0 l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 s&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 attentif au fait que dans sa r\u00e9daction, le projet de trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en ne mentionne pas les citoyennes ? <br \/>Il parle de tous les citoyens et ceci m\u00eame dans le paragraphe qui est consacr\u00e9 \u00e0 la citoyennet\u00e9 europ\u00e9enne. Cette absence de notion de citoyenne porte atteinte \u00e0 la coh\u00e9rence du texte qui pr\u00f4ne par ailleurs l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des femmes et des hommes dans tous les domaines. <br \/>Ce probl\u00e8me de la d\u00e9sexualisation du langage, notamment dans les trait\u00e9s internationaux, est tr\u00e8s important, c&rsquo;est une question qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e 1990. <br \/>Il y a eu une recommandation du Conseil de l&rsquo;Europe qui a \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e \u00e0 tous les \u00c9tats membres et auxquels il \u00e9tait demand\u00e9 de faire un rapport sur la mise en application de ce texte. Nous avions re\u00e7u \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des rapports o\u00f9 des \u00c9tats avaient fait beaucoup d&rsquo;efforts sur la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers. En France, on a une circulaire interne \u00e0 un minist\u00e8re, qui a \u00e9t\u00e9 faite par Monsieur Fabius. <br \/>Je m&rsquo;\u00e9tonne que dans ce texte, qui est un texte fondamental pour l&rsquo;organisation de l&rsquo;Europe, aucune voix ne s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e pour signaler ce fait. Je ne suis pas un citoyen, je suis une citoyenne, et tout ce qui n&rsquo;est pas nomm\u00e9 n&rsquo;existe pas. Je voudrais que vous y r\u00e9fl\u00e9chissiez. Je demandais dans un article qu&rsquo;un toilettage soign\u00e9 et rigoureux de ce texte soit fait en vue de sa sexualisation. Je vous lance cette id\u00e9e. <br \/>Les femmes doivent prendre conscience de ce probl\u00e8me du langage sexiste. <br \/>Vous n&rsquo;existez pas, Mesdames, dans un trait\u00e9 qui est fait pour durer, nous dit-on. <br \/>Pourquoi donc mener un combat pour la parit\u00e9 ? Il n&rsquo;y a que l&rsquo;Allemagne qui parle des \u00ab b\u00fcrgerinnen \u00bb. Le Portugal, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Espagne sont au m\u00eame stade que nous. <br \/><br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Je suis d&rsquo;accord avec vous, et tr\u00e8s sensibilis\u00e9e au fait que la f\u00e9minisation du langage n&rsquo;est pas seulement une question de grammaire, mais une question de sens politique. <br \/>Nos cousines qu\u00e9b\u00e9coises sont plus en avance que nous dans ce domaine. <br \/>Il est ind\u00e9niable qu&rsquo;il y a une r\u00e9sistance de l&rsquo;administration, des mentalit\u00e9s et de la culture fran\u00e7aise \u00e0 cette id\u00e9e. Il y a eu un article, il y a trois semaines, d&rsquo;un \u00e9crivain branch\u00e9 disant qu&rsquo; il trouvait laid le mot \u00ab \u00e9crivaine \u00bb. Il se demandait si c&rsquo;est parce qu&rsquo;il vieillissait ou parce qu&rsquo;il devenait r\u00e9actionnaire lui aussi. <br \/>A l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9, la rapporteure a tenu \u00e0 mettre un \u00ab e \u00bb \u00e0 rapporteur. <br \/>Nous envoyons des mots de temps en temps au Journal Officiel pour dire que \u00ab Cheffe \u00bb est quelque chose qui pourrait passer ou \u00ab Pr\u00e9fette \u00bb. <br \/>Il serait int\u00e9ressant de mettre en place une vigilance syst\u00e9matique et de se faire le relais de personnes comme vous qui ont travaill\u00e9 l\u00e0-dessus, puisque nous sommes l\u00e0 pour mener un combat. <br \/>Vous savez que tout le monde n&rsquo;est pas d&rsquo;accord, m\u00eame chez les f\u00e9ministes, pour dire que le peuple est souverain dans ses deux identit\u00e9s, f\u00e9minine et masculine. Il n&rsquo;y a pas de consensus en France. <br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Ce qu&rsquo;on peut retenir, si je comprends bien Claudette Apprill, c&rsquo;est qu&rsquo;il faudrait faire une r\u00e9forme de la Constitution de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;on red\u00e9finisse la souverainet\u00e9 du peuple compos\u00e9 d&rsquo;hommes et de femmes, ce qui donnerait la l\u00e9gitimit\u00e9 aux femmes au c\u0153ur de la d\u00e9mocratie sans autre besoin de se justifier. <br \/>Sur la question du financement public et des sanctions financi\u00e8res, nous avons \u00e9voqu\u00e9 plusieurs fois dans nos d\u00e9bats ant\u00e9rieurs, et je pense que cette question est toujours d&rsquo;actualit\u00e9, le fait que nous avions \u00e9t\u00e9 souvent choqu\u00e9es par ces retenues sur les financements publics des partis politiques et d&rsquo;ailleurs, on en a vu le r\u00e9sultat aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. <br \/>Il y a beaucoup de choses int\u00e9ressantes dans les propositions de Madame Zimmerman, mais cette question de sanctions financi\u00e8res fait d\u00e9bat. <br \/><br \/>Le compte-rendu de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9 donne le montant des p\u00e9nalit\u00e9s, des retenues faites qui correspondent \u00e0 un d\u00e9ficit de candidatures f\u00e9minines, un manque \u00e0 gagner pour les partis qui repose sur un d\u00e9ficit d\u00e9mocratique concernant les femmes, cela ressemble \u00e0 une \u00e9valuation du prix d&rsquo;une femme ! <br \/>Vous envisagez les choses du c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9sultat, ce qui est d\u00e9j\u00e0 mieux, mais il y a quand m\u00eame un aspect \u00ab les femmes ont un prix \u00bb. C&rsquo;est un peu choquant pour nous. Est-ce qu&rsquo;on ne peut pas imaginer un autre syst\u00e8me ? puisqu&rsquo;au fond on a trouv\u00e9 des solutions pour les scrutins de <br \/>listes. <br \/><br \/>Une intervenante dans la salle <br \/>On pourrait dire que cette sanction financi\u00e8re est tout simplement une sanction, parce que la loi du 6 Juin 2000 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e. On ne dit plus \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les femmes ont un prix. Toute personne qui ne respecte pas la loi est soumise \u00e0 une sanction. <br \/>On dit que c&rsquo;est un d\u00e9ficit de femmes, on pourrait aussi pr\u00e9senter cela comme un exc\u00e9dent d&rsquo;hommes. <br \/>Les p\u00e9nalit\u00e9s pourraient servir \u00e0 financer des recherches du c\u00f4t\u00e9 des femmes, du travail des associations qui sont peu aid\u00e9es financi\u00e8rement. <br \/>A partir du moment o\u00f9 il y a un d\u00e9ficit de femmes, on pourrait consid\u00e9rer que cet argent doit revenir quand m\u00eame aux structures qui d\u00e9fendent le droit des femmes, qui se battent pour la parit\u00e9. Il y a une forme de compensation. <br \/><br \/>Anne-Marie Marmier ( AFD Lille) <br \/>Il me semble que sur cette question, quand Guy Carcassonne a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9, il proposait un peu l&rsquo;inverse. Qu&rsquo;il y ait un bonus de bonne conduite reconnue pour les partis qui avaient fait l&rsquo;effort de favoriser l&rsquo;acc\u00e8s des femmes. Je ne sais pas si c&rsquo;est r\u00e9alisable. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>A la limite, cette proposition-l\u00e0 me fait encore plus grincer des dents. <br \/>Nous avons auditionn\u00e9 Monsieur de Villiers, et son num\u00e9ro deux a propos\u00e9 que, puisque les gros partis peuvent se permettre d&rsquo;avoir une dotation publique moins importante alors que les petits partis ne peuvent pas se le permettre, il faudrait donner plus d&rsquo;argent aux petits qui respectent la loi. Cela serait la premi\u00e8re fois qu&rsquo;on donne des points aux automobilistes qui s&rsquo;arr\u00eatent au feu rouge. On rentrerait dans des aberrations de droit. <br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Pour les \u00e9lections au scrutin uninominal, la proposition qu&rsquo;il y ait un(e) candidat(e) et un(e) suppl\u00e9ant(e) du sexe oppos\u00e9 ne garantit pas le fait qu&rsquo;on pr\u00e9sente des femmes comme candidates. Elles peuvent n\u2019\u00eatre que des suppl\u00e9antes. <br \/>Il faudrait peut-\u00eatre exiger qu&rsquo;il y ait une r\u00e9partition \u00e9quitable entre les deux sexes au niveau des postulants au poste de d\u00e9put\u00e9. Muguette Dini avait fait une proposition en ce sens. <br \/><br \/>Muguette Dini, s\u00e9natrice du Rh\u00f4ne <br \/>Pour r\u00e9soudre cette question de ticket paritaire, on laisserait la libert\u00e9 aux \u00e9lecteurs de choisir entre deux personnes de sexe diff\u00e9rent, celui qui est leur candidat, c&rsquo;est \u00e0 dire au fond, chacun d\u00e9cide de l&rsquo;ordre. <br \/>Serait \u00e9lu celui qui arrive en t\u00eate et l&rsquo;autre serait suppl\u00e9ant. Ce qui donne l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un bin\u00f4me beaucoup plus qu&rsquo;un ordre. C&rsquo;est r\u00e9alisable, ce n&rsquo;est pas coercitif. <br \/>Apr\u00e8s, on peut sp\u00e9culer sur le vote des \u00e9lecteurs et il y aura peut \u00eatre des surprises. On ne peut pas tout r\u00e9glementer. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Le probl\u00e8me c&rsquo;est la difficult\u00e9 technique. <br \/>Je suis d&rsquo;accord avec vous. Il en est des droits des femmes comme des droits des handicap\u00e9s ; ils font partie des seuls droits incitatifs en France. Il n&rsquo;y a pas de sanctions p\u00e9nales, ni de sanctions financi\u00e8res, ni d&rsquo;obligations. On se repose sur l&rsquo;\u00e9volution des mentalit\u00e9s. C&rsquo;est le seul type de droits qui reposent sur de tels crit\u00e8res. <br \/>On a trouv\u00e9 avec l&rsquo;obligation d&rsquo;alternance stricte sur les listes, une sanction administrative qui est le refus d&rsquo;inscription de la liste. Mais au niveau des l\u00e9gislatives, il serait difficile pour l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;imposer aux partis politiques l&rsquo;exclusion des candidatures dissidentes. <br \/>Vous avez bien vu ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pour les s\u00e9natoriales dans les endroits o\u00f9 il y avait des scrutins de listes ; lorsque des personnes se sont retrouv\u00e9es \u00e0 des positions non \u00e9ligibles, elles ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 monter des listes dissidentes et il n&rsquo;y a eu aucune sanction. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Vous avez \u00e9voqu\u00e9 des rencontres avec des \u00e9lues municipales dans diff\u00e9rentes villes de France. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fait l&rsquo;association \u00ab Elles aussi \u00bb. <br \/>Qu&rsquo;allez-vous faire exactement de ces rencontres? <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Vous en avez la description sur le site Web de l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9. <br \/>Nous allons organiser soit une journ\u00e9e, soit une apr\u00e8s-midi, d&rsquo;\u00e9changes de savoirs. <br \/>L&rsquo;id\u00e9e est de profiter de l&rsquo;organisation de cet \u00e9v\u00e9nement pour mettre en relation les personnes qui agissent au niveau local. <br \/>Le centre de recherche \u00ab\u00a0Simone \u2013 SAGESSE \u00a0\u00bb \u00e0 Toulouse o\u00f9 j&rsquo;ai moi-m\u00eame \u00e9t\u00e9 form\u00e9e, a organis\u00e9 une matin\u00e9e. <br \/>Les chercheuses ont travaill\u00e9 avec les \u00e9lues municipales, elles ont pass\u00e9 du temps avec elles en r\u00e9alisant des entretiens biographiques sur leurs trajectoires etc\u2026, plut\u00f4t que de leur envoyer un papier en disant \u00ab Voil\u00e0 nos conclusions \u00bb ; elles ont fait un retour discret de leurs travaux aupr\u00e8s des \u00e9lues. <br \/>Elles ont ainsi pu r\u00e9pondre aux questions des femmes qui avaient \u00e9t\u00e9 interview\u00e9es, et l&rsquo;apr\u00e8smidi, un d\u00e9bat a eu lieu autour de ces questions, et elles se sont rendu compte que leurs probl\u00e9matiques \u00e9taient \u00e9tonnamment proches. <br \/><br \/>A la suite de la journ\u00e9e \u00a0\u00bb 2001 l&rsquo;odyss\u00e9e de la parit\u00e9 \u00a0\u00bb \u00e0 Toulouse, les \u00e9lues qui ont particip\u00e9, ont pu se manifester collectivement pour faire passer une motion au niveau du Conseil municipal toulousain, pour mettre en place une mixit\u00e9 dans toutes les commissions. <br \/>Le but de ce projet est donc de pouvoir faire des \u00e9changes de savoirs et de pratiques et pouvoir p\u00e9renniser l&rsquo;initiative. <br \/>Ces journ\u00e9es sont un objectif en soi, ce n&rsquo;est pas juste un moment o\u00f9 l&rsquo;on recueille des donn\u00e9es. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de pouvoir r\u00e9unir les ressources locales qui travaillent sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes. <br \/>Les effets secondaires de ces rencontres, seront la production des donn\u00e9es, la retranscription des d\u00e9bats, la publication de documents. Nous allons faire du site Web un lieu de ressources, o\u00f9 l&rsquo;on pourra d\u00e9couvrir des t\u00e9moignages anonymes, puisque-l\u00e0 pour le coup, je reprendrai ma casquette de sociologue. Il ne s&rsquo;agit pas de dire qui a dit quoi \u00e0 quel moment, mais de dire qu&rsquo;une majorit\u00e9 de femmes s&rsquo;est reconnue dans tel type de discours. <br \/><br \/>Fran\u00e7oise Ramond <br \/>Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un travail de terrain mais aussi d&rsquo;un travail institutionnel. <br \/>Sans approfondir, sans travailler, sans aller plus loin autour des lois, je crois que nous ferons comme au Danemark, nous plafonnerons. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Le travail sur le terrain est insuffisant s\u2019il n\u2019y a pas une volont\u00e9 politique globale. <br \/>C&rsquo;est vrai que c&rsquo;est une question de loi et de pouvoir politique, nos voisines europ\u00e9ennes nous le montrent bien ; on a pu croire \u00e0 des quotas et \u00e0 des mesures provisoires, mais d\u00e8s qu&rsquo;on enl\u00e8ve la b\u00e9quille, on tombe. <br \/>Ce qui se passe en Espagne est une belle le\u00e7on pour la France. On n&rsquo; a pas arr\u00eat\u00e9 de nous dire que la place des femmes en politique s&rsquo;expliquait aussi par une tradition latine et par l&rsquo;influence de la religion. Or l&rsquo;Espagne, qui se trouve juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez nous, a mis en place un gouvernement paritaire, a fait une loi cadre d&rsquo;approche des violences contre les femmes avec des juges sp\u00e9cialement form\u00e9s, sous la volont\u00e9 d&rsquo;un homme et d&rsquo;un gouvernement. C&rsquo;est donc bien une question de volont\u00e9 politique. Il faut se battre du point de vue du droit parce que c&rsquo;est une question de droit dans les textes et dans les faits, les deux sont indissociables. <br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Nous aimerions bien disposer de statistiques sexu\u00e9es concernant les r\u00e9sultats des \u00e9lections. Est-ce que vous n&rsquo;avez pas les moyens, \u00e0 l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9, de faire en sorte que nous obtenions des donn\u00e9es sexu\u00e9es sur les r\u00e9sultats des \u00e9lections, pas seulement au niveau des \u00e9lues et des candidatures mais au niveau des votes \u00e9galement. Comment r\u00e9agit l&rsquo;\u00e9lectorat ? Cela serait int\u00e9ressant de savoir comment les femmes votent ; cela nous permettrait d&rsquo;affiner un peu les analyses. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Il est possible de faire des sondages. Ce sont les intentions de vote \u00e0 la sortie des urnes qu&rsquo;il faut comptabiliser, \u00e0 condition que les gens acceptent de r\u00e9pondre. <br \/>Si les femmes avaient vot\u00e9 aux derni\u00e8res pr\u00e9sidentielles seules, Le Pen n&rsquo;aurait jamais \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent au deuxi\u00e8me tour. Jospin \u00e9tait largement devant. <br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>Vous avez \u00e9voqu\u00e9 la r\u00e9alisation d&rsquo;une \u00e9tude qualitative sur la question des d\u00e9l\u00e9gations. Cela nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement pour aller au-del\u00e0 du travail d\u00e9j\u00e0 fait, nous avons besoin de savoir o\u00f9 sont vraiment les femmes, dans le pouvoir r\u00e9el de d\u00e9cision. <br \/><br \/>Emmanuelle Latour <br \/>Nous sommes en train de le faire pour les r\u00e9gionales, pour savoir qui fait quoi. <br \/>Pour les cantonales, il faudra le faire l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, c&rsquo;est un travail \u00e9norme.<br \/><br \/><br \/><strong>Synth\u00e8se des d\u00e9bats et perspectives <\/strong><br \/><strong>par Christine Villeneuve pour Elles Aussi, <\/strong><br \/><strong>Marie-Jos\u00e9e Muller, pour Femmes d&rsquo;Alsace<\/strong><br \/><br \/>1\/ Sur la culture paritaire <br \/><br \/>Nous devons d\u00e9velopper une culture paritaire. Il faut que les partis acceptent d&rsquo;aller au-del\u00e0 de l&rsquo;application stricte de la loi. Ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;au bout de la d\u00e9marche paritaire. <br \/>Est-ce que nous obtiendrons cela ? Nous ne le savons pas. <br \/>Dans les associations de femmes, nous sommes un certain nombre \u00e0 ne pas \u00eatre dans des partis politiques, mais certaines ont n\u00e9anmoins souhait\u00e9 \u00eatre \u00e9lues. <br \/>C&rsquo;est une question qui n&rsquo;est toujours pas r\u00e9gl\u00e9e puisque nous voyons bien aujourd&rsquo;hui, parmi nos invit\u00e9es, qu&rsquo;elles sont toutes finalement pass\u00e9es par des partis politiques pour arriver \u00e0 \u00eatre \u00e9lues, bien qu&rsquo;elles ne soient pas forc\u00e9ment au d\u00e9part, membre d&rsquo;un parti politique. Elles l&rsquo;ont fait pour y arriver, par conviction \u00e9videmment, mais aussi pour pouvoir \u00eatre \u00e9lue \u00e0 terme. <br \/>La question des r\u00e9seaux de femmes se pose. <br \/><br \/>Nous savons bien que le travail des associations a contribu\u00e9 fortement \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des pratiques politiques des partis. Certaines d&rsquo;entre nous ont fait des listes de femmes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 c&rsquo;\u00e9tait encore possible ( A.F.D., Femmes d&rsquo;Alsace, etc&#8230;). <br \/>Nous avions constat\u00e9 que les partis avaient r\u00e9agi dans les endroits o\u00f9 cela avait \u00e9t\u00e9 fait. Imm\u00e9diatement, ils avaient fait remonter, dans leurs listes, la place de leurs propres candidates. A partir du moment o\u00f9 des femmes annon\u00e7aient qu&rsquo;elles faisaient une liste, parce qu&rsquo;elles voulaient que des femmes soient \u00e9lues, tout de suite la place des femmes dans les listes de ces partis remontait. Il y a une interaction, et nous pensons qu&rsquo;il faut travailler l\u00e0- dessus. <br \/><br \/>2\/ Sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper des r\u00e9seaux <br \/><br \/>L&rsquo;id\u00e9e des r\u00e9seaux, souvent \u00e9voqu\u00e9e aujourd&rsquo;hui, est tr\u00e8s importante. <br \/>Nous nous \u00e9tonnons que des femmes aussi comp\u00e9tentes, parlent encore de questions de confiance en soi, alors qu&rsquo;elles ont fait leurs preuves et qu&rsquo;elles travaillent \u00e9norm\u00e9ment. <br \/>Nous croyons que l&rsquo;id\u00e9e de solidarit\u00e9 entre femmes, notamment sous la forme de ce que nous avons appell\u00e9, au sein d&rsquo;Elles aussi, le \u00ab marrainage \u00bb &#8211; une femme \u00e9lue qui aide une autre femme \u00e0 \u00eatre \u00e9lue &#8211; doit \u00eatre pens\u00e9e. <br \/>Nous savons qu&rsquo;\u00e0 partir du moment o\u00f9 un certain nombre de femmes sont \u00e9lues, la question d&rsquo;une politique qui aide les femmes dans la r\u00e9alit\u00e9, peut \u00eatre abord\u00e9e collectivement. <br \/>R\u00e9seau et essai de lobbying en Alsace: l&rsquo;exp\u00e9rience de \u00ab Femmes d&rsquo;Alsace \u00bb <br \/><br \/>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent elles ont travaill\u00e9, au sein de leur association en \u00ab t\u00e2ches d&rsquo;huile \u00bb : <br \/>Elles ont essay\u00e9 de convaincre, de faire des r\u00e9unions, de solliciter les \u00e9lus etc.., et elles se sont aper\u00e7u qu&rsquo;elles arrivent maintenant \u00e0 un stade o\u00f9 il faudrait une force de lobbying des femmes plus large que la simple association. <br \/>En travaillant avec la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e aux droits des femmes, elles ont eu l&rsquo;occasion de de r\u00e9unir entre diverses associations f\u00e9minines : des femmes d&rsquo;artisans, des femmes du b\u00e2timent, des secr\u00e9taires, des agricultrices \u2026 <br \/>Engag\u00e9es dans leur secteur \u00e9conomique, elles sont confront\u00e9es au probl\u00e8me suivant : comment les femmes peuvent-elles acc\u00e9der \u00e0 un pouvoir de d\u00e9cision ? <br \/>Dans l&rsquo;ann\u00e9e qui vient, \u00ab Femmes d&rsquo;Alsace \u00bb se propose de faire une manifestation importante rassemblant des femmes qui ont envie de prendre des responsabilit\u00e9s, pour constituer une vraie force, parce que unies dans un m\u00eame mouvement, avec un m\u00eame objectif, au-del\u00e0 des petites unit\u00e9s habituelles. <br \/><br \/>R\u00e9action d&rsquo;Emmanuelle Latour <br \/>Il y a trente membres \u00e0 l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9, et parmi elles, Fadela Amara, qui est pr\u00e9sidente de l&rsquo;association \u00ab\u00a0Ni Putes, Ni Soumises\u00a0\u00bb. <br \/>C&rsquo;est une association qui a \u00e9volu\u00e9. Les m\u00e9dias avaient essay\u00e9 de monter en exergue cette pseudo contradiction entre les f\u00e9ministes ou les femmes qui militaient pour la parit\u00e9, et les f\u00e9ministes qui luttaient pour pouvoir se balader dans la rue sans se faire agresser, avec l&rsquo;id\u00e9e que cela ne se passait que dans les banlieues. <br \/>\u00c1 force de discuter et de travailler ensemble, nous nous sommes rendu compte que l&rsquo;acc\u00e8s des femmes \u00e0 l&rsquo;espace public, \u00e0 la gouvernance, et l&rsquo;acc\u00e8s des femmes \u00e0 la citoyennet\u00e9, c&rsquo;est exactement le m\u00eame probl\u00e8me. <br \/>Pouvoir demander \u00e0 \u00eatre sur une liste pour les municipales, \u00e0 avoir un mandat pour les l\u00e9gislatives, ou pouvoir avoir une l\u00e9gitimit\u00e9 quand on prend la parole ou qu&rsquo;on agit dans son quartier, c&rsquo;est un acc\u00e8s \u00e0 la citoyennet\u00e9, \u00e0 la politique. <br \/><br \/>3\/ R\u00e9flexion \u00e0 poursuivre sur les relations entre associations et partis politiques. <br \/><br \/>Le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais repose enti\u00e8rement sur les partis poltiques y compris pour la vie publique qui passe uniquement par eux, alors que les associations sont non seulement un vivier, mais elles ont port\u00e9 depuis tr\u00e8s longtemps le combat politique pour la parit\u00e9. <br \/>Nous discutons du contenu de la parit\u00e9. Depuis qu&rsquo;existe le mouvement international des femmes, nous r\u00e9fl\u00e9chissons sur ces questions, et en particulier, depuis 1968, avec la naissance du M.L.F.. Dans toutes les conf\u00e9rences internationales, cette question revient de mani\u00e8re permanente et pas uniquement en ce qui concerne la France, puisqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, on s&rsquo;accorde sur le fait que la participation des femmes \u00e0 la prise de d\u00e9cision est compl\u00e8tement fondamentale pour la r\u00e9alisation de politiques de d\u00e9veloppement durable, en mati\u00e8re de politique urbaine, etc&#8230;, c&rsquo;est la notion de \u00abgender mainstreaming\u00bb. <br \/>La question de l&rsquo;ind\u00e9pendance politique des femmes se pose toujours, elle n&rsquo;est pas nouvelle. Tous les sondages \u00e9voqu\u00e9s aujourd&rsquo;hui, disent que les femmes pr\u00e9f\u00e8rent souvent le mode associatif au mode politique parce qu&rsquo;il est plus ouvert, moins machiste. <br \/>L\u2019\u00e9volution de la parit\u00e9 est probl\u00e9matique, il y a quelque chose qui ne se transforme pas ou qui ne se transforme que partiellement&#8230; <br \/><br \/>Intervention d&rsquo;Emmanuelle Latour <br \/>Le prochain dossier sur lequel nous allons travailler \u00e0 l&rsquo;Observatoire de la parit\u00e9, c&rsquo;est la question du statut de l&rsquo;\u00e9lu, c&rsquo;est-\u00e0-dire la prise en compte du cumul des mandats dans le temps, et la question du salaire \u00e9ventuellement. <br \/>Il faut prendre en compte le co\u00fbt de cette exp\u00e9rience d&rsquo;\u00e9lu dans la carri\u00e8re professionnelle des femmes comme des hommes, ce qui leur permettrait de faire ensuite autre chose, comme on peut avoir aussi envie de faire autre chose dans sa vie professionnelle. <br \/>Il ne faut pas \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9lu \u00e0 vie parce qu&rsquo;au bout d&rsquo;un moment, on est d\u00e9connect\u00e9 du march\u00e9 du travail. <br \/>Vous serez auditionn\u00e9es \u00e9videmment, afin de voir ensemble ce que vous en pensez dans les diff\u00e9rentes associations, et ce qu&rsquo;en pensent les \u00e9lus. <br \/>C&rsquo;est le gros chantier car il va falloir faire des propositions avant 2007. <br \/><br \/>Christine Villeneuve <br \/>C&rsquo;est un probl\u00e8me \u00e9voqu\u00e9 ce matin par plusieurs intervenantes \u00e9lues ; elles ont dit que certaines n&rsquo;avaient pas renonc\u00e9 \u00e0 leur vie professionnelle pour des raisons \u00e9conomiques. D&rsquo;autres y ont renonc\u00e9 partiellement. <br \/>Il y a la question des familles monoparentales, situation de plus en plus fr\u00e9quente ; c&rsquo;est le cas de Christine Coimbault qui nous en a parl\u00e9 ce matin, elle ne travaille plus qu&rsquo;\u00e0 un tiers de temps pour assurer son mandat d&rsquo;\u00e9lue sans aucune compensation financi\u00e8re. Ce n&rsquo;est pas normal, il faut trouver des solutions, si l&rsquo;on veut que des femmes puissent repr\u00e9senter la souverainet\u00e9 nationale. <br \/><br \/>Je vous remercie toutes d&rsquo;avoir particip\u00e9 \u00e0 cette journ\u00e9e. <br \/>Je remercie les amies des r\u00e9gions qui sont venues. <br \/>Nous aurions encore beaucoup de choses \u00e0 d\u00e9battre. Il nous faudrait au moins deux jours pour arriver \u00e0 \u00e9laborer un programme de travail. <br \/>Je signale qu&rsquo;il y aura un compte- rendu de ce colloque que nous diffuserons. <br \/><br \/>Nous avons abord\u00e9 la question de la parit\u00e9 dans diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens. Claudette Apprill a un peu parl\u00e9 de son analyse de la future Constitution europ\u00e9enne mais nous n&rsquo;avons pas parl\u00e9 de l&rsquo;Europe. Peut-\u00eatre certaines d&rsquo;entre vous s&rsquo;en \u00e9tonnent-elles, mais nous avons souhait\u00e9, compte-tenu du fait que la campagne officielle du r\u00e9f\u00e9rendum est termin\u00e9e depuis hier soir, m\u00e9nager les \u00e9lues et respecter leur devoir de r\u00e9serve aujourd&rsquo;hui.<\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-94d9175 elementor-widget elementor-widget-button\" data-id=\"94d9175\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"button.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-button-wrapper\">\n\t\t\t<a class=\"elementor-button elementor-button-link elementor-size-sm\" href=\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/ActesColloque2005.pdf\" target=\"_blank\">\n\t\t\t\t\t\t<span class=\"elementor-button-content-wrapper\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<span class=\"elementor-button-text\">Lire le document en PDF<\/span>\n\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous le Haut Patronage de Madame Nicole Ameline Ministre de la Parit\u00e9 et de l\u2019Egalit\u00e9 Professionnelle S\u00c9NAT 29 MAI 2005 INTRODUCTIONPar Christine Villeneuve, Pr\u00e9sidente d\u2019Elles aussi Je suis heureuse de vous accueillir pour ce colloque dont l\u2019objectif est de dresser un premier bilan de l\u2019application de la loi du 6 juin 2000 afin que nous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":683,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-2777","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications-delles-aussi"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Actes du Colloque - La parit\u00e9 : 2001-2004 - Bilan et perspectives - Elles Aussi<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/?p=2777\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Actes du Colloque - La parit\u00e9 : 2001-2004 - Bilan et perspectives - Elles Aussi\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Sous le Haut Patronage de Madame Nicole Ameline Ministre de la Parit\u00e9 et de l\u2019Egalit\u00e9 Professionnelle S\u00c9NAT 29 MAI 2005 INTRODUCTIONPar Christine Villeneuve, Pr\u00e9sidente d\u2019Elles aussi Je suis heureuse de vous accueillir pour ce colloque dont l\u2019objectif est de dresser un premier bilan de l\u2019application de la loi du 6 juin 2000 afin que nous [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/?p=2777\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Elles Aussi\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/ellesaussi\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2005-05-29T12:44:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-02-17T15:13:26+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/appel-du-18-juin-2024-Elles-aussi.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"144\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"admin\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"admin\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"168 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/?p=2777#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/?p=2777\"},\"author\":{\"name\":\"admin\",\"@id\":\"https:\/\/www.ellesaussi.org\/#\/schema\/person\/eeca4be50db30b5dbb39f78fc3364160\"},\"headline\":\"Actes du Colloque &#8211; 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